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Cet accent si chéri sort da cœur d'une amante ; Vous le reconnaisses quand je chante pour tous. 9
Ah! que la Yoîx qu'on aime est douce | enchanteresse ^ Adonis !... il s'élance aux pieds de sa maltresse, ce £h ! quoi ! vous me cachiez des dons si précieux ! Ces accords réservés pour l'oreille des dieux ^ Dont le secret n'est su que des neuf immortelles. •• —J'ai voulu pour TOUS seul m'en instruire auprès d'elles; Vous Toyez leur élève et celle de l'amour.
Dans les bois , loin de moi ^ quand vous passiez le jour^ Cette étude occupait mon loisir solitaire.
Vous alliez m'oiiblier 9 je songeais à vous plaire. Mais connaissez encor des travaux plus cKéris j Qui de Tos seuls regards attendent tout leur prix. » ' Il marche sur* ses pas Ters un secret asyle Qu'éclaire un demi-jour plus pur et plus tranquille. Ses traits autour de lui cent fois sont répétés ; Quelques légers essais au hasard sont jetés \ Ues dessins j des pastels 9 esquisses imparfaites y Des crayons y des couleurs qu'attendaient les palettes* L'art par- tout se présente à ses regards surpris ; Il se revoit par-tout 9 les pinceaux de Cypris Racontaient à ses yeux leur amoureuse histoire. Là Vénus lui cédait la première victoire | Là goûtant le repos qui succède au désir ^ ^ U dormait dans ses bras accablé de plaisir. Plus loin le badinage, et la tendre folie , Et la beauté qui fuit pour être poursuivie ^ Le caprice attirant ^ les refus ^ le retoux ,. Et ces jeux et ces riens qui sont tout pour l'amour*
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Adonis ) VœA en feu, dévorait ces images.
« De votre main ( dit-il) ce sont-là les ouvrages? »— » Dites ceux de mon cœur : lui seul dans ces portraits^ Quand vous éties absent , a rassemblé vos traits. Pour les rendre ^ ma maiu n^eut pas besoin d'adresse } Je peignais mon amant dea^yeux de ma tendresse ; £t quand je dessinais l'objet de tant d'ardeur ^ Mon cœur sous mes crayons retrouvait son bonbeur. — a £t TOUS m'ave2 privé de ce plaisir .extrême De suivre vos travaux ^ de voir la main que j'aime fijevenir sur mes traits sans cesse retouchés | Enfin de voir vos yeux sur les miens attachés. Que vous avais*je fait? Pourquoi? par queile.injure?..* •— x> Vous chassiez» — C'en est fait | et désormais j'abjure Des plaisirs qu'Adonis a trop long-tems cherchés y £t que i»i tendrement l'amour-m'a* reprochés. En est-il où sans vous je trouve encor des charmes ? Les dieux me puniraient si je causais vos larmes. 3» O présage trop vrai ! fataL pressentiment I Adoni une fo>8 oublia son serment , Hélas ! et terrassé par un monstre sauvage. •• Mais loin ^ loin de mes vers cette sanglante image. Le tableau du bonheur et de là volupté l^e d«lt point «e noircir du deuil de la beauté. Ah !. plutôt revoyes auprès de Cytkérée y Heureux pax les talens d'une amante adorée ^ Adonis éprouver un nouveau sentiment , Retrouver dans l'amour un autre enchantement. Tel est donc des beaux arts cet empire surpréme | Qu'ils embellissent tout ^ Vénus et l'Amour même !
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Voici une peinture d'un autre genre , et *-
tout* à-fait morale , où j*ai voulu représenter ce que j'ai vu plus d'une fois, et toujours avec attendrissement ; le début d'une jeune personne bien élevée qui essaye pour la première fois dans un concert de société ses talens pour la musique.
J'ai joui des talens , j'en Ai chéri Puasge.
Quel cœur , s'il n'est ingrat , leur refuse un hommage ?
Quand ils brillent pour nous dans leur* maturité y
Souyenons-nous au moins de ce qu'ils ont coûté.
Tant de perfection est toujours achetée i
Elle est par le trarail long-tems sollicitée.
De ces doigts ai légers d'où naissent tant d'accords y
L'habitude a long-tems assoupli les ressorts.
Le tems seul d'un chant pur peut mûrir la science ^
£t l'étude des arts est pénible à l'enfance.
Avant de se connaître il faut les exercer.
Dès ses plus jeunes ans il faut déjà placer
Au clavier qu'on ignore une main chancelante ^
Dans ses premiers essais incertaine et tremblante f
£t des tristes leçons surmonter les dégoûts*
Courage j enfant ! un jour lo prix en sera doux.
Avec quel intérêt je vois enfin paraître
Ce momrat attendu des parens et du maître ^
Où ce talent àorti de son obscurité ^
Doit éclore au grand jour de la société !
Je vois la jeune élève ^ ingénue ^ innocente ^
Qui commence à soqrire à sa beauté naissante ;
^6 COKES SPOJTDÂlfei
Sft mère } dont Tamoiir Teilla sur ses progrès ^
Et que, flatte déjà Pespoîr de ses attraits*
£Ue approcbe ^ elle tremble ; elle en est plus toncLante;
Son trouble Pembellit : on se tait ^ elle cbante.
Quels cbants jeunes et doux ! tous les cœurs sont cbarm^s^
Et i^pètent tout bas les sons quMle a formes.
Les applaudissemons attestent sa rictoire.
O TOUS tous I voyez-la j confuse de sa gloire |
Qui baissant tin regard timide et satisfait ^
Jouit en rougissant du plaisir qu^elle a fait !
Chiacan rante sa Toix et facile et légère :
Elle ne répond rien et regarde sa mère*
Sa mère de sa joie étouffant les éclats ,
La renferme en son cœujr qui ne la contient pas.
Et moi qu'à tes destins cette fête intéresse 9
Aimable enfant, sais-tu les vœux que je t'adresse ?
Us sont purs comme toi : je puis les prononcer*
Si le ciel les entend , s^il les veut exaucer y
Ces arts dont tu reçois une grâce nouvelle f
Te rendront plus beureuse en te rendant plus belle*
Que jamais de tes jours altérant la douceur y
Un infidèle amant , un époux oppresseur
N'arracbe à cette voix dans les douleurs éteinte ^
Le cri de ^infortune et l'accent de la plainte^
Que tes félicités croissent avec tes ans j
Et que ta mère un jour puisse voir tes enfans j
De leurs premiers succès t'apportant les couronnés ^
Te rendre le bonheur qu'aujourd'hui ta lui d^nes*