‹ Correspondance littéraireChapitre 46 sur 179 · Paris, 1759, in · texte numérisé non relu

Paris, 1759, in

confondre avec le docteur Boyer, doyen de la Faculté de médecine de Paris. J'ai ouï dire, à des gens très-capables d'en juger, que cet ouvrage contenait d'excellents principes. Tout le monde sait l'abus que les médecins français font de la saignée; ils sont décriés pour cela dans toute l'Europe. Je doute que M. Boyer les convertisse et qu'il diminue le nombre de ceux qui ont l'honneur d'être expédiés tous les ans par la Faculté.

— Le succès de VÉpitre (THcloise à Abélard, imitée de l'anglais de M. Pope par M. Golardeau, a mis nos jeunes poètes dans le goût des héroïdes. Je vous en ai déjà annoncé quelques-unes. Il en paraît une nouvelle sous le titre de Philomèle à Prognc^j dont je ne connais pas l'auteur.

— On a imprimé mie Epitre à F Amitié^, qui m'a paru bien froide et bien mauvaise. On dit qu'elle est de M. de La Touche, auteur de la tragédie d'Ijjhigénic en Tauride,

1" juillet 1759.

M. Diderot a donné dans son Traité sur la Poésie dramatique^ qui se trouve à la suite du Pê?^e de Famille^ l'esquisse d'une tragédie philosophique dont le sujet serait la Mort de Socrate^ en un acte. Rien n'est plus sublime que l'idée de ce drame; rien ne serait plus grand, plus élevé, plus pathétique que l'exécution de cette pièce, telle qu'elle a été conçue par son auteur. Je ne sais si l'on trouverait en Europe un homme qui, comme lui, eût autant d'élévation, de force et de vigueur dans le style qu'il en faudrait pour cela; mais je ne crois pas qu'on en trouvât aucun qui possédât autant que lui la philosophie ancienne; et sans une connaissance profonde de cette philosophie, le drame la Mort de Socrate resterait toujours faible. On voit par la tragédie d'Athalie que Racine possédait profondé-

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