Paris, Imprimerie royale, 17til, in
NOVEMBRE 1761. /t79
tants que la platitude et l'excès de bêtise; ce qui prouve que même les sots ne peuvent se passer de sens commun. On a dit que M. Le Franc serait revêtu de la charge d'historiographe des enfants de France, depuis leur naissance jusqu'au moment où on les mettrait en culottes. Personne, en effet, ne paraît plus digne que lui de recueillir tous les importants détails des trois premières années d'un prince, et de les transmettre à la postérité. Vous trouverez à la suite de cette feuille un petit correctif^ que le charitable auteur des Quand^ du Pauvre Biahle^ et d'autres petites gentillesses de Tannée dernière, a adressé à M. Le Franc de Pompignan. Nous espérons que son zèle pour la conversion de ce pécheur ne s'en tiendra pas là, et qu'il ne se laissera pas rebuter par l'endurcissement dudit pécheur dans le crime.
— On a dit du bien du panégyrique de Saint-Louis, prononcé cette année devant l'Académie française par M. l'abbé de Beauvais. On a remarqué comme deux singularités une apologie du théâtre et un éloge de la philosophie; mais je ne sais si ces endroits n'ont pas été changés à l'impression.
— M. Dupuy-Demportes a entrepris la publication d'un ouvrage intitulé le Gentilhomme cultivateur^ ou Cours complet d'agriculture ^^ traduit de l'anglais, de M. Haies, et de tous les auteurs qui ont le mieux écrit sur cet art. Cet ouvrage sera enrichi de figures, et aura huit volumes in-Zi", ou bien seize in-12, dont il en paraît deux, et dont on promet la suite promptement^ Tous les esprits sont tournés actuellement du côté de l'agriculture. Ainsi tout ouvrage qui en traite est sur d'être bien reçu.
— Il faut ajouter à la liste des militaires écrivains M. le comte de F., ancien militaire, et qui n'est pas le moins impertinent écrivain du siècle. Il a fait une brochure sous le titre de VAmi de VÉtat^ ou Réflexions politiques pour V intérêt général et particulier de la France S qui serait à plaindre si elle n'avait pas des amis plus éclairés qu'un plat et sot écrivain comme lui.
1. Le « correctif» annoncé n'est pas joint au manuscrit; mais il sera facile de le retrouver dans les OEuvres de Voltaire, qui ne ménagea pas plus VÉloge du Dauphin que le Discours de Le Franc à l'Académie française.