‹ Correspondance littéraireChapitre 6 sur 47 · I.XTTiRÂI ne. Ip · texte numérisé non relu

I.XTTiRÂI ne. Ip

pas d'en avoir rreirvu nulle part; et vous savez que ce que j'évite le plus en tout genre, c'est de rentrer dans ce qui a ëté fait.

ÂboNi$. autrefois hrùU pour Cythënée*

Du plus beau des Lumain« Vénus idolâtrée

Brûll pbur Adonis ) et sans peine à ses YPi\^

Le mortel qu'elle aifuait eifa^a tous les dieux.

Que leurs jours étaient doux ! Cependant la déesse

Se plaignait en secret (amour se plaiut sans cesse ) ^

Que souvent pour la chasse un goût trop séducteur

Arrachât de ses brais son jeune adorateur.

Quoi ! Diane et ses jeujt ont-ils làut de puissance

Qu'ils coudamnint Venus aux ennuis de l'absence !

Tel est l'homme \ ii s'agit'e en ses igoûts inconstans ^

£t du même bonheur n'est pas heureux' lOiig-tems }

11 p«rte en ses plais r& sa vague inquiétude.

Les femmes dont l'amour est la plus douce étude ^

Satisfaites *dc plaire ^ heureuses de chatmer y

Pour remplir leurs momens n'ont besoin qUe d'aimer.

Vénus sur-tout, Vénus n'eu connaissuit point d'autre*

Cœurs tendres, cœurs aimans, sa plainte était la vôtre.

» Où va-t-il? loin de moi pUul-il se plaire, hélas !

Il est donc des plaisirs qu'il ne me devra pas j

D'autres plaisirs pour lui que ceux de la tendresse !

Il va dans les forets oublier sa maîtresse y

Me laisse pour seul bien l'attente du retour,

£t les purs à son gré sont trop longs pour l'/imour ! »

Cest ainsi qu'à son iîls s'expliquait sa tristesse ^ Non pas à son ajuant 3 non^ sa délicatesse

ao co&aEspoKDAKcs

Craignait de lui déplaire ^ gépiu»! ses désirs*

Ah. ! qu^au plus .teindre amant on cache de soupirs !

Que ces chagrins secrets y ces mystères de Pâme

Souvent ne sont connus que du cœur d^une femme !

ce Consultez ( dit TAmour '■ TOtrê frère Apollon»

Souvent on tous fêta dans le sacré vallon f

Pour vou^-j'ai des neuf Sœurs souvent monté la lyrt ^

£t leur voix s^embellit en chantant votre empire.

Elle pourra calmer votre esprit agité.

Allez , le dieu des arts doit servir la beauté. »

Il dit y et sur un char Cypris s^est élancée.

Déjà près de son sein Péristère * est placée ^

£t ses cygnes divins au joug accoutumés |

L^eulèveut mollement dans les airs parfumés.

Le char baisse et descend ; la déité s^avance.

L^Hélicon de Véni^s ressentit la présence f

Il retentit alors de concerts plus touchons ;

Euterpe modula de plus aimables chants.

Su clavier des neuf Sqeurs les Grâces s^approchèrent^

Ht sur les harpes d^or les amours se placèrent.

Apollon de sa cour étala les trésors.

Ses sujets empressés ^ variant leurs efforts ^

Offraient à la beauté les fêtes du génie ^

Terpsichore dansa les airs de Poiymnie }

Et Cypris edi goûté de si rians loisirs ^

Si L'amour qui se plaint goûtait quelques plaisirs*

Phœbus de ses chagrins reçut la confi/dence.

et Vous voyez, lui dit-il^ le chant , les vers, la danse ^

^ La colombe fayorite de Vénus.

L I T T É R A I A i, * / it'

La douce illusion qui nott vous les pln'ée&tix, ' La flôte qu'on entend éoas Tombre des béh^eàux i Tous les arts égayant ces rives fortunées y

Défendent à Teuntii d^obscuircir noB journées.

Agréez nos le^on^, et sacliez-ën user.

Quand Pamour e^t lieureusfc , il le faut amuser |

li faut que vôtre sexe ait tous les dons de pkiro.' '

L'amour en est la source', il eit est le'èàMrey

tl fit nattre les arts j et c^ést pour le servir. '^

Il n^est point de talent qui ne donne utt plaisir*

Faites-les à ce titre -entrer dans vo^trè empire ^ ^

£t laissant Adonis au penchant qui Talitlre ,

Vous cependant' veîiez apprendre en nos vallons

L'art d'embelHr les jours ^ de les rendremoins longs.

L'étude auprès de nous vous semblera facile } '\

Votre cœur nous promet une éiôve docile ;

£t si de vos travaux vous pouviez vous lasser ^

Songes que votre amaot doit les récompenser, a»

Vénus crut ses avift, et le prit pour son guide* Apprendre , c'est jouir : le progrès fut rapide. Cbaque inâtant fut i^mpli, chaque instant Ia formait: C'était une déesse ^ et la déesse aimait*

Un jour qu'au bruit diLcer qui dans les bols- l'appelle ^ L*impétueux chasseur est prêt à fuir loin d^elie j Elle l'arrête , et l'œil ùxé sur son amant :

s Avant de me quitter écoutez un moment.

Permettez qu'aujourd'hui des mains encor novices De leurs talens nouveaux vous offrent les prémicea. Venez d^ns ce sallon par les Muses orné. »

£lle entre ^ et sur ses pas Adonis entraîné |

Voit entr&^es ^genoux une harpe placée ^ . .

Sous ses pieds délicats U pjédale est.presséa.

Sa main çur Tinstrument qu* Apollon lui rendît |^

Interroge en courant la cordée qwi frémi (.

Combien d'eflels divers quç.le. talent nuance !

Du chantre ailjé des bois la brillante cadence »

La joie, et ses^éclats^ Iç desjc etsça feux ^

La plainte prolonge çn^. a Qçen$d.ou Ion reux^ .

Le reproche gro^jdc^nt.suç la cordç serrée , .

Et le covirrouf g.yi nieurt sur la cçrdc çfileuréç |^

£t la mél|Lncolie en son tendre chagrin «

Se reposant, tp^i ours si^r le même refreiu.

Pas un^çoi» n^eçt perdu pour Toreiile ou pour Tan^çw

L^ef(e( qu^çlle, produit elle-même l'enflamme \

Son ame toute en.tière a passé sous ses doigts ;

£lle charme ) attendrit^ ou surprend à son choix i

£lle peint dan^ ses yeux ce que les sons expriment i

3a tête est élevée, et ses regards s'animent \

Et Pheureux Adonis éperdu | transporté ,

Crut voir en ce> moment unç autre délié*

C'est alors qu^aux accens de sa harpe sonore ,^ Accordant de sa voix les sons plus beaux encore ^ Elle chanta ces vers qii'ïiuterpe avait' notés : L'Amour qui les retint me les a répétés.

« Plaire à celui que j'arme es^ ma seule victoire ^ Et mes talens pour lui sont de nouveaux tributs. Je les ai cultivés sans prétendre à la gloire ^ J'ai cherché pour l'amour un langage de plus. Vous aimez mes accens ; leur charme s'en augmente | Mais l'art n'enseigne pas le plus tendre de tous.

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