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le plus de la prose , et qui d'ailleurs permetles enjambemens et le mélange des styles j mais il ne connaît point la phrase poétique ni la marche d^s vers alexandrins. En ce genre il est presque toujours dur ou faible , et souvent faux. Tout cela n'empêche pas qu'il ne soit très-capable de remplir la place de d'Alerabert dans le secrétariat de TAcadémie. Qujarante ans de travaux et des ouvrages estimables en divers genres méritent cette récompense que je crois qu'il obtiendra. On peut être un poëte médiocre et un bon littérateur , par conséquent un bon secrétaire de l'académie.
La mort du comte de Tressâh y laisse une seconde place vacante. Après l'élection du nouveau secrétaire qui doit se faire le 27 de ce mois, cfn s'occupera du choix de deux nouveaux académiciens , qui seront, je crois, M. BaîUy et M. le comte de Choiseul- Gouffier. Ce dernier est connu par un ouvrage utile et bien exécuté, /^ Voyage de la Grèce j qui est un véritable service rendu aux arts , et le fruit de beaucoup de travaux , de fatigues et môme de dépenses.
Le comte de Choiseul est nommé pour l'ambassade de Constantinople , et il voudrait bien
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partir académicien français. Comme, notre institution admet les grands à titre d'amateurs, il paraît juste de ne pas lui refuser cette récompense , d'autant que les concurrens qui se présentent jusqu'ici ne sont pas.
imposans.
Le comte de Tressan n'a pas laissé beau- ' coup de regrets. C'est lui qui dans la dernière élection avaittrahi M. deBuffonetM. Bailly, ses amis depuis vingt ans , et ce fut sa voix qui seule fit la pluralité en faveur de M. de Condorcet. Il avait une faiblesse et une mobilité de caractère qui nuisaient beaucoup à sa considération , et l'on a remarqué que sa mort qui fais^flt place à M. Bailly, était une espèce de restitution de celle qu'il lui avait ^tée.
Kv retour de Fontaînebleafu , Didon a été knée à Paris avec le plus brillant succès; : peu de jours après , Piccinî a donné au léâtre italien le Faux Lord, opéra-comique [)nt les paroles ont été composées par son s; ainsi c'était le cas d'une double paterté. La pièce est une bagatelle dans le genre \^ opéra buffa à^ltoXie^ et n^est pas faîte mr être jugée sévèrement. Lîji musique est rt jolie ; le tout a beaucoup réussi , et ccini a eu Thonneur de nous faire pleurer nn théâtre et rire à l'autre. On attend core de \\xi le Dormeur évçillé^ dont les [rôles sont de Marmontel , et une pastorale )mmée Endymîon.
pn a joué au théâtre français ma tragcklie ^ Brames. Le pul^lic lui a fait un accueil jutant p!us flatteur^ que Brisard , chargé jrn rôlç de 700 vers qui doit faire le sort la pièce , n'a plus ni force y ni voix , ni ^oire , et qu'avec des dents postiches il énonce mal et diffîcilemenf. Après les Itre premiers actes applaudis avec enthou--
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siasme{c*estVexpression des Petites AJjichi^ et l'abbé Anbert n'est pas de mes amis),i n'a plus été possible d*'entendre Brisard,e le cinquième, le plus essentiel de tous, a et presqu'entièrement anéanti par la falblessi de, son jeu. A la seconde représentation c'était encore pis j le souffleur a dit la moitil de spn rôle , et on a vu le moment qu'il À pourrait pas achever : c'est en vérité la bien veillance du public qui a pu seule le soutenil jusqu'au bout. Mais j'ai dû retirer sur II champ l'ouvrage qui ne pouvait pas être y dans son cadre , et qui ne peut être rem qu'aprè§ la retraite de Brîsard. Jusqu'à ( moment je ne veux point lui faire le chagr de donner à un autre le rôle que je lui ava confié , je l'avoue , avec trop de compU sance, et pour ne pas désobliger un dl acteurs les plus honnêtes-et les plus estime Le lendemain on a remis Philoclète, Larive a reparu après une absence de qnat mois. Il a été reçu avec une grande f aveui et l'ouvrage qu'il n'avait jamais si bien jou n'a jamais eu plus d'effet. Il y avait un grai concours de mortde, et Larive rejouera pièce plusieurs fois. Ce sont les acteurs c font la vogue des pièces ae théâtre j la im
litude ne peut sentir que ce que Ton sait lui communiquer.
