‹ Correspondance littéraireChapitre 19 sur 47 · L ET TRE CLXXXIX · texte numérisé non relu

L ET TRE CLXXXIX

INGUET retiré de nouveau en Angleterre.

après être sorti de la Bastille, a recommencé ses annales par des Mémoires sx^r cette prison d*état qu'il ^ls^sXi annoncés longtemps d'avance , et (jui ont excité une grande curiosixé, comme devant révéler des secrets inconnus jusqu'ici , et des mystères épouvantables. Les curieux lont été trompés, quand. on a vu que dans trois numéros uniquement employés à ce sujet , il n'avait dit, à travers de longues et fastidieuses déclamations , que ce que tout, le monde savaif déjà, c'est-à-dire que la manière dont on traite les prisonniers de la Bastille est aussj arbitraire que le pouvoir qui les y renferme} et comment cela serait-il autrement ?

Comme cette espèce^ d'emprisonnement illégal est une vengeance et non pas une punition , le traitement qu'on y reçoit est toujours proportionné au ressentiment personnel. Beaucoup de particuliers qui ont été à la Bastille , disent y avoir été traités avec beaucoup de douceur ; plusieurs même

Ï.ÏTT:éRAlRE, lit;

avec toute sorte d'égards ; d'autres l'ont été très-durement , et il est croyable que Lin- guet , à qui l'on a cru faire grdce en ne Itd ôtant que sa liberté, aura été trèsresserré. Cependant il avoue lui-même qu'il a été fort bien nourri j mais il ajoute que c'était dans Le dessein de ^empoisonner. En vérité cet homme avec ses mensonges et sa déraison, gâterait- la meilleure cause. Certainement quiconque a été mis à la Bastille a drqit de se plaindre , et Cartouche même m'inté- ' resserait s'il me disait : on devait me juger et on m'a mis dans un cachot. Mais à qui- Linguet fera-t-il croire qu'on ait voulu Vempoi-^ sonner? trotte gouvernement n'est rien moins qu'empoisonneur^, et sur la peinture qu'il fait lui-même de l'administration intérieure de la Bastille , il est sûr qu'un homme dont on voudrait se défaire serait bientôt anéanti, sans qu'il restât la moindre trace de son e^Astence ni de sa mort. Donc si Lin guet est vivant, c'est qu*on n'a pas voulu l^e faire , mourir. Il prétend que c'est la bonté de son tempérament qui l'a sauvé , ou plutôt la Providence qui le réservait à de grandes choses. Nous verrons où cette Providence le conduira j probablement cô ne sera pas à

laO CORB^ESFONDÀNCE

devenir u^i bon écrivain , ni même un honnête homme. Il n'en e8t pa5; moins vrai que lorsqu'il reproche au gouvernement de l'avoir £iît enfer mer, au Heu de lui faire son procès^ il a malheureusement trop raison. Il est dur d'avoir tort avec Lingue t ; mais c'est ici Toccaî-ion de se rappeler l'histoire assez connue de Faussard V Enroué. C'était un Normand, déterminé plaideur et hardi fripon , qui avait perdu vingt procès plus mauvais les uns que les autres. Le hasard lit qu'on lui en intenta un très-in j uste, et sa partie adverse ne manqua pas de rappeler toutes les iniquités dont il était chargé. Voici la réponse de son avocat: Si Faussard L^ Enroué mérite d^être pendu ^ qu^on le pende ^ je ne m'y oppose pas ; mais il ne faut pas ,le voler ^ et c'est ce dont il s^agit. Faussard gagna sa cause , et fut pendu quelque temps après*

