ORDRE
Sa Majesté est mécontente de la manière dont se fait le service des troupes légères de cavalerie.
Le général Gobrecht, commandant les troupes légères du 1" corps, était en position sur les flancs de l'armée sans grand'garde et tous les chevaux débridés. Les lois militaires rendent une pareille négligence passible de la peine de mort.
Sa Majesté a surpris un brigadier de la Garde qui, étant placé en grand'garde près de Pirna, avait ses chevaux débridés. Sa Majesté ordonne que ce brigadier soit cassé.
Le général de brigade Bruno, en reconnaissance
24 CORRESPOXDAXCE MILITAIRE [1813]
arec 150 chevaux xiestplialiens, au lieu de bivouaquer, de changer tous les soirs d'emplacement, de ne jamais passer la nuit dans un lieu où on a pu l'observer au coucher du soleil , de n'entrer que le jour dans les villes et dans les villages, s'étant simplement cantonné dans Freyberg, ayant placé ses chevaux dans les écuries, y a été surpris par 400 Autrichiens. Sa Majesté ordonne que le général Bruno soit suspendu, et que sa conduite soit renvoyée à une commission d'enquête.
Tout officier et sous-officier qui, étant de grand' garde , négligera les précautions prescrites par les règlements militaires; tout commandant, quel qu'il soit, de troupes légères envoyées en reconnaissance ou détachées sans infanterie, en camp volant, qui négligera de prendre lesdites précautions- tout général de cavalerie qui, flanquant la position de l'armée , négligera de placer ses grand'gardes et l'exécution des règlements militaires, et exposera Tarmée à une surprise de l'ennemi, sera traduit par-devant une commission militaire et condamné à mort.
D'après l'original. Dépôt de la guerre.
^1813] DE XAPOLÉOM I«. 25
1550. — OCSERVATIO.VS SUR L'I.VSIFFIS.AXCE DES RATIOXS ALLOUÉES AUX TROUPES.
AU COMTE DARU , DIRECTEUR DE l'aD.MIXISTRATIOX DE I.A GRANDE ARMÉE, A DRESDE.
Hartau, 23 septembre 1813.
Monsieur le Comte Daru, l'armée n'est point nourrie. Ce serait une illusion que de voir autrement. Vingt-quatre onces de pain, une once de riz et huit onces de viande sont insuffisantes pour le soldat. Les règlements de tous les temps accordaient au soldat en guerre vingt-huit onces de pain, et cela n'était même regardé comme suffisant qu'en y ajoutant les légumes et les [ ommes de terre qu'il pouvait se procurer dans le pays. Aujourd'hui vous ne donnez que huit onces de pain, trois onces de riz et huit onces de viande. Le soldat vit mal et ne vit qu'au moyen de la grande consommation de viande qu'il fait. Si on continuait donc à ne donner que huit onces de pain , il en résulterait, l' que le soldat dépérirait; 2° qu'il consommerait une énorme quantité de viande, soit en la prenant dans le pays, soit en la prenant dans les parcs de l'armée. Aucune discipline et aucune surveillance ne pourront empêcher le soldat d'ahattre des bœufs autant qu'il en trouvera, et cependant la viande nous man-
quera plutôt que le pain. Le riz était nécessaire à distribuer dans le temps de la chaleur, mais sa distribution est inutile aujourd'hui. Les trois onces de riz qu'on donne aujourd'hui pourraient être supprimées si on donnait vingt-quatre onces de pain, et les pommes de terre et les légumes que les soldats se procurent en tiendraient lieu. Ces trois onces, le riz nous coûtant 70 francs le quintal, reviennent à trois sous environ, qu'il faut payer argent comptant, et sans qu'on puisse espérer aucune diminution, le riz étant une denrée étrangère au pays; or, comme ces trois onces ne représentent que douze onces de pain ou une demi-ration, il s'ensuivrait que la ration entière reviendrait à six sous, tandis que le blé est une denrée du pays et qu'on n'a besoin de payer qu'en partie. Il serait donc convenable de réduire la distribution de riz à une once seulement. Une once de riz et vingt-quatre onces de pain formeraient une très-bonne ration; une once de riz représenterait les quatre onces de pain qui manquent pour aller de vingt-quatre à vingt-huit. Les pommes de terre et légumes trouvés par le soldat dans le pays équivaudraient aux deux onces de légumes qu'on doit lui donner.
