‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 81 sur 133 · A M. L'ABBÉ POMMIER · texte numérisé non relu

A M. L'ABBÉ POMMIER

Plombières, a5 juin 1866.

Oui, Monsieur le vicaire, je me souviens de « l'effronterie » de la tabatière de Saint-Claude, qui m'a fait grand plaisir. Non, Monsieur le curé, je n'ai pas

I. Voici sur cette lettre une note de M. Tabbé Pommier : « J'étais curé et je venais de lire Clllusîon libérale. Un docteur en théologie, avec qui je m'entretenais de cet ouvrage, prétendait qu'il était exagéré, et qu'à cause de cela il ne portait pas. Je voulus soumettre ce jugement à l'auteur; et évoquant, pour entrer en matière, le souvenir de 1:1 tabatière (offerte en 1862, lettre CLXIII), je lui demandai si vraiment il avait exagéré les choses. »

chargé le portrait général du catholique libéral. Sans doute^ tous ne parlent pas ainsi^ et même tous ne savent pas et ne veulent pas penser ainsi^ mais tous y vont^ et peu sont de force à s'arrêter sur le chemin. Si j'avais fait une galerie, j'aurais marqué les physionomies diverses; mais à quoi bon? On juge l'arbre à ses fruits, et la doctrine à ses conclusions. La conclusion libérale est la rupture. Les négociations n'y font rien^ et témoignent seulement^ lorsqu'elles sont sincères, que la foi n'est pas morte et que l'espoir n'est pas perdu. Ce mélange de foi et de révolte ou de désobéissance est ce qui constitue le sectaire. 11 ne dit pas tout ce qu'il pense^ et parfois ne fait pas tout ce qu'il dit, mais il fait voir où il va. Je ne sais si le Correspondant s'est reconnu. Il a gardé le silence. Je crois qu'il eût réclamé, s'il l'avait pu faire sans se rétracter ou sans se compromettre. Quant aux docteurs en théologie qui disent que l'écrit ne porte pas, cela dépend des docteurs et de la théologie : à Rome, on a trouvé que la chose portait.

Je suis quasi malade à Plombières, et je ne peux guère vous écrire plus longuement. Cette lettre même est lourde pour un homme aussi mouillé que je le suis en ce moment. Mais vous avez porté aucœur^ et je réponds. Croyez que je suis bien touché et bien fier de vos sympathies.

Votre très respectueux serviteur^

Louis Veuitj.ot.

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