Les comédiens se sont avisés^ je ne sais pourquoi, de vouloir remettre une mauvaise tragédie du vieux Laplace , jouée il y a environ quarante ans. Cette pièce est > Venise sauvée, traduite à peu-près d'une pièce anglaise d'Otwai. Elle eut quelque Siîccès dans Sa nouveauté, parce qu'alors la littérature anglaise commençait à être de

mode y et que la mode décide de tout. Maî^ quand on compare cet ouvrage au Manlius deLafosse^ où le même sujet est supérieu* rement traij:é , c'est alors qu'on s'apperçoît combien l'art de la tragédie est mieux connu pa r mi nous que chez les Anglais. 1 1 ne manque à notre Manlius pour être un ouvrage da premier ordre , que plus de poésie de style et plus d'éloquence dramatique. Dans Venise sauvée i caractères y mœurs , intrigVieetstyley tout est indigne de la tragédie ^ quoique le sujet soit tragique. Comment supporter la ba-isesse du riôie de Jaffier, qui remet sa femme à un tas de brigands qui lui sont inconnus?

Comment concevoir que cette femme qui vient lui dire un moment après qu'un de ces brigands a voulu la violer , et qu'elle n'a pu se défendre qu'avec un poignard , retourne encore 9 du consentement de Jaffier, auprès de ce mêiUe Renaud , reparaisse sur la scène avec lui sans qu'il soit question le moins du monde de ce viol , sans que Jaffîer en. dise un seul mot l Quel excès d'indécence et d'invraisemblance ! La diction est aussi mauvaise que. le reste, et c'est ce' qu'on peut dire de pis. Cette tragédie a &lé siBléè, et Ton n'a pu la jouer que

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deux fois : à coup sûr on ne la reverra jamais^ Si quelque chose prouve cet empire de la mode dont je parlais tout- à- l'heure , c'est l'engouemeiit pour les Noces de Figaro dans les lectures de société. C'est un vrai ^fouillis dans le goût des Journées Espagnoles de Lope de Vega et de Calderon , de manière . qu'à force d'aimer letjhangement et la nouveauté, nous revenons précisément au point d'où nous étions partis. Tout lé monde sait qu'avant Molière , tous nos auteuris comiques empruntaient leurs intrigues du théâtre espagnol, chaos de situations forcées, où l'on comptait pour rien le bon sens, les mœurs et la vraisemblance. I*es Noces de Figaro ^nt tellement calquées sur ce modèle , que l'auteur les a faites pour remplir le spectacle entier sans petite pièce ^ et qu'en effet la représentation doit durer au. moins quatre heures. Pour donner une idée des mœurs de la pièce , il suffît de dire sur quoi roule la principale intrigue ; car il y en a trois ou cpiatré qui marchent, ensemble. Le comte Almaviva , dont Tîgaro est devenu le principal domestique , veut le marier à une femmedè-chambre de la comtesse son épouse , jeune lille très-jolie , élevée chez lui j il veut lui

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donner une dot , mais c'est à condition qxie le jour même de ses noces , elle lui donnera xfu rendez-vous, et qu'il jouira du droit du Seigneur ; sans cela point de dot. On peut juger dès^lors du genre et du ton delà pièce. Figaro est reconnu pour être le fils naturel d'une Marcelline , femme de charge de la maison , et deuK hommes dx>nt l'un a été son amant avoué , et dont l'ajutre veut être son mari , disputent devant elle à qui ne sera p^is le père de Figaro. Le dialogue est assaisonné de saillies à l'avenant , lardé de calembours et de lieux communs d'une philosophie aussi triviale que déplacée. Ëh ! bien , on trouve pourtant dans œ pot-pourri beaucoup d^esprit, de gaîté, et même des situations coipiques , 4U moins dans les trois premiers actes; mais 1^ longueur et le vide des derniers m'ont paru insupportables ; et en total i:'eçt uji monatre dramatique j mais qui n'en est pas mpini^ susceptible d'un succès dont le dangereu3^ ^exemple irait à nous ramener à l'enfance de l'art. Jusqu'ici le roi ne veut pas accorder la permission de le représenter à Paris j mais cvn le répète actuellement pour le jouer ^ Maisons chez M. le comte d'Artois , et c'est, dit- on, un acheminement pour le