Pour assurer la s'jbsistance de l'armée pendant cent jours, il faut compter 300,000 rations par jour. Cela ferait 30 millions de rations ou 800,000 quintaux de farine, dont il faudrait la moitié , c'est-
[1813: DE XAPOLÉOX 1«'. 27
à-dire 150,000 quintaux , à Dresde, et l'autre moitié à Magdebourg, Erfurt, Leipzig, Torgau , Wittenberg et sur la ligne d'étapes. Il faudrait donc, à escompte, 1,500 quintaux de farine par jour à Dresde. Quant aux 150,000 quintaux à avoir à Magdehourg, Erfurt, Leipzig, etc., comme ils existent en partie à Hambourg , et qu'il s'agit d'un grand nombre de points différents, cela ne peut pas inquiéter; la seule difficulté est de réunir sur le seul point de Dresde 1,500 quintaux par jour ; il n'y aurait de moyen de se les procurer que par les bailliages. Sur les 150,000 quintaux nécessaires, tous en avez 20,000 assurés par le marché de Leipzig, vous en avez déjà 10,000 en réserve à Dresde , le pays doit en fournir 120,000; et vous pourrez en tirer 50,000 de Leipzig et d'Erfurt, à raison de 500 par jour. Tout cela est fondé sur le principe d'une libre circulation sur les derrières, ce qui , sauf quelque accident, va avoir lieu. Pour faciliter Tadministration, on pourrait donner les vingt-quatre onces en seize onces de pain ou de farine et huit onces de blé en grains. Par exemple, la Garde, qui à elle seule prend 50,000 rations, recevrait seize onces de farine et huit onces en grains que son administration ferait moudre. Le V et le 14* corps, qui occupent beaucoup de villages qui ont des moulius, recevraient également lei-rs huit onces en grains. Ainsi le P' corps, qui a
18,000 rationnaires, ne recevant que seize onces de pain, aurait 12,000 rations de pain et 6,000 rations de grains, qui ne font que 60 quintaux de farine, ce qui ne demande que peu de moulins. Ce corps, qui occupe le plateau de Pirna et plusieurs grands villages , ne manquera pas de moyens de faire moudre cela. 11 reste aussi encore des moulins portatifs dont on pourra se servir. Il faudra donc se procurer une certaine partie de nos approvisionnements en grains. Le 3^ , le 5' et le 1 1" corps n'ont pas eu de riz depuis cinq jours; leurs soldats sont donc réduits à huit onces de pain. Je voudrais donner Tordre que tous les corps eussent la ration de vingt-quatre onces de pain et une once de riz. Ceux qui tireraient leurs vivres des magasins de Dresde , savoir le 1", le 14% le 3% le 5' et le 1 P et la Garde , auraient, sur leurs vingt-quatre onces, seize onces en pain ou farine et huit onces en grains , qu'ils feraient moudre avec les ressources de leurs cantonnements, La Garde, qui a 50,000 rationnaires, prendrait donc 17,000 rations de grains, qu'elle serait chargée de moudre. A cet effet, elle aurait un établissement hors de Dresde , à Xossen, par exemple ; cet établissement est d'ailleurs nécessaire pour tous ses équipages et ses dépôts qui ne pourraient pas être à Dresde et ont besoin de s'éloigner de la ville pour se nourrir. Dresde fournirait par jour la valeur de 180,000
(1813) DE NAPOLÉOM I«r. 29
rations; 120,000 seraient donc en farine et 60,000 en grains. Cela exigerait 1,300 quintaux de farine et 700 de grains par jour. Pour le riz , il en faudrait 100 quintaux. Sur les 1 ,300 quintaux de farine, on pourrait en avoir 300 au moyen des ressources de la ville , et les 1,000 autres seraient envoyés d'Erfurt et de Leipzig et fournis par les bailliages.
