‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 69 sur 133 · A MADAME LA BARONNE M. DE R · texte numérisé non relu

A MADAME LA BARONNE M. DE R

Paris, 2 ( juillet i852.

iNlADA^rE LA BARONNE,

Je VOUS remercie bien vivement de m'avoir fait

1. Mme de R. avait fait envoyer à Louis Veuillot, par M. l'abbé David, une lettre qu'elle avait reçue de Mgr Parisis s<ir le conflit souievé par Mgr Dupanloup.

lire la lettre de Mgr l'évêque d'Arras, et je ne vous suis pas moins reconnaissant de lui avoir donné l'occasion de l'écrire. Mes sentiments pour lui sont aussi puissants que légitimes; je ne pourrai jamais trop les lui témoigner. J'ai eu l'honneur de le voir depuis qu'il nous a si noblement secourus, et je crois que son accueil m'a plus touché encore que sa lettre. C'était le beau spectacle d'un homme de cœur qui se sait «ré d'avoir fait une bonne action. Vous devez, Madame, connaître cette joie-là et mettre souvent vos amis à même de ladmirer.

Puisque vous daignez vous intéresser à nos affaires, vous n'apprendrez pas sans quelque plaisir que nous sommes complètement hors de péril, et même triomphants. Le serpent s'agite encore, mais sans succès. La lettre de l'évêque d'Arras a coupé net cette intrigue: elle ne peut plus se renouer, et tout se termine par un accroissement de force et d'honneur pour l'œuvre que l'on voulait détruire. Hélas! Madame, j'aime bien celte œuvre; mais Dieu m'est témoin que je gémis de la voir grandir par de telles aven tintes, et que je ne voudrais pas en avoir la responsabilité.

Je compte tant sur votre bonté, Madame, que j'ose vous prier de vouloir bien m'excuser auprès de M. David, à qui je ne puis écrire en ce moment. Je suis tout à la fois malade, affairé et très affligé. J'ai eu la gloire terrible de rendre à Dieu, ces jours-ci, un petit ange qu'il m'avait prêté et (ju'il ne m'a laissé que dix mois. Que sa volonté soit faite, et que son saint nom soit toujours béni. Mais quels cruels moments pour le cœur d'un père et d'un époux 1

3kS CORRESPONDANCE DE LOUIS VEUILLOT.

J'ai l'honneur d'être^ avec le plus profond respect, Madame la baronne, votre très humble et très ol)éissant serviteur,

Louis Veuillot.

CXLVIT

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