A M. HENRI PARROT
Epoisses, le 19 décembre 1866,
Mon cher Henri, Pardonne-moi de le répondre si tard. J'en ai gémi véritablement^ en pensant que mon silence pouvait te donner quelques doutes sur ma vieille amitié. Mais le livre que je viens de publier m'a entraîné dans un torrent de correspondances et de travaux^ dont je n'ai pu encore me dégager après un mois. J'ai fui à la campagne^ dans l'espoir d'y trouver un peu de loisir; je n'ai pu éviter que les visites^ et encore ! les lettres et les journaux m'ont suivi. J'en aurais eu raison en été; mes yeux se laissent terrasser en hiver, car je ne peux ni lire ni écrire à la chandelle. Où est le temps où nne chandelle et moi nous passions la nuit en si bon accord? Enfin, mon vieux, me voici, et, tu n'en doutes pas, toujours le même quant au fond. Je n'ai rien oublié, rien n'est fané, et la Couture^ n'est nullement à trente ans de moi. J'ai amèrement regretté d'avoir perdu ta dernière visite. Si tu m'avais laissé ton adresse, tu aurais trouvé mon nom ou ma personne en rentrant au logis.
1. Cette lettre a été publiée par V Écho de la Dordor^ne. M. Parrot est l'ami de Pérlgueux dont il est plusieurs fois parlé dans les lettres de i838.