LETTRE CXCII
J^^AUTEua de Tom" Jones q Londres ^ qui avait en tant de succès aux Italiens , n'a pas été à beaucQup près aussi heureux au théâtre français. Il vient de faire jouer une comédie en cinq actes et en vers , intitulée les Marins, ou le Médiateur mal- adroit, dont le principal caractère est emprunté d*ùn personnage dç V Ecole des Amis * , le meilleur homme du monde , mais qui gâte tout en voulant toujours bien faire. Du reste, la~ pièce de M. Desforges ( c*est le nom de Tauteur des Marins ) n'est ni gaie m intéressante y et le style ne vaut gueres ipieux que l'intrigue. Il a fallu la retirer après la seconde représentp.tian ; ce qui ferait présumer que dans Tom - Jones à Londres ^ il a dâ principalement .son succès à l'excellent ouvrage dont il a tiré non- seulement le fond, mais même les détails de sa pièce. Il y a des gens qui ne vont pas mal quand ils ont un appui , mais qui ne sauraient marcher tout seuls.
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* Pièce de la Chaussée.
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' M. Ducis toujours fidèle à Shakespeare , va donner incessamment un Macbeth^ imité de l'anglais , qui doit être le pendant du ^oi Léar.
Le prix de vertu qu*uh anonyme avait ionàèpour les derfiières classes de la société^ au jugement de l'académie française , a été décerne à Marie - Magdeleine Lépagnier; Elle est femme de chambre d'une M,">« d^ Ç.^,***, qui -depuis plusieurs:. années est dans une extrême misère^ et elle a mieux aimé la secourir et la sefrvir que de prendre de meilleures condition^ qu'on lui offraiti Après le prix donné qui est de douze centi francs, l'académie dc^it faifé mention de quatre personnes qui l'ont disputé , la;temme Menthe y la femme Ëloire , un nommé Calbasse, marinier, et un maître d'école nommé Char on. M. l'Archevêque d'Aix , directeur^ exposera, dans la séance publique de la S. Louis, les actions qui ont mérité à ces quatre personnes l'honneur d'être nommées.
M. de Fontanes vient de publier une traduction en vers de V Essai sur l^ Homme ^ poëme déjà traduit en prose par M. de Silhouette, et en vers par l'abbé du Resnel.
Cette dernière version , quoique faible et
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très-inexacte, ouvrit à l'auteur les portes de Vacadétn.}^ fra^çsis^. C'était le temps où Vùh aimait encore \&i vers, et où V&n était curieux de la littérature anglaise qui coniliiençait à peine à être connue. L'ouvragé de M. de Fontanes , quoique très - sttpérietir à celui de l'abbë .du Resnel , et versifié en gé^ néral avec une précision assez élégante ^ n'en a pas moins uil défknt grave qui la- fera peut* être moins Tire que celle depn llesnei. C'est vioe sécheresse de style, causée pdf. lapfé^ tentiôn mal entendue de i/avoif pftè plus de vers que le poëme anglais, atf lien de ne s'occuper qu'à avoir autant àé beatitéâ* Il parait d'ailleilrs dan^ tin temp& beau-* 60up moinâ favoi'ablé à là poésie. L'au^ térité de ce sujet tùétaphysiqùe demamîe tme attention dont la plupart des Jeteurs d'aujourd'hui ne Sûnt guèt^efr capables , et comme on e&€ i^assasié de ver^^ oh ne lit plus guères que ceux dont le sujet e^l atttrant et pique la curiosité , ou plaît à TîmagînatîonJ Le mérité de la difficulté vaincue , et le talent de parler à la raison en^vers bien faits , la • fidélité d^une version toujours rapprochée de l'origiiial , tout cela he jieut être semi que par nii très petit nombre d'ama-
teurs. An mérite de versifier d^ manière à faire ptésumer qu'un jour il saur^ qôoiposeff en poëte^ l'auteur joint le mérite^'être déjà un très-ban prosateur. Son discours préliniî- ^ naire, rempli d'idées saines expri^iées dveç énergie, est un excellent morceau de litté* rature , et tel qu'il est bien rare d'en rencontrer aujourd'hui.
Le chevalier de Parily vient de lui adresser des vers que je n'ai pas lus : voici la réponse.
HÏALGRE votre éloge indulgent ^
Prêts à s^armer de rigorisme ,
Mqs chers lecteurs en me jugeant ^
ÏJe croiront yas à Poptimisme.
Ce n^est point Pope assurément |
Ni Platon , ni Pangloss lui-même ^
Dont Pesprit créa ce système \
Il fut le rêve d^un amaiit.
Que Pamour vous inspire encore ;
Portez long-tems son doux lion \
Chantez Zulmis 9 Eléonore \
CJest dans leurs hras que tout est bien.
On a remis à Topera V Orphée de Gluck'. Ce théâtre a perdu M.n^ Théodore , la plus parfaite danseuse qu'on y ait vue , depuis M. Ile I^any, pour la précision et la légèreté. Elle a été passer ,uu an à Londres, et à son
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retour elle a quitté l'Opéra français. II est menacé d'nne antre perte qui ne sei^t pas moins sensiible aux amateurs. M.^^^ Guxmard a la petite vérole , et en supposant qu'elle en ireyienne , on ne €roit pas qu^elle remonte sur la scène*
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