Les 120,000 rations de farine seraient distribuées à peu près comme il suit : à la Garde, 40,000; à la garnison , aux dépôts , etc., 15,000; aux 5", IP et 3* corps, 40,000; au 1" corps, 10,000; au 14' corps, 15,000; total , 120,000.
Les 60,000 rations de grains seraient distribuées ainsi: à la Garde, 20,000; aux dépôts , 7,000; aux 5% IPet 3« corps, 20,000; au 1" corps, 5,000; au 14* corps , 8,000 ; total , 60,000.
Faites-moi un rapport sur tous les objets de cette lettre.
Napoléox.
D'après la copie comm. par M. le comte Daru.
1551. — REFUS m DISSÉMIXER SUR LES DERRIÈRES DE L'ARMÉE DES GARXISOXS DAXS LES VILLES. — IXTEXTIOX DE SUPPLÉER AU SYSTÈME DES GAR- NISOXS PAR LE SYSTÈME DES GOLOXiXES MOBILES.
AU PRINCE DE NEUCHATEL ET DE WAGRAM , MAJOR GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE, A DRESDE.
Dresde, 25 septembre 1813.
Mon Cousin , écrivez au duc de Padoue que je reçois ses lettres des 23 et 24; que sa proposition d'occuper Halle, Weissenfels , Merseburg etXaumburg n'est pas raisonnable; qu'en supposant qu'on ne mît que 1,500 hommes de garnison et quatre pièces de canon dans chacune de ces places, ce seraient 6,000 hommes et seize pièces de canon inutiles, et qui ne feraient rien pour nos convois, puisque l'ennemi irait les attaquer à deux ou trois lieues de la ville ; qu'il faut occuper seulement Merseburg , y nommer un commandant et un officier du génie, et s'aitacher à armer sur-le-champ cette place de manière que 1,500 hommes puissent la uc^'eiidre un mois contre une armée ; qu'il faut ensuite occuper Halle, Weissenfels et Naumburg par des colonnes mobiles d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie. Mou intention est d'abandonner le sys-
[I8l3j DE XAPOLÉOX I»». 31
tème des garnisons, de n'en avoir qu'à Leipzig, et d'y suppléer par le système des colonnes mobiles, qui se comiiineront en raison de l'importance des passages; il faut écrire dans ce sens au prince de la Moskowa , au général Lefehvre-Desnoëttes et au général d'Alton; que l'avantage de ces colonnes est qu'elles poursuivront la guerre offensive contre l'ennemi, qu'elles se trouveront à Halle, à Weissenfels, à Xaumburg, selon que le passage l'exigera, et que le lendemain elles seront sur des points tout différents; que c'est le seul moyen de purger le pays et d'assurer la liberté des communications.
Xapoléox.
D'après l'original. Dépôt de la guerre.
1552 — ORDRES POUR APPROVISIOWER EX BOIS LES PLACES FORTES LMPORTAXTES DE L'EMPIRE.
AU GÉNÉRAL CLARKE , DUC UE FELTRE , MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS
Dresde, '21 septembre 1813.
J'ai reçu votre lettre du 19 septembre sur Alexandrie.
J'approuve qu'on masse l'ancienne enceinte en terre, qu'on termine les couronnes, qu'on con^plète l'armeinent. Il est indispensable que vous ayez au
32 CORRESPOXDAXCE MILITAIRE [1813J
moins quatre compagnies d'artillerie à Alexandrie. Mon intention est que vous vous concertiez sur-lechamp avec le ministre des finances, pour que dans les forêts, soit impériales, soit communales, situées le long du Pô et du Tessin, on coupe les bois nécessaires pour qu'Alexandrie soit, une fois pour toutes, approvisionnée en bois. Xe perdez pas un moment pour cela. La Régente signera le décret. Il faut agir comme on a fait pour Alayence.
La même mesure doit être prise pour la citadelle de Turin.