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faire jouer au théâtre français. On lit si peu pour «'instruire, et bien des amateurs du théâtre le connaissent si peu , que la plupart regardentcomme deschoses très-neiivesettrèsorîginales toutesces vieilleries traînées, il y a i5o ans, sur les tréteaux d'Arlequin et de Scaramonche. Il en est parmi nous des ou- Trages d'esprit comme des modes de la rue Saint -Honoré : on prend pour nouveau ce qui est renouvelle de nos grand»-mères.

lia paru une Histoire d*Hyder Alikan , ce conquérant indien qui le premier s'est &it craindre des Européens dans ces contrées où ils dominaient depuis trois siècles. Cet ouvrage écrit par un. officier français qui a été dixans au service d'Hyder,contientdes détailsf curieux sur cet homme célèbre; mais jamais livre ne fut plus mal rédigé ni plus mal écrit. Il y a beaucoup plus de méthode et de correction dans les deux volumes nouveaux qu'a donnés M. Lévêque pour compléter son histoire de Russîe. Il y traite des différens peuples soumis à la domination des Russes , et cette partie de son quvrage m'a paru meilleure que les premières , peut-être parce que les objets étant moins grands , ne demandaient pas la même force de style.

Les exemples d'enfans précoces ne sont pas très-rares anjourd'huî. Le fils de Tavocat Beaumont^ qui n'a pas douze ans, a écrit après la mort de sa mère un portrait de son ca* ractère et un résumé de ses principes, avec une justesse d'idées et d'expressions qui plairaient dans un homme de vingt ans ; et la fille du président de Sivry, à Tage de dix ans, fait des vers encore plus étonnans que la prose du petit Seaumont. On en peut juger par ceux-ci, qu'elle a composés pour M.™« de Montesson qui venait de donner sur son théâtre une représentation d'une de ses comédies , dont le titre est V Hôtesse coquette.

L^HAtësse coquette est la pièce Que Ton devait jouer ce soir.

JMtais chez une aimable hôtesse ; Mais en elle je n*ai pu voir Une beauté fausse et légère \ Son ame démentait son rôle et ses discours.

Je venais voir celle qui cherche à plaire \ <

J^ai vu celle qui plaît toujours.

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LETTRE ex C.

Jl y avait bien quelque risque , même pour im autre que moi , à faire paraître Philoctète après le Foi Léar^ et Ton pouvait craindre que la belle nature de Sophocle ne fût pas fort goûtée pafr ceux qui avaient tant applaudi la nature brute , informe et a souvent fausse de Shakespeare. Enfin dans tous les temps c'est une étrange entréprise au théâtre français qu'une pièce non-seulement sans amour, mais sans rôles de femmes. L'un. de nos grands Aristarques , l'auteur des Petites Affiches ^ et le terrible Clément, et bien d'autres du même bord avaient annoncé' que la pièce tomberait. Point du tout :

elle a eu le succès lé plus complet. On a pleuré et applaudi pendant troî^ actes j car une tragédie grecque n'en comporte pas davantage sur notre thi âtre. C'est même depuis ïWarvick et Mêlante y l'ouvrage de moi qui a essuyé le moins de contradictions. On a fort disputé le succès des Barmécides et même de Jeanne de Nùples^ mais ici comme je

n'étais qu'en second , on s'est laissé faire , et le respect pour un ancien Ta emporté sur Tenvie de nuire à un moderne. Ce respect pourtant n'a pas empêché le journal de Paris qui décide toujours de tout en deux lignes , de reprocher tnftgistfalement à Sophocle un défaut ( dîsaient-ils ) qui tient à là nature du sujet : c'est que V intérêt va en décroissant d^acte en acte. Comme il s'agissait d'un ancien et non pas de moi , j'ai cru devoir relever ces messieurs sur une critique si légèrement hasardée, et je n'ai pas eu grande peine à leur prouver, à la grande satisfaction du public, qu'ils avaient trèsinjustement condamné Sophocle , et par la même occasion j'ai justifié contre eux Larive qu'ils avaient accusé de trop crier , et qui n'a jamais encore joué un rôle aussi bien que celui de Philoctète. Ce n'est pas qu'il n'y ait encore à désirer; mais en général ce rôle a marqué un progrès sensible dans sortaient, qui par malheur est en lui-même non-seulement inégal, mais journalier.

