STANCES
Dans les temps fortunés de ma première enfance, -* <^
Où je domptais à peine un timide chevreau, -xr -r
Chloris eut sur mes vœux une entière puissance; Pour voler dans ses bras je quittais mon troupeau. -r-r-.-»n<^\^
Je Taimais, et mon cœur se faisait mieux entendre Qu'un vain son que ma bouche avait peine à former; Un jour, en me donnant le baiser le plus tendre : « A ton âge, dit-elle, on ne sait pas aimer, w
J'ai grandi : je t'aimais, bergère, et je f adore; Mes feux, nés avec moi, croissent avec mes ans; Tu ne te souviens plus de mes premiers accents : Hélas! de ton baiser je me souviens encore.
— Histoire et Commerce des Antilles anglaises, ouvrage instructif et utile'.
1. La traduction du roman de Grandisson , publiée à Gœttingue ou à Leyde en 1756, 7 vol. in-12, est de Gabriel-Joel Monod, ministre protestant, connu par d'autres traductions d'ouvrages anglais. (B.)
2. V Histoire et Commerce des Antilles anglaises, 1 vol. in-12, est l'ouvrage de M. Butel-Dumont. On peut encore aujourd'hui le lire avec fruit (B.). Cet auteur avait déjà donné Histoire et Commerce des Colonies anglaises; voir la lettre du 15 mars 1755. (T.)
— M. Le Beau, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, vient de publier le second volume de son Histoire du Bas-Empire,
— M. le comte de Gaylus donna, il y a quelque temps, un gros volume intitulé Tableaux tirés de V Iliade et de VOdyssce, Il vient de donner une suite à cet ouvrage, par un volume de 338 pages in-8*^, intitulé Histoire d'Hercule le Théhaiuy avec la description des tableaux qu elle peut fournir ^ Le sujet de ces ouvrages est excellent, l'exécution en est médiocre. Il faudrait plus de goût, plus de chaleur, plus d'imagination, plus de coloris dans le style que n'en a M. le comte de Caylus pour exécuter un pareil ouvrage avec tout le charme dont il est susceptible.
— On vient de nous donner le Génie de Montesquieu^-' comme on nous a affublés de l'Esprit de Montaigne^ de l'Analyse de Bayle^ et d'autres extraits de cette espèce. J'aurais bien mauvaise opinion d'un homme qui ne connaîtrait de pareils hommes que par les extraits qu'en ont faits quelques auteurs obscurs et ignorés.
— La Règle des devoirs que la nature inspire à tous les homynes est un ouvrage moral en quatre volumes in-12. Il faut bien du courage et de la patience pour entreprendre de pareilles lectures. Un moraliste qui n'a point de chaleur ni d'éloquence est ordinairement un écrivain ennuyeux. Le but de la morale n'est pas tant de nous faire connaître nos devoirs (qui est-ce qui les ignore?) que de nous les rendre agréables et doux; et cela ne peut être que l'ouvrage d'un homme éloquent qui sache parler au cœur. L'auteur du livre dont je viens de vous parler s'appelle M. l'abbé de Bonnaire. Il vient de mourir de la mort des justes, car s'étant promené au Luxembourg, il s'y trouva mal. Il pria un de ses amis qui était avec lui de l'appuyer contre un arbre, et expira sur-le-champ sans aucune douleur. M. l'abbé de Bonnaire a fait quelques autres ouvrages moraux et pieux dont je ne me rappelle pas les titres.
— On vient de publier une nouvelle traduction des fables de Phèdre ^ Elle m'a paru mauvaise, et peu française dans beau-
\. Paris, 1758, in-S".
2, ( Par Alex. Deleyre.) Amsterdam, 1758, in-12.
3. Rouen, 1758, petit in-8°. Le traducteur, l'abbé Lallemand deMaupas, qui avait
coup d'endroits. La pureté est cependant une des qualités les plus indispensables dans un traducteur. Le nôtre, qui m'est inconnu, a dédié son ouvrage à M. le duc de Bourgogne.
— La vacance du Saint-Siège par la mort de Benoît XIV a donné occasion à une brochure in-li" de 25 pages intitulée Description historique de la tenue du Conclave et de toutes les cérémonies qui s'observent à Rome depuis la mort du pape JHsquLi r exaltation de son successeur^ avec la liste des cardinaux qui composent le sacré collège^, Benoît XIV était un fort bon homme. Un homme d'esprit a dit de lui et du Grand-Seigneur, décédé en dernier lieu et fort bon homme aussi, que si on les eût fait troquer de place, personne ne s'en serait aperçu, parce que Benoît sultan et Achmet pape se seraient conduits l'un sur les principes de l'autre.
— On vient de publier les œuvres posthumes de M. Vadé, qui font le quatrième volume du recueil de ses ouvrages. J'ai eu l'honneur de vous parler quelquefois en passant du talent médiocre de cet auteur en un genre bien mauvais. Ce Téniers de la poésie ne vaut pas celui de la peinture.
— Traité juridico-jjolitique sur les prises maritimes et sur les moyens qui doivent concourir pour rendre ces prises légitimes ^ ouvrage traduit de l'espagnol de M. le chevalier d'Abreu, ministre du roi d'Espagne en Angleterre, deux volumes in-12 ^ Vous voyez l'objet de ce traité et vous en avez pu lire un extrait dans le Journal étranger longtemps avant qu'on l'ait traduit.
— Les Ruines des plus beaux monuments de la Grèce viennent d'être achevées. Cet ouvrage de M. Le Roy, entrepris sur le modèle des Ruines de Palmyre, publiées en Angleterre, avait été proposé par souscription en 1756, et il se vend trois louis, en feuilles, à ceux qui n'ont point souscrit. Au jugement de tout le monde, ce magnifique ouvrage est très-supérieur à tout ce que les Anglais ont publié en ce genre. Nous en parlerons plus au long dans une des feuilles suivantes.
— Le Guide du voyageur ou Dialogues en français et en
public l'année précédente une édition à l'usage des classes, a joint à celle-ci un travail bibliographique Sur Phèdre.
1. (Par P.-A. AUefz.) Paris, 1158, in-4°. Nouvelle édition, 1769, in-4", et 1774, in-S''.