‹ Correspondance littéraireChapitre 28 sur 47 · Q2 CORRESPOND AK CE · texte numérisé non relu

Q2 CORRESPOND AK CE

LETTRE ce. •

It peut arriver que ranglomanie qui s'était emparée de notre théâtre, passe.comme tant d'autres modes. Le JRhi héar a eu beaucoup moins de succès à la reprise , et Macbeth a été fort mal reçu à la première représentation. U est vrai qu'à la seconde on a fait dé grands efïbrts pour le relever ; mais le vice de la pièce est irrémédiable; c'est Tennui , c'est un fond d'atrocités froides et gratuites. Le sujet qui pouvait être tragique, a été mal conçu , non*seulement dans Sha- Jcespeare qui ne cojinaissait pas Tart ^ mais aussi dans son imitateur M. DucLs, qui devrait le connaître beaucoup mieux.

Macbeth, le principal personnage , est un |i09ime absolument sans caractère , que sa.

femme détermine à a^^assiner son roi. qui Ta comblé de biens et, qui vient loger che^ Ini; et le seul motif de cet attentat, c'est un ^nge de Macbeth dans lequel on lui a prédit qu'il serait roi. Du reste, il n'est point ambitieux ^ il n'a point la soif de régner , il n'est point anifué par la vengeance. C'est

propremeilt un enfant imbécille à qui Von met un poignard dans la mairi, en lui disant^ frappe ^ et qui ensuite se met à {>leurer ^ et à se latuenter sans fin , quand il a fait 1% crime et qu'il a vu cduler le sang. Riea ti'est uloitts théâtral qu'un personnage si passif; Les grands crimes ne peuvent se iliotiyér au théâtre que par une grande force de caractère ^ du une grande sédui^tion , par un scélérat audacieux comme Mahomet > oU un jeune honim^ égaré comme Séïde« Il n'y a rien de pis au théfttre, que-la faiblesse , quand elle n'a pas l'excuse des passions : alors elle n'est que méprisable. Un autre grand défaut ùdMaaèetht c'est queia pièce, passé Je second acte y n'est pas même Soutenue par l'intérêt de la curiosité : le meurtre est commis dass Têntr'âcte du second an troisième ^ et par conséquent le nœud principal est tranché, 0t les très-inutiles redtords de Macbeth qui gémit pendant tout le reste de la pièce > zie peuvedt soutenir l'àtlention et l'intérêt du sfreotaleur. Macbeth finit par se inêr du cinquiéfiie Mte f et pi^rrait de taétae ae tuer au &oi** ftièmè. A l'égcrd du at^le ^ il est coutâse Dtlm dur Aoi Léàr ^ Yemplr de déolama^kMis M di nunif aie goût ^ de }ffrj^ii ^ de bçiàlGs* 4- ' N

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sures > de «olécismes , et mêlé de quelques beaux vers.

Le Droit du iS^i^xi^i/r^opér a* comique que M. Dej>fontaînes a tiré d'une comédie du m^me nom, de M. de Voltaire, a été donnée aux Italiens avec succès , et ce succès est âA, à la musique de Martini quiest très-agréable, et au jeu de M.<>^^ Dugazoti ; car d'ailleurs la pièce est des plus médiocres. M.^^Dtigazonet M.^^^ Saint-Huberti font les beaux jours de Paris. Cette dernière a été couronnée der^èrenient sur le théâtre^de l'Opéra , où Didon continue a jouir du plus éclatant succès. On vient de nous donner la Caravane de Grétri , paroles de M. Morel. Ce M.Morel n'a jamais rien été, et Orétri n'est pas toujours Gré tri; mais le spectacle en a paru, fort beau , et cela suflitpour soutenir un opéra, témoin celui ai Alexandre aua: Indes.

Nous avons quelques livres nouveaux qui traitent d'objets utiles. De ce nombre est un ouvrage de M. de Chabrit sur la législation française, dont ibne paraît encore que le premier volume. On y trouve des connais- ' sances, de la méthode et un bon esprit» Le style en est inégal et quelquefois incorrect; mais Sans diffusion ni <léc}amatioii. il fila

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encore traité que les loix Romaioes et Botir* guignones : sa tâche deviendra plus difiicile , àmesure qu'il se rapprochera de notre temps.

Il faut avoir le coiirage de dire la vérité; et de plus> il faut en obtenir la permission^ et ni Tun ni l'autre n'est aisé.

Un livre d'une utilité plus immédiate et plus prochaine, s'il était meilleur , c^est celui de M. Philipon sur V Education des Collèges.

Ses intentions peuvent être bonnes; mais il y a dans son plan abus de philosophie , et dans son style abus.de rhétorique. Cela ressemble trop à ces mille et un systèmes où l'auteur trouve mauvais tout ce qu'on a fait, et beau tout ce qu'il veut qu'on fasse. Je n'aiine point d'ailleurs qu'on aflfecte tant de mépris p^ur les études qu'on a faites , où sans doute il peut y avoir à réformer, mais aux* quelles Ton doit à coup sûr tout ce que l'on sait. C'est , comme dit le peuple, battre sa nourrice : rien n'est plus commun aujourd'hui , et je vois là plus d'ingratitude que de lumières. Celles de M. Philipon sont assurément fprt au-dessous de son sujet, et les fautes trop fréquentes dans son livre , ptouvent qu'il est loin d'être même un bon hu* mamste.

