‹ CorrespondanceChapitre 87 sur 96 · LXXIV · texte numérisé non relu

LXXIV

C'est pour ce soir : les billets sont pris. Ils sentent terriblement la feuille de petun. Espérons qu'il n'y aura pas d'infection supérieure à celle-là. En tous cas, celle-là ne peut manquer. Dites-vous bien que vos habits seront imprégnés pendant plusieurs jours de ce parfum de vieille pipe, et mettez, s'il vous plaît, ce que vous avez de moins beau et de moins voyant. Si vous pouviez laisser vos yeux à la maison, ce serait merveille. Il n'y a pas moyen. Puissent au moins les pipes vomir assez de fumée pour voiler ces étoiles qui trahiront l'ange déguisé ! A Thérésa, et en carême ! Grand Dieu , à quoi votre servante Olga m'at-elle réduit ! Saint Paul voulait être anathème pour ses frères ; pour ma sœur Olga, il faut consentir d'être enfumé, et enchansonné. Nous ferons tout de même une jolie figure dans cet endroitlà, vous bâtisseuse d'église, et moi sacristain ! Un vieux chapeau, s'il vous plait; une toute petite queue, et, en fait de ballon2, seulement le strict nécessaire. Ayons l'air de deux bonnes gens qui

1. Louis Veuillot, s'occupant, en 1864, de réunir des notes pour ses Odeurs de Paris, était obligé de faire certaines études sur le vif. Cette lettre nous le montre allant entendre Thérésa, qui lui a inspiré, à propos des cafés-concerts, l'une des plus fortes pages de ce livre. Et pourtant, les cafés-concerts de ce temps-là étaient honnêtes, en comparaison de ceux d à-présent!

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