‹ Correspondance littéraireChapitre 22 sur 47 · LETTRE CXCIII · texte numérisé non relu

LETTRE CXCIII

L^iTÉ a^té si mal sain à Paris, que j'ai cnï devoir me réfugier à la campagne pour échapper à la contagion ; mais les malatdiés n'étaient pas moins épidémiques dans les proviiïces que dans la capitale , et j'ai eu la fièvre pendant trois semaines, ce qui a retardé les envois du i5 août et du i.«* septembre?.

Je m'empresse 4 mon retour de téparet cç retard involontdii^^.

Les comédiens français n'ont doènéaucune nouveauté tragique depuis Phîloctète : la ïnauvaise santé de Larive en est là cause. Il a des obstructions dont la guérison est lente et diffîcile, et Ton ne croit pas qu'il jbue avant le

^retour de Fontainebleau. Il est fort question de ce voyage qui nia pas eu lieu depuis plusienrs années. On prépare un grand nombi*e de lïOUTeautés dé^ trois spectacles: il y aura

* trois ouvrages de 'Pic€Îni,Z>i^«^grand opéra de Marmontel , le DormJeur é^illé ^ opéra cdi&iqne du même auteur , Endimion ^ p^s« torale d'un M. de Siron. On doitijouei^ aussi l^Çidàe Sacchini^ paroles de M. GuilUrd^ 4* K

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qui est très - capable d^estropîer CorneiUe , comme le Bailly-du-Roulet a estropié Racine.

Enfin Gr,étri doit donner la Caravane du Caire ; y iffxore quel est Tauteur deô paroles. On avait, mis encore sur le répertoire de la cour trois tragédies , Macbeth ^ de D^cîs , • Numiior de Marinpwtel ., et les Brames qui sont de moi j mais les circonstances ne per- ; mettront, je crois , d'en JQuer qu'une^.$eu}e. Macbeth qui allait être d^naé à Paris , parce que j*avais cédé mon tour à Duçis, est sus* pendu pour long - temps par la maladie dp Lar ive > chargé du principal rôle où U ne peut pas ^tre si^ppléé^ Bri^^rd q^i a sept cents vers à apprendre dans \e& Jurâmes ^ ^ ^t àiOiJ^ la tête et ia mémoire s?Qu.t, extrêm^meifik af jfaiblies^ ne peut pas être p^ôt ayant la fin de noTemt>fe<> Reste N,t(fp4tpr $ 4«^ns l^[€fui^l Larive aiQéj^é son rôle à S^t-Prix , d^ consentement de Fauteur j^^qti'^a éto^idie^actuellement. fiieu des gens binent Ma^roHu^I de rentrer à soixante: aip^;d^i$ la cai^riêre ^e la tragédie^ après l'a vo|ir, '.quittée d^mif trentc^d^x ans; çi^r son derniw ouvrage « Egyptus^ qui* tpmiba 4 Jk pi^mère v^^éaentatiaokyreat de; ^,7^* .' Quand on esA pwfenuà. cet âg^ ^M^s ;^Vjû&ir; iftk en «cet geuAe

' L i T ir é ja.â I * r»» «^ 147

jDuvragc qui ak [^ re$^r /IL oât ^s$ez extraordinaire de croire^i^i vieiUissant^ ayo|r 4i]i^ fcfrce qu'on n*a paç Quedaxfts 1^ qiatufite fii dans la jeunesse, ^^f^st^un^^g^prudence qui a grand besoin. 4'âtr^ j^^çûfiée .pv le