. ]|A. de Gastines , aatenr d'un livre qui a pofir. titre ^ ïlsle inconnue, s* est proposé d'y placer dans un cadre romanescpie le tableau de la formation des sociétés . et les fondemens de la législation politique et reli* gieuse* Les aventures qu'il décrit sont attachantes ; ses principes ne sont pas mauvais, et son style, quoique négligé, est naturel et facile.

M. de Secondât a publié un ouvrage pos* thume de son père, Timmartel Montesquieu; c'est un roman qui a pour titi^ , Arzacê et Isménie. Les événemens sont plus étranges qu'intér^s^ns ; le style rappelle qneiquefcHS l'auteur des Lettres Persanes / mais il est le plus souvent pénible et entortillé , et Tonvrage en total n'est pas digne de son auteur, y

M. Gu^n , dans une brochure qtii -ne se vend pas publiquement, a vengé Voltaire des injures que lui à prodiguées l'abbé de Mably. Cette réponse prouve beaucoup de coifinaissance de Thistoire , beaucoup de har* diesse daiîs l'esprit, et le style de M. Gudtû est beaucoup meilleur eh prose qu'en vers. It met au grand jo«r la mauvaise humeur et là mauvaise foi de l'abbé de Mgbly , ses erreutu

MQmbreuses f et sur-tout la partialité rérôl-^ tante qui lui a fait dénigrer tous les meilleurs écrivains français et étrangers^ uniquement parce qu'il est importuné de leur réputation. Dans un moment où le succès des expériences aérostfttiques a fait croire tout pos^ sible , un particulier s'est diverti de là crédulité publique, et a fait imprimer qu'il passerait la Seine à pied sec , en présence ém tout Paris, sur des sabots élastiques : sa lettre était datée de Lyon , et il demandait deux cents louis pour son voyage. On a ouvert une souscription; Versailles a donné l'exemple, et la somme allait être remplie. La ville avait déjà ordonné de construire un emplacement pour les spectateurs , lorsque Thomme aux sabots est venu déclarer au ministre de Paris, que ce n'était qu'une plaisanterie OGCasionnée par une gageure qui lui faisait gagner cent louis , attendu qu'il avait parié que tout Paris serait la dupe de sa proposition.

M. deBreteuil en ^ rendu compte au Roi qur n'a fait qu'en rire , et d'autant plus volontiers qu'il s'était toujours moqué de l'entreprise , et avait toujours refusé d'y croire. On dit que l'argent des souscriptions sera em^ ployé en oeuvres de charité..

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. Qn a remis Vlphigénie en Tauricle Aq (riiiçk 9 en concurrence avec Didony mais cette reprise sur laquelle lesGluckîstes comptaient beaucoup ^ n*a pas été brillante , ni pour l'affluence du monde > ni pour les ftpplaudissemens. J\s espèrent prendre leur revanche à la rentrée , avec un opéra nouveau 4e Gluck f envoyé de Vienne , et qui p^r^îç le dernier effort de ce célèbre compositeur. Cet opéra s'appelle lesD/zTifljiV/?^ , où Hypermnestre ; il n'est de Gluck qu'en partie , et il a été achevé par un de ses élèveii, nommé Saliéxi. S'il réussît, Gluck aura tout fait : s'il ne réussit pas , . l'ouvrage fera en entier de ^aliéri : rien n'est mieux ^rr^ngé.

Marmontel a été élu secrétaire de Paca-* clémie , à la grande pluralité des suffrages^ Il avait pour concurrens M.^« Sauzée et Suard : l'un n'a eu qu'une voix^ l'autre en ^ eu six ; Marmontel quinze. Il faut i>bserver que la place de secrétaire exige une entière assiduité , parce que c'est lui 4ui tieutJa plume "pour rédiger le dictionnaire, Il arrive delà qu'il y a fort peu d'acadéniiciens à qui cette place convienne; et Voïi a $03A de s'assurer par ayapQe ^e ceuiq

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qui sont dans ce cas , afin de savoir entre quel^ aspirans Ton doit choisir.

Le même jour, un anonyme a fait proposer à racadomie une soinaie de six cents livres , pour donner uu ^rixkVMage de M. d^ Aient' bert^ (jui sera annoncé dans la première séance publif[ue. La proposition a ^to acceptée , et le terme du concours est lixé au i.«^^ janvier 1786. La médaille représentera la tête de M. d'Alembert, et plusieurs dô ses amis se sont chargés d'en payer les frais. Le discours couronné sera lu dans la première assemblé^ publique qui aura lieu en 1786.

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JM. LefbancdePompîgnan vient de rénnir tous ses ouvrages dans une édition de silc tomes / qu'on pourrait appeler posthume; car il y a plus de ringt ans qu'il est regarda comme mort* Ce n'est pourtant pas , à beaii^ coup près, un littérateur sans mérite, ni un écrivain sans talent. Il aurait pu reposer 4 son aise dans une assez bonne médiocrité , parmi leç auteurs du second rang qui sont fort loin du dernier , si venant prendre place à l'académie, âgé de plus de cinquante ans, il n'eût eu l'imprudence fort cpctraordinaire de parler en ennemi aux gens de lettres , dans le moment où ils le recevaient chez euxi Ce^te faute dût paraître celle d'un amourpropre aveugle et d*une ambition fort mal entendue. Il crut que cette levée da bou^ clier , faite au milieu de l'académie, l'Intimiilerait elle-même, et que ce triomphe au XiOuvre lui donnerait du crédit à Versailles, dans un moment où les gens de lettres étaient fort n;al avec la cour (en 1760» )I1 aspirait, dit-ozi, à être chargé d^réd^catiasi de$ enfaps

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