I. Diocèse de Bayeiix
COHRESPONDANCE DE LOUIS VKUILLOT. 457
semence est dans la bonne terre, rien ne l'empécliera lie lever. Cela ne fait rien qu'on lue le semeur^ il est même bon qu'on le tue quelquefois. Quelquefois la terre a besoin de cet arrosement, qui la réchauffe. La moisson en sera plus belle. Etienne avait semé, il arrosa. Quel soleil se leva à ses yeux mourants pour lui promettre de beaux épis! Ecce video cœlos apertos^ et Filiiim liominis stantem a dexiris DeL C'est le résultat du premier procès capital qu'ait perdu l'Eglise, et la première victoire qu'elle ait remportée. Ce miracle a été fidèle^ il s'est toujours fait, il se fera toujours. Notre général est là, stantem a dextris Dei. « Ne craignez pas ceux qui ne peuvent tuer que le corps. Ayez confiance, j'ai A^aincu le monde. » Oh! que ces choses sont bonnes à méditer dans les moments de silence foreé^ et qu'elles dépassent de loin tous les triomphes du monde ! En vérité, M. de Moltke ne paraît pas si bon soldat que moi.
Je bavarde ; j'ai le cœur plein de joie. Il me semble que le bon vin du curé de Langrune agit encore., T'ai pourtant depuis un mois écrit plus de deux cents lettres. Adieu^ Monsieur le curé. Dites à votre excellent vicaire que je le salue de tout mon cœur.
Priez pour moi, et laissez-moi espérer que je reviendrai trinquera Langrune.
Votre tout dévoué serviteur et ami,