Il ne faut acheter ni palissades, ni bois de chauffage, ni bois de blindage; tout cela doit être fourni -^n nature par le pays et coupé dans les forêts. En général , vous devez établir ce système pour toutes mes places.
J'attache la plus grande importance à ce que toutes mes places, comme Hambourg, Coeverden , Delfzyl , \aarden , Wesel , Grave , Mayence , Juliers, Venlo, Strasbourg, les places qui sont sur le Rhin, etc., aient leur dotation complète en bois, soit pour palissades, soit pour blindage. Ces bois pourront durer cinquante ans, et ce sera une affaire finie pour toujours.
Je ne parle pas des places du Texel, d'Anvers, de Flessingue, d'HelIevoetsluis, de Brielle, d'Ostende , parce que ces places , se trouvant à portée des chantiers de la marine , se feraient fournir faci-
[1813] DE NAPOLÉOS l". 33
lement le bois nécessaire à leur approvisionnement; cependant je crois qu'il est convenable défaire faire des coupes pour ces places, afin que je n'aie plus besoin d'entendre parler de cela.
Le Havre et Cherbourg ont, je crois, ce qu'il leur faut
Un travail général sur cette matière serait bien important, et c'est un grand souci de moins de s:.voir toutes mes places frontières bien approvisionnées en bois.
Recommandez au général Chasseloup de bien mettre en état Venise et Palmanova. J'ai déjà ordonné l'armement deMalghera, Palmanova, Osoppo. Ces places doivent être parfaitement approvisionnées. Si elles ne l'étaient pas, prenez- vous-en au vice-roi.
D'après l'original. Archives de l'Empire.
34 CORRESPOXDAXCE MILITAIRE [18i3|
1553. - ORDRES COXGER.VAXT LA SITLATIOX DE L'AR- TILLERIE EX ITALIE ET L'ÉTABLISSEMEXT D'OU- VRAGES POUR LA GARDE DES DÉBOUCHÉS DES ALPES.
AU GÉNÉRAL GLARKE , DUC DE FELTRE , MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS
Dresde, 2" septembre 1813.
Monsieur ]e duc de Feltre, je désire que vous ayez un peu Toeil sur la situation de mon artillerie en Italie.
Il est nécessaire que, outre ce que peuvent contenir mes arsenaux d'Aleiandrie , de Gènes et de Turin, il y ait à Fenestrelle, à Grenoble, au fort Barraux et à Antibes , tout ce qui est nécessaire pour le service d'une armée qui se réunirait sur les Al| es , en supposant toute l'Italie perdue. Cela doit consister non-seulement en canons et équipages d'artillerie, mais aussi en fusils et en munitions. C'est sous ce point de vue que Grenoble est toujours un point important et ne doit p?s être sacrifié entièrement à Turin. C'est aussi sous ce point de vue que vous devez toujours soigner l'arsenal d'Auxonne, puisqu'on peut considérer ce qui est à Auxonne comme si c'était à Grenoble. .Hssurez-vous que dans aucune place du Piémont, hormis Fenestrelle et la
citadelle d'Alexandrie, il n'y ait des armes. Il est bien nécessaire qu'il n'y en ait pas à Gènes. 11 serait préférable que le dépôt en fût placé dans la petite citadelle de Savone. D'ailleurs Alexandrie est si près de Gènes, qu'on peut tirer ce qui serait nécessaire de la citadelle d'xAlexandrie.
J'ai ordonné des travaux au mont Cenis; vous sentez la grande importance que j'y attacbe; on m'a fait espérer qu'ils seraient finis en septembre, et qu'alors 3 à 400 hommes pourraient y obtenir un résultat; nous touchons à octobre; ainsi la campagne doit bientôt finir dans ce pays. Je désire que, si les travaux sont avancés, comme on me l'a promis, vous fassiez sur-le-champ armer de quelques pièces et obusiers le couvent et les tours dont j'ai ordonné la construction.
Vous avez, je crois, un commandant au mont Cenis; il serait convenable d'y placer 3 à 400 hommes et de renforcer la gendarmerie pour garder ce point important et en faire la police. Si l'armée d'Italie éprouvait quelque échec, c'est là qu'on pourrait arrêter tous les fuyards.
