A M. JACQUES MOUREAU
20 février 1874.
Monsieur,
Je vous remercie bien tard ; mais Tabondance des lettres dictées par la sympathie qui vous a inspiré la vôtre^ m'a empêché de le faire plus tôt. Comme vous le dites, la raison véritable pour laquelle je suis persécuté^ est profondément misérable. C'est une rancune de sectaire, pas autre chose. Elle montre ce que sont les hommes qui prétendent nous donner des lois constitutionnelles^ et ce que peuvent devenir toutes les lois qui seront dans leurs mains. Tant que la France ne sera pas délivrée de ce restant de doctrinaires en tous sens, qui ont menti et qui mentiront à tous, elle ne sortira pas de l'enfer abject où ils l'ont entraînée. 11 nous faut des hommes nouveaux, et qui n'aient pas commis les crimes qu'ils seront chargés de punir. Nous y arriverons cependant; mais il ne faut compter ni le temps ni les peines, et il faut nous confier à Dieu, que nous voulons servir.
Agréez, Monsieur, mes sentiments respectueux et dévoués.
Louis Veuillot.
ccxm