Au défaut -de pièces 4K>uveUea, les cornédieils onlf tôayé des {H^i^es reA^isc^ d'abord , et le Négociant , ouvïageqipi v^ité^re à la ^pls drames et (comédie , ^et .qui zi'a ni il'ip^rêt de Ton , ni la ^lajkelié.^e l'^^tre. Qn, rétribue k M» pa^pi^rre j . il ^ut pieu de >ucci^ 4aiis Ui n<>uv€iw*é^ eit.n'eo.a eii;^uc|ilttii,ia reprise ; il n'a' ^pu ktsfr jjouyé quç deux. ioia. jQi|el<{ues dét»i»ls;$,ui:le'comi9er6een fpiM; tout 1^ parité.; mais.Px^vil^q^i.AÎaie ii^&^iii^ent à.pfl«iiître. dans^^es TÔAç^^ér^eu^ip^ce qu'il ^t, jB;i^celIen}; daiis,^; op&les comlqu^s^ et i|u|i|9pyeiUn9usp£é^*éfOi^ f)os prétenl^ns à

soettr e ç^tte |^ièç^^çpf;il« p'espér^i^nl: fmi ^fst iQu'il çrpyAit 4dmijç<i|^te,«fWçe qu'il y sdé|bi|4t b^djUGoiiu) de ,4P3ôr4Ua^ Pcériille auioimUhui llovJâ^vçcse tout à la .çemédie : c'est . lui ^qui ^ €7,pité U qiiisn^le^i^ntre Içs. cpipé^ieas^s. et Ji^-fe ppviyjier, X iwitïefois M.p»« JO^îs )^ .auj^jet de ^..^aji^Le .de M. ^f yplt^ire^

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querelle qni a occupé' long-teitips toutes les puidsaticSes , et qu'on à, eu beaucoup de peine à terminer'. M.»« Dénis avait offert à TaCar demie h' Statut eil^ ^marbre de Voltlaire assi^,ichef-»d'teuvre du ciseau de Houdon.> et l'académie Pavait accepté avec recon* nàiissàiicfè.' Dans ces 'efitrefaités ,' M."»® Dénis a jti^é à propos de f aîr^ uw mariage qui n'a

pas étéapproùvé, è^ quià éloigné de sa maison

les gens de lettres '^u^'y ' attirait le respect potir'm'riiétodire dé feôti' oncle, et lar cîon- «idèratibtî qui en rfej^illîssaît sut la nîècew Qtrahd lelte* a' vn qu'ils l'abâWdônnaien't , elïe aiinagîrië, ^oiir s'eik' venge*» ^: d'offrir la statué tmx èbnldâiehs firançaisj èts'ést feit écrire^ ce isujW^Wft'é-'grândetettièWm^îiatiquè p'^^^ Oé^^ lîéi-, âVôdat de la comédie ;^ràrid dratëiiîfaîa l^alais^ ifaàîif fort médîtjèfrtf écrlvaih. La iSecoii- -tiàîé^rtéè^ dît^ori, if'ést*prâ& la vertn des'dcçtiiilJt dîeh^r'ils^Pont du nitaiis 'prouva cetl^Tftfts. M.'*'* Dîi vivier pouvrfit §é flatter, avec ràisort, qtté' iWèfetuc d'un gtàiitl'h^iiiraë qui avait'ëté îiolî^àHbéiatts le bîenÀitéurdefe èomèUéftot^ çaîsé J^.sèràit honoraWemeïit? placée d'ariS' ife foyer déîa^ ttèuvèllé ^àlle; MéîS elle né' sàVfeft pas qiieX^oItaîre'iEivàît k ïS doiùédie lin emieim qtfxM^ ifiee^l était^^3sez' iàifriçUe de sbup*-

çônner , et un ennemi, qui a un grand crédit. Cet «homme qui a pris l'ànleiir àe Zaïre dan» une haine effroyable', c'est Préville, et voici pourqiioî . Prévi Ue*, excellent comédien , voudfïiît b4en èire le premier homme du monde ; cependant, comme ii est encore plus difficile de faire de bonnes comédies q«ë *de les bien jouer ; il s'est résigné à céder le. premier rang à Molière, maisà condition qu'il aurait Je second. En conséquence j il a fait élever le buste de Molière «sur iun grand socle placé sur lachemiiiée du foyer, et a fait mettre Voltaire au garde - meuUe , en criant qu'il était indécient que Voltaire fût ass^s, tandis que Mol îère , Corn eille ,• Racine ( il citait èes deux derniers par complaisance,' ) nia valent qU' un simple buste comme les autres. Plaisante raison ! comme si la statue, de Voltaire' empêchait qu'on en fît de pareilles pour Corneille et Racine , et comme s'il était défendit d^honorër la mémoire d^un grand homme , jusqu'à ce qu'on ait rendu le même^ honneur à ses confrères! Quoi qu'il pn soity Préville l'emporta: grandes plaintes de M.'»*î)tt'vivieri Le directeur des bâtimens ^t le gentilhomme de la chambre interposent ieur auto*^ rite. Pour conclusion »' la statûe^st placée