J'avais demandé des projets pour le Simplon ; faites-les faire, afin que je puisse les adopter au prochain conseil et qu'ils soient exécutés l'été prochain. Il en faut aussi pour le col de Tende et pour le col de Cadibona, sur le chemin d'Alexandrie par Savone,
36 CORRESPONDAXCE MILITAIRE fl813j
Le fort de Gavi est censé fermer le débouché de Gênes ; je crois qu'il le ferme assez mal ; faites voir si, sur la Bocchetta, on ne pourrait pas essayer des fortifications qui fermassent le col.
Ces ouvrages sur le Simplon, sur le mont Cenis, sur le col de Tende, Cadibona et sur la Bocchetta, nous rendront, avec peu d'hommes et de dépenses, maîtres de tous les débouchés sur l'Italie, et nous seront d'un grand secours pour la défense de la frontière du Valais, de la Savoie, de .Mce et de Gènes.
Je ne me souviens pas de la décision que j'ai donnée pour les fortifications de Genève. Je désire que vous me la remettiez sous les yeux. Il me semble que cette place défendrait parfaitement les débouchés du Valais et de la Savoie, et serait fort utile pour couvrir Lyon. Xapoléox.
D'après l'original. Dépôt de la guerre.
1554, ^ àOTE pour la COXGEXTRATIOX de L'ARMEE SUR WURZE.V.
Dresde, 7 oclobre 1813. une heure du matin
1<* Faire dans la journée du 7 une grande marche sur Wurzen. Je puis y avoir mon quartier général avec la cavalerie Sebastiani, celle de la Garde, et le corps d'Oudinot à quatre lieues de Wurzen, de
manière à être demain 8 à Leipzig, s'il le fallait absolument.
2" Le 3* corps d'infanterie sera probablement à Wurzen, puisque le duc de Raguse Ta dirigé sur la iMulde.
3° Le général Lauriston peut prendre position à Rochlitz, il n'a que trois lieues à faire; le duc de Belhine peut aller à Mittweida, commençant son mouvement un peu tard : ils se trouveront en liaison avec le prince Poniatowski, qui est à Frohburg. Demain ils peuvent être à Frohburg, contenant ainsi la tête de l'armée ennemie.
Le maréchal Saint-Cyr peut faire ployer, aujourd'hui 7, le 1" et le 14^ corps sur Dresde, faire occuper, demain 8, Meissen et commencer son mouvement, évacuer Dresde le 7 et se meltre en grande marche sjjr Wurzen.
Par le résultat de ce mouvement, je serai maître de faire ce que je voudrai : de Wurzen je puis me porter sur Torgau et sur l'ennemi, débouchant de Wittenberg, ou bien ployer toute mon armée sur Leipzig et avoir une bataille générale, ou bien repasser la Saale.
Détail. Le roi de Xaples se porterait sur Mittweida, en masquant son mouvement; il n'évacuerait Flœhe que le 7 à la nuit; l'ennemi ne saurait que le 8, au matin , qu'il n'y a plus personne sur la route de Chemni(z à Dresde.
38 CORRESPONDANCE MILITAIRE [I813j
Le général Lauriston gagnerait Rochlitz et n'abandonnerait Alittweida que lorsque la tête du 2^ corps serait arrivée.
Le 8, le 2' corps se porterait sur Rochlitz, et resterait en observation de Rochlitz à Frohburg, occupant Colditz, afin de se lier avec l'armée. Il resterait là jusqu'à nouvel ordre, à moins que l'ennemi ne le poussât; dans ce cas, il se rapprocherait de Leipzig, sans se laisser détacher de la Alulde.
Le 8, Farmée que je commande en personne serait sur Wurzen.
Le 10 , le corps du maréchal Saint-Cyr serait sur Wurzen.
D'après la minute. Archives de l'Eaipire,
1555. — PROJET D'OPERER PAR LA RIVE DROITE DE LELBE , SI L'OX ÉTAIT FORGÉ D'ÉVACL'ER LEIPZIG.
