‹ Correspondance littéraireChapitre 5 sur 47 · LETTRE CLXXIV · texte numérisé non relu

LETTRE CLXXIV

Dans la disette des nouveautés qui se fait sentir ordinairement dans le temps dès vacances, je me vois obligé de recourir à mon porte-feuille. J'en tirerai aujourd'hui un épisode d*un poëme commencé Tannée dernière , et qui a pour titre Les Fem!mbs.

L'exorde suffira pour vous donner une idée du plan et de la division.

VovB par qui des mortels s^embellît rexUtence^ Vous chef-d'œuvre d'un Dieu , présent de sa clémence ^ Quand il voulut, aux yeux du premier des humains ^ Enchanter Tunlvers qui sortait de ses mains ^ O Femmes ! , • . ce nom seul si touchant et si tendre | Que sans émotîôn le cœur ne peut entendre ^ Comprend tous les appas , réunit tous les droits* Ah ! si jusqu^à ce jour j'ai vécu sous vos loixy Prêtez à mes accens ce charme inexprimable Qui fonde votre empire , et qui ie rend aimable* Donnez au chantre heureux par vous assujetti ^ Le talent d'exprimer tout ce qu'il a senti.

J'ai passé les.momens de la première ivresse « La saison qui succède à l'ardente jeunesse , N'affranchit point mon cœur d'un joug quM veut porter} Je sais aimer encore, et j'ose tous chanter.

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Ma Muse à vos attraits destinant cet hommage ^ l^réluda dès long-tems à son plus cher ouvrage y Et promit à tos pieds de célébrer un jour, La Beauté 9 les Talions '^ les Ve&tus et l^âmouk«

Ce qui peut paraître singulier, c'est que j^ai commencé par le second chant'*'; mais j'étais sûr de mes matériaux pour les trois autres ; nos idées nous dominent, malgré nous , et j'avais la tête remplie des talens bien plus que de la beauté , parce que l'un des deux objets est bien moins usé que l'autre. Vous en jugerez par cette fiction que j'ai imaginée pour faire sentir le pouvoir que les talens donnent à la beauté, et le charme qu'ils ajoutent à Pamour. Je crois tout ee morceau absolument neuf; du moins ne me rappellé-je

* C'est aussi le seul qui ait été achevé : d'autres occupations vinreiit à la traverse. Le théâtre français long-temps ohstrué devenait à cette époque (1781) un'peu plus accessible, et l'auteur donna de suite et en peu d'années , Jeanne de NapUs , Bhilociète, Coriolan y Virginie ^ etc. Vint ensuite le Lycée qui absorba toute son attention et tout son temps , et enfin la révolution qui ne laissait plus de place aux lettres. Aujourd'hui son âge et ses principes ne lui permettent plus de songer à un poëme de ce genre ^ et il n'en restera que les fragmens que l'on trouve ici, '

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