LETTRE C C I I
Jfi ne confondrai point dans la foule de nos ' brochures les M^éjlexioîis sur les Confes-^ s ions de J.^J. Rousseau^ par M* Servan, ancien avocat général du parlement de Gre* noble. Cest un morceau plein d'esprit et de raison } Tauteur pense et s'exprime avec énergie | ses raisonnemens sont frappans d'évidence, et ses expressions souvent heu* reuses. Il démontre, éloquemment que des écrits tels que les Confessions sont de véritables attentats contre les droits de la société et l'honneur des citoyens^ On ne |>ent lut teprocher qu'une vingtaii^ de phrases , à la vérité de bien mauvais ^oû( , et qui se sentent de cet abus des figures qu'il a quelquefois porté à l'excès dans d'autres productions , où Ton dirait que la province a gâté son style, si la capitale n'était pas elle*même gangrenée de cette manie contagieuse. Voici , par exemple, une phrase de M. Servan : Le mystère est à la malignité ce que la gaine est au couteau; elle en conserve la pointe. Est-il possible qu'un homme d'esprit et de sens tombe dans un tel ridicule ?
LITTBRAliLi:.
L'opéra de Chiniène a eu du succès. Le Sujet est celui du Cid^ et M. Guillard, auteur des paroles, était très -digne de mutiler ' Corneille, comme d'jautres ont mutilé Raciaej mais la musique est de Sa^chini , et a paru digne de son auteul- , l'un des plus grands maîtres dans son ai^t. La Caravane àe Grétri placée entre Didon et Chimène fait une asse^ pauvre figure ; maïs quand on Veut être partout, il est difficile d'être toujours bien. Au reste, il est fort protégé delà cour, et démesurément exalté dans le Mercure par mon confrère S** , le premier des Gluckistes du monde, qui trouvant cent défauts pour un dans Didon , n'en a pas vu un seul dans la Caravane. C*est ce qui a donné lieu à cette»
chanson épigrammatique.
. Amis * vive la Carat ane l
Lisez l'article dd S**, '' Dï'argue à Didcn : vive la Caravane !
^lys est Popprobre de l'art.
Fi de Renaud ! vive 7a Caravane !
Oreilles à S** pourtant ^e manquent pas , Bdais oreilles qu'avoit le palefroy de Jeanne |
Et que l'on vit en pareil cas.
Orner la tète de Midâs.
Four ces oreiQes-^là ^ vive la Caravane !
Il court encore deux autres épigramiiies ;
^08 CO&RESPOKDANCE
. rutie est d'tïn homme à qui l'on a interdit rOpéra pour avoir sifflé la Caravane 5 l'autre dont j'Ignore l'auteur, est contre M*f«S**, Morel et Pitra, et n'fesl qu'une imitation d^utie épigramme de Voltaire, qui lui-même avait imité une épigramme de Marot : c'e$t Tin cadre qui a servi plus d'une fois.
Lb Triumvirat.
Oh proclame à Vaugirard *, Pi^tra , Morel et S** ; Le Mercure élèvo au ciel Pitra , S** et Morel ; Mais Poil beme k TOpéra i. . S**,MoreletPit#a^
A Monseigneur Morxz..
Depuis trois jours on me condamne
A fuir les lyriques lambris ,
Pour avoir avec tout Paris
Médit de votre Caravàiié.
Abî monseigneur iVforel , merci ;
Pardonne;i-mo| , je vous en prie,
Et plus qu% Yous tpute la tî« ^
Je médirai de ïiccini ,
Et vous tiendrai pour un génie.
Assurémesii il n'y en a pas daas sfk i
» 4Husîon ivet Lfnxes è^fe Anonyfntée VoMgîr^d.