‹ Correspondance littéraireChapitre 41 sur 47 · I.ITT:]êB.Al HE · texte numérisé non relu

I.ITT:]êB.Al HE

paraît qu'à cause de sa famille on a pris ua grand soin de cacher ses derniers momens ^ ce qui rend la vérité très-difficile à savoir ^ du moins aujourd'hui.

ayS GORILESFOKBÂKCE

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LETTRE CCXIII-

JJb tons les outrages qui ont été publies sur rAmérique-Septentrionale , le plus curieux, le plus intéressant* et le plus instructif est sans contredit celui qui vient de paraître en deux volumes in-Z. , sous le titre de Lettres d'un Cultivateur Américain. Il est de M. de Crèvecœur , gentilhomme normand , maïs transporté dès Tâge de seize ans en Amérique, et pour ainsi dire naturalisé Anglais : aussi son livre a-t*il été d'abord composé dans cette langue. On voit qu'il a écrit à différentes époques pendant la dernière guerre quia produit la révolution. M. de Crèvecœur, propriétaire d'une habitation sur les frontières , fut une des premières victimes de la guerre. Tout ce qu'il possédait fut détruit et incendié par les sauvages alliés de l'An* gleterre. Il vint en France et y traduisit son propre ouvrage; mais comme le français lui était devenu moins familier, il a laissé dans sa traduction beaucoup d'incorrections et d'anglicismes. Cependant comme il n'y a pas dans so:2. stvJiî la plus légère trace d'affer*^-

tîon , de recherche , nî de déclamation , l'air un peu étranger et le goût de terroir qui se fait sentir dans sa manière d^écrire , ne lui nuit point du tout, et ajouté même encore à la vérité de son expression. Rempli de toutes les idées qui ont dû fermenter dans une tête américaine , au moment de cette grande Sfcission , frappé vivement , tantôt de l'horreur des ravages où sa patrie est livrée, tantôt de l'enthousiasme d'une liberté naissante et des vastes espérances d'un monde nouveau qui prend une existfence nouvelle , il communique aux lecteurs toutes les impressions qu'il éprouve , et qui paraissent vraies et profondes. Il ne peint que ce qu'il a vtt , il n'exprime que ce qu'il a senti ; il revient trèssouvent sur les mêmes idées ; mais elles sont si attachantes et si importantes qu'on y revient sans peine avec lui. C'est toujours le sentiment des droits naturels de l'homme , tel qu'il devait être gravé dans l'ame d'un cultivateur américain, l'être le plus libre peut - être qui fût sur la surface du globe , jusqu'au moment où les Anglais ont voulu les asservir. C*est aussi le tableau continuel des travaux, des jouissances et des richesses cliampêtres, des vertus républi- '

sSo CORRESPOIirBÀirCS

caînes^et du bonheur domestique. Voilà ce qui donne tant d'intérêt à la description détaillée de chacune des provinces qui composent aujourd'hui ce qu'on appelle les Etats^ Unis. L'auteur les fait connaître parfaitement:

culture , commerce , gouvernement , usages, police des villes , mœurs des campagnes ^ manufactures , navigation , tout est fidèlement représenté. La partie de son ouvrage qui traite des nations sauvages , n'est pas la moins curieuse. On peut en juger par

* L^Amérique septentrionale était peut-être le seul

pays du globe qui , à Pépoque du dix«huitième siècle y

fût naturellement républicain , quand tout ce qui en

portait le nom ne Pétait déjà plus. C'est pourtant ia

révolution d'Amérique qui par une conséquence /a-

verse, fruit de Tignorance et de Pirréflexion , a fait

croire qu'une grande puissance continentale d'Europe

pouvait être démocratisée. Q,u'e8t - il arrivé ? Cette

nouvelle république a détruit toutes celles de l'Europe

( Raguse exceptée , ) et probablement sans retour ^

car leur dissolution était mûre , hors une seulis

qui n'a cessé d'être libre que par sa faute et qui peut

le redevenir. Ainsi le résultat d'une révolution qui

devait municipaliser la terre et répuhlicaniser le genre

Aumain , a été précisément Vinverse de totit ce qu'elle

ennonçaît. Que de réflexions ! . • * . à Phistoire j^ i l'bistoire^

l'esquisse qu'il nou$ donne de respèceM'éloquence propre à ces hommes qui entourés d'établissemens européens, ont à- peu- près conservé leur originalité et leur énergie.

