La Haye et Paris, 1760, ia
4. (Par l'abbé E.-J. Desnoyers.) Londres et Paris, 1760, in-8°.
5. (Par M"'« Thiroux d'Arconville.) Avignon (Paris), 1760, in-12.
6. Avignon, 1760, in-S". Ce volume est ainsi composé : Lettre d'un ingénieur de province à un inspecteur des ponts et chaussées sur les corvées (par Claude Bour-
recueil, joliment imprimé, consiste en trois lettres, l'une sur les corvées, et les deux autres sur la milice; mais toutes les trois avaient déjà été imprimées séparément,
— Les Traits de Vhistoire universelle, sacrée et profane^ d après les plus grands peintres et les meilleurs écrivains. Ouvrage destiné principalement à V éducation des jeunes gens; propre aussi pour l'instruction et V amusement des personnes de tout âge et de tout sexe, qui veulent avoir des notions de Vhistoire, par M. Le Maire, graveur ^ Voilà le titre d'un ouvrage périodique qui a commencé l'hiver dernier par la Genèse et qui se continue. 11 en paraît un cahier tous les mois. L'idée de cet ouvrage me paraît bonne; il pourrait être utile à la jeunesse; mais l'exécution en est trop mauvaise. On a de la peine à reconnaître le génie de Raphaël et de Rubens dans les copies de M. Le Maire, et le texte qui se trouve sous ces gravures est pitoyable.
— Description du Parnasse français, de M. Titon du Tillet^ A la suite de cette description se trouven,t toutes les pièces en prose et en vers composées à la louange du Parnasse français en bronze. M. Titon du Tillet, maître d'hôtel de feu M'"^ la Dauphine, mère du roi, est un des hommes du siècle qui ont été le plus loués par nos journalistes; mais aussi nos journalistes sont de tous les hommes du siècle les plus plats et les plus absurdes.
15 mai 1760.
M. de Voltaire a dit quelque part qu'un discours de réception et d'entrée à l'Académie française était composé de quatre ou cinq propositions essentielles. La première, que le cardinal de Richelieu était un grand homme; ce qui n'empêchait pas, en second lieu, le chancelier Séguier d'être de son côté un grand homme, sans compter, troisièmement, que Louis XIV avait
gelât). Réponse d'un major d' infanterie à un intendant de province sur la milice. Lettre d'un subdélégué à un intendant de province sur la milice, La pagination de ces trois pièces est unique. — D'après une note de Jamet le jeune, les deux dernières seraient de Perrin, secrétaire du maréchal de Belle-Isle. Voir page 151.
1. Paris, 1760, 6 vol. in-12, et 1771, 6 vol. in-8°, Le texte était rédigé par l'abbé Aubert.
2. Paris, 1760, in-folio. La première édition est de 1727, in-12.
été aussi un grand homme; mais que, quatrièmement, l'académicien auquel on succède avait été surtout un très-grand homme, ainsi que le directeur, le secrétaire, et même tous les membres de l'Académie; et que, cinquièmement, lui, récipiendaire, pourrait bien être aussi une espèce de grand homme ^; ce qui fait que de tous ces ingrédients de grands hommes on compose ordinairement le discours le plus plat et le plus insipide qui se débite dans le royaume des Gaules, où cependant il s'en débite tant de cette espèce. M. Le Franc de Pompignan, en prenant séance à l'Académie française ^ a cru devoir s'écarter, du moins à quelques égards, de la route ordinaire. D'abord il s'est attaché principalement à nous laisser soupçonner que lui, récipiendaire, était un très-grand homme; ensuite il convient bien que M. de Maupertuis, auquel il succède, était aussi une espèce de grand homme, ainsi que Richelieu, Séguier, et Louis XIV; mais il s'arrête là, et le reste de son discours est une invective très-forte contre les philosophes et les gens de lettres de nos jours; ce qui fait que Richelieu, Séguier, Louis XIV, et Maupertuis, morts, il ne reste, compte fait, de grands hommes à la France que M. Le Franc de Pompignan, et que Voltaire, Diderot, Bulfon, d'Alembert, ne sont pas bons à jeter aux chiens. Ce discours n'a pas été reçu du public avec indifférence. On a trouvé singulier que le seul grand homme qu'il y eût en France arrivât du fond de la Gascogne dans la capitale pour nous apprendre qu'on ne pouvait être grand homme qu'autant qu'on allait à la messe et qu'on disait son chapelet, et que Maupertuis n'avait été grand homme que parce qu'il était mort entre les mains des capucins. On a trouvé à redire que M. Le Franc débutât à l'Académie française par une satire contre les gens de lettres, et qu'il nous imputât de n'avoir qu'une fausse littérature et une fausse philosophie, ce qui, pour parler avec plus d'exactitude, voudrait dire que notre philosophie est devenue fausse et dangereuse depuis qu'elle ressemble à celle des Grecs du temps des Socrate et des Platon ; à celle des Romains du temps des Lélius et des Cicéron, et à celle des Anglais
1. C'est dans la vingt-quatrième de ses Lettres philosophiques (sur les Académies) que Voltaire prononce à peu près dans les mêmes termes un juste et piquant arrêt contre les discours de réception. (T.)