i Les expériences des ballons aérostatiques |Continuent toujours. La plus brillante de toutes a été celle de M." Charles et Robert, Iqui sont partis du bassin des Tuileries^ dani; lun char attaché à une machine remplie d'air ^inflammable , et ont été descendre deux iheures après auprès de llsle-Adam, à neuf ilieues de Paris. M. Charles est remonté seul dans la machine , a été une lieue plus loin , et a redescendu aussi heureusement que la I première fois. Le roi a ordonné qu'on élevât jttn monument en marbre à l'endroit des i Tuileries d'où ils sont partis. Ce monument ^ représentera cette ascension telle qu'elle a i été faitej on y joindra le buste de M. de Mont- I golfîer, premier auteur de cette brillante dé- \ couverte. Il a le cordon noir de Saint- I Michel et aooo livres de pension,. M." Charles, j Robert et Pilâtre du Rosier sont pensionnés I aussi. On attend le printemps pour faire de I nouvelles expériences , et chercher les moyens de se diriger à volonté.
Les Italiens ont joué une Gahrielle d^ Etrées y pièce dramatique en quatre ac(;es, de M. de Sauyigny, imprimée il y a cinq ou
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six ans, et jugée dcs-lors comme pn trèsmauvais ouvrage. Elle a eu fort peu de succès; cependant, comme cette pièce pouvait conduire les comédiens italiens à jouer du tragique, les comédiens français qui ont le droit exclusif de jouer des tragédies , OKt . fait de grandes plaintes, et les Italiens ont été obligés de promettre'que cela ne leur arri- Terait plus.
I/impression n'a pas été à beaucoup près aussi favorable^ au Séducteur que la représentation , et c'est ce qui*arrivera toujours aux ouvrages d^'uri mérite médiocre. On «'apperçoit aujourd'hui que les caractères de cette pièce sont plus ou moins défectueux, à commencer par \^SéducteMr\\\V'\x\è\TiQ\ que les ressorts derintrîgi:^e sont faibles ou faux; que les trois premiers actes sont sansaction, et que s'il y a quelque pathétique au délïbtiement, c'est aux dépens de la vraisemblance. La voix d'une actrice et Tart d'un acteur co4isommé peuvent affail^lir sur la scène l'effet de toutes ces fautes qui se fait sentir à la lecture. Le style même qui est ici ce qu'il y a de plus passable , n'est pourtant pas exempt d'incorrections , de mauvais goût, de galimathîas; là préface
est ridicule et inintelligible. Ceux qtiî avaient osé comparer cette pièce au Méchant , sont aujourd'hui bien honteux et ont bien raison de Têtre, Quelqu'un à ce propos a dit fort plaisamment que l'ou Vrage était aussi éloigné du bon que du Méchant.
' Le chevalier de Florian vient de publier une charmante production qui a pour titre Galathée. C'est une pastorale dont le fond est imité de Cervantesr» mais que l'auteur français a fort embellie d'épisodes de son' invention , etsur-toutdésgrâcesdesaprose, qni réunit là finessfe des idées, làdéUcatësse des scntîmens et l'élégance de l'expression , sans aucune trace du faux goût qui règfie aujourd'hui. C'est un jeune homme d'un esprit heureux et naturel, et qui aura toujours des succès, s'il ne sort pas du genre où son talent l'appelle. Sa pastorale qui a généralement réussi , est mêlée de plusîetirs morceatix de poésie aiiioureuse , le pflris souvent faibles de dictionf 5 mais où l'on trouve toujours un fond de sensibilité , et de temps en temps quelque^ jolis vers*