‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la Guerre (volume 3)Chapitre 23 sur 45 · OEUVRES DE NAPOLÉON I" A SAINTE-HÉLÈNE · texte numérisé non relu

OEUVRES DE NAPOLÉON I" A SAINTE-HÉLÈNE

12° Au point où en étaient venues les choses à la fin d'août, il eût été convenable de prolonger la défense jusqu'à la dernière extrémité; cela eût été Tavis unanime de tous les officiers du conseil de guerre, si on leur eût donné l'assurance qu'au 15 novembre ils auraient été secourus par une armée ou qu'ils auraiejit reçu la nouvelle des préliminaires de la paix. Cet exemple, comme mille autres de l'histoire, prouve que le gouverneur d'une place ne doit penser qu'à se défendre jusqu'à la dernière extrémité. Il fallait donc tenir jusqu'à ce que l'enceinte des Arabes fût forcée, que le fort Crétin et le fort Caff'arelli fussent pris, et la brèche rendue praticable à la muraille de l'isthme; alors seulement l'honneur eût été sauf; alors seulement la capitulation, quelles qu'en eussent été les conditions, aurait été glorieuse. Pour être honorable, une capitulation doit stipuler dé mauvaises conditions pour la garnison. Il y a toujours présomption défavorable contre la garnison qui sort d'une place sur un pont d'or.

D'après le manuscrit original donné en 1841 par le général Bertrand à la ville de Cbâteauroux.

Page 1