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en bas dansle Yesdbule» ait mliieii des IwB^m^ et des portiers^ et Voltaire, d^ms^le foyer, n'a qne son biaste comme les auliœs. ll4Bat boa d'observer qve les momiméiis érigés à Voltaire ont tonjptirs été îles pievr^a descMidiEile. La statue, esécutée pai: Figal ^anx fraia dea gens de letlnes ^ n*3t fanaat» pu être piàcée ailleurs' qile ehee M. d'Hornoi son- peve«u C'était bien la pébie qUe tout ce qnll y a de plus illastre en France fît une souscription pour accorder un Jhonneur sans* «exemple au pkbs grand poëieda siècle , et ëlever an monument qui devait être enseveli dans la bibliothèque, d'un président des enquêtea.

Une autre piètre rem'iàe ftumêitie théâtre, c'est YAfnant bvufru:^ de Monyel, comédie ea trois actes, tirée des Lettres de la comtesse de Sancarre y^x qni malgréleadéfaïuts du plan et la ËiibieSiSe du style, fait quelque platsit; mxx la scèoe, qu^and le rjâle ^V Amant bourru est bien }oné».Mais:ilneïaftitpas la Hre:; car alors. t<mt le comique qui n'est guère fondé que sur U brusquerie de Facteur , disfmraif

Pour achever daàsixmmâme article toat /ce qui cpiiç^rn^ce théâtape^it faitt: parler de la iïMw:t:.4é:BimjretJ|e^ Rste^ mauvais/ $omé-

tlfTERAlRE. \St

dien, qui avait commencé par faire les dé-.

lices de l'ancien dpéra-comique de la Fpire:

son histoire est assez singulière. Vadé qui ttavaillait à sa pîèce de Nicazse , désirait de trouver un acteur qui eût la tournure de ce rôle. Le hasard amena chez lui le petit Bourette ; à son air niais et à sa voix de polichinelle , Vadé s'écria , voilà Nicaise tout trouvé , et il le fît recevoir dans la troupe de Monnet. Il passa de là au théâtre français , où il jouait les ïiiaîs et les grotesques, à la place de feu 'Dangeville. Vers la fin de sa vie, sa prononciation était devenue si mauvaise qu'on ne l'entendait presque plus. Le dernier rôle qu'il ait joué dans une pièce houvçUe^ est celui du garçon de café dfans Molière à la nouvelle salle.

M.^^« Contât a tous les jours de nouveaux succès dans l'emploi de M.^^^^ Doligny, emploi qui lui est resté tout entier par la retraite de cette dernière qui a quitté à Pâques.

M.^i® Doligny était fort aimée du public, quoique son talent fût borné et son jeu un peu monotone. Mais elle^vait dans la voix des accens de sensibilité , et sur son visage un air ingénu et modeste, qui la rendaient très- propre à certains rôles , par exemple , à ceux des

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comëdies de Lachaussée. Elle s'était renduis intéressante d'une autre manière^ par la régularité de sa conduite : on lui savait gré d'être sage^ quoiqu'elle ne fût pas jolie. On la croit depuis fort iQpg-temps mariée avec M. Dudoyer qui lui est fort attaché ^ et qui adoni^é au théâtre quelques pièces mauvaises ou médiocres. Elle s'est retirée assez riche , et sa fortune est venue , non - seulement de ses épargnes et de l'économie modeste qui contrastaient avec le luxe de ses compagnes, mais encore des pré^ens considérables qu'elle recevait joxirnellement des femmes de la cour, qui , pour récompenser sa sagesse j lui donnaient des habits pour tous ses rôles , et la dispensaient par là d'une très - grande dépense.

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