Cette esquisse est le discours prononcé par un sauvage , en réponse à la proposition qu'avait faite uli chef des Chéraquis , de demander au congrès des leçons d'agriculture et do civilisation*

La mort de Tabbé Arnaud , qui a suivi de près celle de M. de Pompignan , a laissé deux places vacantes à l'académie française.

La première vient d'être donnée à l'abbé Maury j l'autre paraît destinée à M. Target , le plus célèbre avocat du barreau.

Voici de jolis vers que M. de Fontanes a adressés à l'autçur de Galathée^et la réponse du chevalier de Florian,

Je Pal lii ce roman que Pamour t^a dicté.

Le sentiment toujours s'y joint à la finesse ^

£n conservant la vérité y

Ton goût rapproche avec adresse

L'esprit et la naïveté.

J'adopte avec transport tes douces réyerîes.

Si j'embrassais pourtant l'heureux sort des pasteurs^ Je n'irais point du Tage habiter les prairies :

âSa COKRlSFOlTBÀirCE

Ses troupeaux sont nombreux, ses rives sont fleuries; Mais les tigres * sacrés quVn nomme inquisiteurs ,

Sont trop voisins des bergeries.

Ah ! pour vivre en bergers , pour aimer le hameau , Aux champs Helvëtiens ^* choisissons un asyle. La Gessner ton rival sut d'un charme nouveau

Parer la muse de Pidyiie.

C'est là que loin des grands , des prêtres et des rois^

Sur une montagne écartée ,

Nous pourrons trouver quelquefois

lû^% Nisida ^ des Galathée.

\ Près d'elle chaque jour les airs les plu^ touchai»

Retentiront sur ta musette ;' Je suspendrai les miens , et ma voix indiscrète

N'osera défier tes chants.

La sensible bergère ornera ta houlette D'un nœud de son corset , et d'une fleur des champs. Ce présent de l'amour ^ ce doux prix de la lyre

Ne te sera point envié ; Comme ton Fabian ^ près de toi )e n'aspire

Qu^à l'humble prix de l'amitié.

* Ces tigttâ , qu^assurémenr personne n^a moins excusés ^ moi 9 avaient déjà les griffes rognées de fort près en Espagne et en Portugal , et Tinquisition d^Italie n'avait plus d*yeux ni tToreilles : c'est un pape qui le faisait dire à Voltaire , et qui disait vrai.

** Oui , vas-y aujourd'hui , et lis auparavant VEhge des cuui hommes , composé par un rimeur qui se croit un homme , ei q»> dans de plates satyres se fait le t:enseur des moeurs» comme bien d'autres, après arbîr été le panégyriste du crime»

/ Réponse de Galathée à M. ds Fontjnss.

Le curé de notre village Nous répète souvent qu'une bergère sage Me doit point écouter les discours enchanteurs

De cçs beaux galans de la ville.

ce Ce langage leur est facile , Dit-il ; « gardez-TOUs bien de tous ces séducteurs ;- » Le doux parler , Pesprit , les manières gentilles | i» Dieu Içur a tout donné pour attraper les filles. » l*i[otre curé dit vrai : vous me le prouvez bien. Vos vers seront toujours gravés dans ma mémoire \

Mais jamais je ne croirai rien

De ce qu'ils disent à ma gloire.

Paimerais à vous voir Habitant de nos bois \

Mais je craindrais que ma musette Ne pûtaccompagnef votre brillante voix.

Mon père dit que la trompette Célèbre dans vos mains les héros et les rois ,

Et que votre Muse savante ^

En expliquant d'utiles vérités j Embellit la raison , et toujours triomphante | Prouve cj^e tout est bien, du moins quand vous chantez* La campagne pour vous ne serait que stérile : Le laurier n'y vient point : vous devez vivre ailleurs. Nous vous applaudicons de notre obscur asyle ^

^ quand nous irons à U ville , Je vQus apporterai des couronnes de fleurs.

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