Le chevalier de Florian m'a fait l'honneur de m'adi'esser sur le succès de Philoctète , des vers que je n'ai pu m'empêcher de trouver très-jolis , quoique j'y sois complimenté, et je

ia8 COB.1LCSPOK Ditir CB

croîs devoir les transcrire ici pour lui en faire honneur*

VS&S ▲ M. DB !.▲ H\RFE,

En sortant de la représentation de Philoctètc,

QuB tu m*as fait verser de pleurp !

Comme ton Pliiloctète est touchant et terrible !

Que j^ai souffert de ses douleurâ !

Je ne sais pas le grec y mais mon ame est sensible ^ Et pour juger tes vers il suffit de mon cœur. La Harpe 9 c'est à toi de remplacer Voltaire : IJ^ Ta dit es mourant ; PHercule littéraire

T'a cboîsi pour son successeur.

Va I laisse murmurer une foule timide D'envieux désolés y d'ennemis impuisçans. .

Prends Pbiloctète pour ton guide :

' Comme lui tu souflris du venin des serpens ^

£t possèdes les traits d'Alcide.

La parodie 9 oubliée pendant vingt ans , semble vouloir renaître depuis quelques années. C'est un genre de plaisanterie un peu froid et le plus souvent de mauvais goût : il n'excîte guères que cette espèce de rire dont on est tout honteux un moment aprèsj cependant, quand il est assaisonné du sel d'une bonne critique, il peut au moins amuser Tesprit. De toutes celles qu'on a faites de nos jour», il n'y en a que deux ou trois qui

aient fait quelque fortune ; le Roi Lu , la Veuve de Caricalè , parodie de la Veuve du, Malabar^ et celle de Richard III. Celle-ci ejt remarquable^ en ce que c'est la seule qu'an ait faite sur une tragédie tombée. D'ordinaire , on n'accorde les honneurs de la parodie qu'aux pièces qui réussissent. Jeanne de Naples vient de les obtenir au théâtre Italien^ où elle a été parodiée en prose sous lenomde Dame Jeanne*. J'aurais été volon** tiers rire moi-même de mon travestissement s'il avait été gai ; mais il m'est revenu de toute part que la pièdis était si insipide^ qu'elle a été vilipendée même par ceuis qui auraient bien voulu qu'elle fût meilleure. Il n'y a eu que l'intrépide abbé Aubert^qm dana ses affiches de Paris ait osé faire Télogd de cette parodie qui pourtant n'a pu être jouée que quatre ou cinq fois à un théâtre où vingt représentations sont un succès mé^ diocre. Une des plus fortes plaisanteries de la pièce roulait sur le nom de Dame

^^— ■ ■ ! ■ ■——1 I I ■ ■ Il ^

ff L^auteur de cette parodie éteit fort jeune , et il a prouvé depuis qu'il était capable de ïnieux faire. Noua «ivons eu de lui des opéras comiques et des vaudevilief qu'on peut ranger parmi les bonaest piècei de ce genre.

Jeanne , qtt'on donne dans I9 peuple à uAe grandç* crucHe d'eau. On m'appelle Dqm^ Jeanne^ disait la rejnp, parce que je rm- §onne comnte une cruelle» L'aJbbé AuWrt of tarit pas sur la iinessç d'un pareil tiait qui suffit pour faire, juger ded'.f pitres. * .

