‹ Correspondance littéraireChapitre 12 sur 179 · Paris, Imprimerie royale, 1758, in-8o · texte numérisé non relu

Paris, Imprimerie royale, 1758, in-8o

2. Allusion dont, malgré nos recherches, le sens nous échappe.

34 COPxRESPONDANCE LITTÉRAIRE.

15 septembre 1758.

ÉPITRE A M'"'^ LA. 31ARQUISE DE p'''** PAR M. DE MARGENCY^

Vous dont le cœur sensible et dont l'esprit orné

JNous offre l'union légère

Du sentiment de Deslioulière

Et des grâces de Sévigné ;

Vous qui joignez à l'art suprême, Au don charmant que posséda JNinon, De penser finement et de parler de môme,

Un tour d'imagination

Toujours vif et jamais extrême ; Vous qui m'aimez enfin autant que je vous aime, Permettez qu'aujourd'hui, cédant aux mouvements D'une amitié pour moi si touchante et si belle. Je présente à vos yeux la peinture fidèle De ma reconnaissance et de mes sentiments.

Oui, près de vous, pour jymais enchanté, J'ai rompu les liens de tant de bagatelles Qui m'avaient jusqu'ici trop longtemps arrêté

Loin de l'amour et près des belles.

Occupé, désormais, à sentir, à penser.

Votre esprit éclairé par la philosophie Éclairera le/mien sur l'emploi de la vie, Et vous m'enseignerez l'art heureux d'en user.

Qu'avec plaisir je me rappelle

La douceur de cet entretien, Où je pensais tout haut, où vous pariiez si bien, Où, plein d'une amitié solide et mutuelle. Votre sensible cœur daigna sourire au mien! Nous jouirons encor de ces heures si chères Quand Zéphyr, dans nos bois ramenant les beaux jours. Avec eux conduira sur ses ailes légères

La troupe aimable des amours.

Là cet élève de Molière Qui démasqua le vice et qui peint la vertu.

Quelquefois, changeant de manière.

Pourra nous vanter sa chimère,

1 Nous i.e savons si le copiste qui a écrit la Marquise de P'** n'a point commis une erreur, et si celte pièce d'un dos familiers de M"'*' d'Kpinay ne lui est point adressée; il y a, ce nous semble, à la fin de l'épître, une allusion assez claire à deux commensaux de la Chevrette, le chevalier de Valory et l'abbé Galiani.

Le rare objet qu'il cherche et qu'il n'a jamais vu.

L'aimable et vive D ère,

Avec cet esprit vif et pourtant si discret,

Aura le cœur d'une bergère, Et joindra chaque jour au désir de nous plaire La gaîté qu'on inspire et qu'on a quand on plaît.

Toujours vive et toujours fleurie, Du chevalier l'imagination.

Contre le sentiment animant son génie,

Entre le vin et la chanson^

Lui lâchera quelque aiguillon

De la bonne plaisanterie

Dont il connaît si bien le ton.

Pour vous, aimable abbé, ce charmant badinage

Qu'on a nommé causticité,

Plein de grâce et d'aménité, A nos yeux ne sera que le simple langage

Du plaisir et de la gaîté.

Ainsi, tous rassemblés dans cet heureux empire, Nous n'aurons pas besoin, pour parler et pour rire,

D'user d'aucun déguisement :

On peut bien entre soi tout entendre et tout dire, Lorsqu'on n'a qu'un secret et qu'un seul sentiment. 0 solide amitié, digne vertu du sage.

Vous m'offrirez un prix bien doux :

Mais, quand je vous promets un éternel hommage, Mon cœur ne répond pas de ne suivre que vous. Car si jamais quelque beauté discrète Vient me parler, comme on parle au Lignon, Je reprends à ses yeux le chapeau, la houlette

Et les rubans de Céladon.

— Élémenls de tactique^ ouvrage dans lequel on traite de l'arrangement et de la formation des troupes, des évolutions de l'infanterie et de la cavalerie^ des principaux ordres de bataille^ de la marche des armccs , et de la castranictation ou de la manière de marquer les camps par règles et par principes (avec figures), parxM. Le Blond, un volume in-â*". Le nom de cet auteur est connu. Nous avons de lui plusieurs traités de mathématiques militaires dont celui-ci est une suite. Il sera suivi d'autres ouvrages relatifs à cet objet.

— On a gravé les plan, élévation, coupe et profil du théâtre de la ville de Metz. Ce théâtre a été élevé en petit sur le modèle de celui de Manheim.

— On vient de publier une nouvelle édition de la Vie du pape Sixte-Quint y traduite de l'italien de Gregorio Leti. Tout le monde connaît cet ouvrage.

— Comme c'est la mode depuis quelque temps de mettre tout en dictionnaire, on vient de faire imprimer un Dictionnaire portatif des Conciles, en un volume in-8° de plus de sept cent cinquante pages.

— L'Histoire du Japon^ par Kœmpfer, traduite de l'allemand en anglais, par Scheuchzer, vient d'être traduite en français sur la version anglaise, en trois volumes in-12.

— UAmi des hommes^ publié il y a un an par M. de Mirabeau, devait nécessairement faire faire à. un de nos écrivail leurs VAmi des femmes^. Quand le titre d'une brochure est une fois trouvé, le reste n*est plus rien. Aussi les lecteurs sensés ne lisent que les titres de ces sortes d'ouvrages, et laissent là le reste. Attaquer et défendre les femmes, l'un est ordinairement aussi plat que l'autre. Ce sont deux choses également contraires à la bonne philosophie. Parmi les femmes comme parmi les hommes, il y a un petit nombre d'estimables, un grand nombre qui ne le sont guère, et un plus grand nombre encore qui n'ont ni vice ni vertu, et qui, par conséquent, ne méritent ni estime ni mépris. Après cela, messieurs les barbouilleurs de papier, barbouillez-en vingt ans de suite. Toute votre rhétorique froide ou chaude se réduira à cela.

— Outre VAmi des femmes, il a paru un Partisan des femmes^. Ce dernier s'appelle M. de La Rivière. Son style est riche en comparaisons. Au reste, c'est une réparation. 11 prétend avoir outragé les femmes dans une brochure intitulée Utilité de l'éducation des arynes ^ qui a bien su garder l'incognito. Je crois que la satisfaction ne sera guère plus éclatante que l'offense. M. de La Rivière est maître en fait d'armes.

— LOie enlevée, poëme héroïque et détestable, en six chants, dont j'ignore Tauteur, et qui n'a été regardé par personne.

1. (Par Boudier de Villemert. ) 1758, in-12. Plusieurs fois réimprimé.

2. Le Partisan des femmes, ou la Source du mérite de l'homme. 1758, in-Vl.

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