A W. MAIIET, DUC DE BASSAXO , MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES, A WURZEX.
Dùben, 10 octobre 1813, Irois heures après midi
Monsieur le Duc de Bassano, l'armée autrichienne débouche par Penig. Wittgenstein, qui a 25,000 hommes, débouche par Altenburg et par Zeitz. Le roi de Xaples était ce matin, à la pointe du jour, à
Frolibiirg, occupant Getbain , Rochlitz et Borna. Il est probable qu'il aura fait aujourd'hui un mouvement de retraite sur Leipzig.
Dans cette situation des choses, un officier d'état- .-^ajor a porté l'ordre au général Curial de se porter ce soir avec le roi de Saxe à Eilenburg, et j'ai envoyé l'ordre à Leipzig pour que tous les embarras qui s'y trouvent s'évacuent pendant toute la nuit et la journée de demain sur Eilenburg.
Mon intention est, si le roi de Xaples était obligé d'évacuer Leipzig, de repasser l'Elbe avec toute ion armée, en jetant l'armée de Silésie et de Berlin sur la rive droite et en prenant tout le temps de la détruire; ou, si elle préfère abandonner ses ponts, de la laisser sur la rive gauche et de prendre ma ligne d'opération sur la rive droite, depuis Dresde jusqu'à Alagdebourg.
Il est convenable que vous écriviez sur-le-champ en chiffre au maréchal Saint-Cyr, pour lui faire connaître ces dispositions. Vous les ferez connaître également au commandant d'Eifurt, en vous servant du petit chiffre de l'armée; il vaut mieux ne rien écrire que d'écrire sans chiffre, vu que pour trois jours c'est le grand secret de l'armée, et, si l'ennemi parvenait à le savoir, j'en éprouverais le plus grand dommage.
Tout ce que vous avez à Leipzig appartenant à votre ministère peut se diriger, avec les embarras
40 CORRESPONDANCE MILITAIRE U813j
qui évacueront cette ville , sur la Mulde et Eilenburg. Rumigny pourra rester jusqu'au dernier moment pour observer; je suppose que vous avez un chiffre avec lui.
Vous enverrez, par des courriers et par des gens du pays, ces nouvelles à Dresde. Ecrivez-les aussi en chiffre aux relations extérieures à Paris, afin qu'on ne s'étonne pas de tout ce que publiera l'ennemi, et qu'on sache que c'est un mouvement combiné de ma part pour amener l'ennemi à une bataille et à quelque chose de décisif. Ecrivez aussi à Xarbonne, et toujours en chiffre.
Il est inutile de confier ce secret au roi. Vous lui ferez connaître seulement que les affaires vont bien ; que j'ai fait lever le siège de Wittenberg, mais que les mouvements combinés ne permettent pas dans ce moment qu'il aille à Leipzig, qu'il est préférable qu'il vienne à Wittenberg ou à Torgau. C'est Torgau que le maréchal Saini-Cyr doit avoir en vue, par une rive ou par l'autre, et, aussitôt que j'aurai eu raison de l'armée de Silésie, je manœuvrerai par la rive droite pour me mettre en communication avec le maréchal Saint-Cyr.
Ecrivez en chiffre au roi de Naples et au général Lauriston qu'à tout événement, s'ils évacuent Leipzig, leur retraite doit être sur Torgau et Wittenberg, et que les ponts de Diiben et d'Eilenburg sont gardés; que, s'ils étaient obligés d'évacuer
[1813] DE \APOLÉOM 1". 41
Leipzig, mon intention est tîe passer sur la rivo
flroile de l'Elbe.
Napoléon.
D'après Toriginal comm. par M. le duc de Bassano.
1556. — NOTES SUR LA GOXGEXTRATION DES DIFFE- RENTS CORPS D'ARMÉE A TAUGHA, POUR Y LIVRER BATAILLE.
Diiben, 12 octobre 1813, dix heures du matin.
Je donne ordre àNey de se porter sur Dùben.