Beaumarchais ^^ seip:ble fait ppfir,;le8 ëvénemens singuliers, vî^nt d'éprouver luji petit désagrément fort extraordinaire^ \ roccasion des Noees c^ \Figaro. 1\ était parvenu- à faire réppter * cette pièce au théâtre des Menus | par une tolérance taqite accordée à la protection . de M. le, cpmte d'AstMty On avait pris jour, après trepte irépétitions à-peu-près p,ubliqiies, pour représenter, sa comédie su^^ce même jthéâ^trft des Meiius* Tout^Pari^ a'étkit disputé Içs billets^ 1# cour et h^ viij^. avaient brigué des loges. £nfia à oqze heiures.duv matm ^, Ij^ \^ijf de la représentation ^ arrive, iin écrit du tqjj envoyé par le ministre ' de Paris aux coiiaé* diens français 9 portant dépense , $ous pleine de désobéissance y de jouer les Notes de Figaro,. Personne n'était prévenu ; on pçut s'imaginer lar surprise générale , lorsqu'à six iieurés on i^envoya six à sept cents voitur^s^ en disant qu'on ne jv>uérait^pas. Cependfti^t

L I "f T i tl À I R i. î3l

Beaumifchâîs ri'est pas rendu, et îl se flatte toujours que la défense sera révoquée. Les comédiens sont au désespoir ^ attendu (jue cet ouvrage a excité, une telle curiosité , que nxitne en tte réussissant pas , il leiir vauàrsât, beaucoup d^arg^nf.

La petîté de»*ivrt çominue à érottfTêt* îéï font le monde par sa facilité à faire des Vefèt; Me trouvant à dîfter avec elle, il y a (ftrel-* que temps, je fus si charmé de son esprit ,

qîiQ^je lui adressajpsur le champ ces vers-ci:

Ton esprit de dix ans nous plaît et nous eâkcp^ |

CVst un fruit de toute saison* De l^âge mûr tu n^as que la raison ,

£t de Penfance que la grâce. .

Nous devions le lendemain voir ensemble l'opéra d'jirmide : elle m'envoya cette réponse.

Pocu niièxilt ihérîter ton suffrage y *'

Dans tes écrits je veux puiser

L'art de plaire et l'art de penser.

Je n'ai pas tes talenv , niais je h*û{ pa^ fôit âgé. Pèa iong'teim» Apollon t'a au fA^'OfJser ) :

Moi je l'implore aux pieds de la double colline 4 Ce n'est qu'en t'approchant que ma Muse enfantine ' Peut croire déjà s'y placer.

Près de toi je suis au Per messe ^

l32 eOB.KESPOKÎ>AKGB

Viens me faire jouir de cet enchantement | £t demain pour Armide observant ta promesse | Viens réunir pour un moment L^enchànteur et l'enchanteresse.

Quelque ckose de plus étonnant encore, c'est sa réponse aux vers de M. le duc de Nivernois. Quoique ceux-ci soient très- jolis , en vérité la réponse de l'enfant n'en paraît pas. indigne , quand on songe à son âge.

M. LB DUC DB NiVBRNOIS à M."« DE SlVRT*

De votre esprit naissant j'admire les primeurs ; Mais il 8*épuisera s^il enfante sans cesse.

Hâtez'-vous lentement : malheur à qui se presse. Gardez pour Pavenir encore quelques fleurs.

L'esprit et Pamour ont leur âge ^

Le destin leur a fait leur part.

Penser trop tôt , aimer trop tard y

Jeune Sivry y serait peu sage.

La naïve innocence est Pesprit des enfans ^ £t l'amitié tranquille estPamour des vieux ans. *

Réponse de MJlc ds Sxkry.

Paa vos sages conseils éclaireE mon enfance ; Croyea que je les sens comme on sent à vingt ansl

* Ces vers sont sans comparaison les meilleurs et peut-être le» seuls bons que Paufeur ait faits.

irriKJLiK

Le coeur plus que Tesprlt peut devancer le tems ^

£t je réprouve à ma reconnaissance* Ce sentimei^it naïf est celui d'un enfant ; Tous ses succès sont dûs à l'indulgence.

S'il en mërlte quand il pense , C'est en fateur de ce qu'il sent.

l34 COKB.XSPOVl>ÂSCJB

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