‹ CorrespondanceChapitre 82 sur 96 · M É MENT · texte numérisé non relu

M É MENT

Vous nous avez gratifiés d'un Nadar1. En voici la réciproque. Ce grand diable de Nadar m'a fait demander mon visage, pour le mettre dans une galerie des hommes illustres où il y a déjà Roger de Beauvoir et Pelletan (!). Je ne pouvais pas refuser, et voici ce qui en est résulté. Je trouve cela bien gentil. Il y en a un grand, que je n'ai pas vu encore, et qui doit passer aux races futures. Vous saurez, Madame, que Nadar partage les sympathies que vous voulez bien éprouver pour mon talent. Il m'a dit qu'il ne voyait en ce temps-ci dans les lettres que trois hommes : George Sand, un ; Proudhon, deux', Veuillot, trois. Je suis le culot, mais c'est tout de même flatteur. Penser que j'ai entendu cela, et que je n'ai pas crevé, et que je me laisse encore tutoyer par Elise ! Il faut que je sois cerclé d'humilité.

Adieu, très chère amie. Je retourne au Parfum de Rome. Priez pour moi, et faites mes compliments au seigneur de Livet. J'embrasse le Livetin et les Livelines, et je fais des vœux pour le futur, qui doit commencer à frapper à la porte. Pauvres petits enfants qui viennent en ce monde à une époque où les montagnes danseront ! mais le baptême est une cuirasse.

Frère Louis.

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