Ney ne recevra pas cet ordre avant deux heures de 1 après-midi ; ses troupes se mettront en marche à trois heures ; elles ne pourront passer le pont de Diiben que demain 13 (la Garde alors l'aura passé); il peut être le 13 au soir, sans difficulté , à Taucha.
Latour-Maubourg étant à Kemberg, il n'y a non plus aucune difficulté.
Le duc de Tarente ne recevra l'ordre qu'à trois heures ; s'il a passé le pont de TElbe, il lui faudra la nuit pour repasser; il ne sera à Dùben que demain 13 ; et pendant la journée du 14 il se mettra en marche sur Taucha.
Le général Reynier, qui marche surRoslau, ne pourra être que cette nuit à Wittenberg; il pourra être le 15 à Taucha. Celui-là peut venir par Eilenburg.
42 CORRESPOXDAXCE MILITAIRE flSlS",
Il en est de même pour le général Sebastiani.
Quant aux ducs de Trérise et de Reggio et à la réserve de la Garde, tout cela passe le pont de Dùben aujourd'hui et sera demain à Taucha, de bonne heure.
Le Roi est aujourd'hui 12 à Crœbern ; il sera demain 13 à Leipzig et à Taucha, où je serai arrivé demain avec Curial , la vieille et la jeune Garde et le duc de Raguse, près de 40,000 hommes; ce qui, avec les 50,000 hommes du Roi , fera près de 90,000 hommes.
Ces 90,000 hommes seront renforcés dans la journée de demain 13, où nécessairement Tcnnemi ne peut pas attaquer, par Xey, Bertrand et Latour- Maubourg.
Le 15, toute notre armée sera réunie.
Demain 13, l'ennemi arrive à Crœbern. Il saura que la Grande Armée est arrivée. On passera la journée du 14 à se mettre en bataille. J'ai donc le 13 et le 14 pour réunir. Je dis plus : quand toute l'armée serait à Duben, elle ne pourrait pas arriver avant, à moins d'avoir cinq ou six dcbonchés.
Le roi de Naples est à Crœbern le 12, le marcchai Alarmont à Lindenhayn ^ ils peuvent èirP' demain 13 à Taucha, bonne position; ma Garde, aujourd'hui à Duben et à Eilenburg, sera deniaia
[1813] DE NAPOLÉOX 1". 43
facilement à Taucha; Oudinot et Mortier seront aujourd'hui à Dûben avec Ornano, Wallher et Latour-AIau bourg.
Demain , tout cela à Taucha.
J'aurai donc demain à Taucha :
En première ligne, le roi de Xaples, 50,000 hommes, y compris la garnison de Leipzig, qui y restera; Marmont, 20,000 hommes d'infanterie, 2,000 de cavalerie; la Garde, 30,000 hommes d'infanterie, 8,000 de cavalerie ; Latour-Maubourg, 3,000 hommes de cavalerie ; total, près de 120,000 hommes demain à Taucha;
En deuxième ligne, le duc de Tarente , ce soir 12 , à Kemberg, demain à Diiben ; le prince de la Moskova, ce soir à Grœfenhaynchen , demain à Dûben; Bertrand, demain à Dûben; Sébastian! , demain à Dûben; Dombroxiski et Reynier, le 13, demain , à mi-chemin de Dûben.
Le 14-, tout peut me rejoindre: Tarente , 20,000 hommes d'infanterie , 2,000 hommes de cavalerie; Moskova, 12,000 hommes d'infanterie, 2,000 hommes de cavalerie; Bertrand , 10,000 hommes; Sébastian!, 3,000 hommes ; Dombrowski et Reynier, 20,000 hommes.
Ainsi : première ligne, près de 120,000 hommes; seconde ligne, 70,000 hommes; total, environ 190,000 hommes.
D après la minute. Archives de l'Empire.
44 CORRESPOXDAXCE MILITAIRE 11813!
1557. — IXDIGATIOX DES POSITIOXS DU CORPS DE MARMOXT EXTRE L'ELSTER ET LA PARTHA. — PRESCRIPTIOXS D'UNE NOUVELLE FORMATION DE COMBAT.