‹ Correspondance littéraireChapitre 168 sur 179 · Traduit par Tabbé Millet.) Lyon, 1761,in · texte numérisé non relu

Traduit par Tabbé Millet.) Lyon, 1761,in

2. Diderot a également examiné les propositions de d'Alembert. Cet article, que M. Assézat considérait comme destiné à l'année 1761 de la Correspondance litté'

valions n'auraient pas dû échapper à M. d'Alembert , et qu'en y réfléchissant il aurait traité cette matière d'une manière plus digne d'un grand géomètre; au lieu que son Mémoire, tel qu'il est, paraît l'ouvrage d'un écolier.

L'analyse des probabilités peut être considérée ou comme une science abstraite, ou comme une science physico-mathématique.

Sous le premier aspect, les problèmes doivent se résoudre dans la tête du géomètre comme ils se résoudraient dans l'entendement divin. Une durée qui n'a point de fin tend à chaque instant à donner une valeur infinie aux quantités finies les plus petites. Les résultats ne doivent jamais étonner. Comme la combinaison s'exécute sans cela, il n'y a rien qu'elle ne puisse amener. Le temps équivaut à tout. Supposez à l'atome de matière le plus petit une dureté absolue. Placez cet atome sur un bloc de marbre gros comme la terre. Animez- le du degré de pesanteur le plus petit. Je dis qu'avec ce faible effort et le temps il parviendra au centre du globe. Avec le temps tout ce qui est possible dans la nature est. Et cela prouve, pour le dire en passant, que ceux des anciens philosophes qui, en supposant la matière éternelle et douée du mouvement, croyaient pouvoir se passer d'un être intelligent pour la formation de l'univers, soutenaient une doctrine beaucoup plus profonde que la plupart de nos grands docteurs ne sont en état d'entendre.

Sous le second aspect, la science des probabilités est restreinte à de petits moyens, à l'expérience d'un instant, à un être qui passe comme l'éclair, et qui rapporte tout à sa durée.

Dans toutes les opérations, si vous ne distinguez pas clairement ces deux aspects, vos procédés ne vous donneront jamais des produits satisfaisants. Aussi toute la science mathématique est pleine de ces faussetés que M. d'Alembert reproche à l'analyse des probabilités. Tai démontré veut dire, la plupart du temps, je suis parti d'une proposition que je ne saurais prouver, et j'en ai tiré des conclusions conformes au sens commun, mais qui, hors de la spéculation, ne sont guère d'aucun usage; et cela démontre à peu près que l'orgueil des géomètres, sur la prétendue

raire, ne figure pas dans le manuscrit de Gotha; mais M. Brière, qui en possède l'autographe, l'a fait insérer au tome IX des œuvres du philosophe.

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