‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la Guerre (volume 3)Chapitre 24 sur 45 · OBSERVATIONS SIR CES EVEXEMEXTS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SIR CES EVEXEMEXTS

IV. Première observation. — 1° L'armée dans toute l'Italie, en 1798, était sur le pied de paix ; les places n'étaient pas approvisionnées, l'artillerie n'était pas attelée, les officiers d'état-major n'étaient pas à leur poste; beaucoup d'officiers étaient en semestre. Le général en chef n'arriva que huit jours avant le commencement des hostilités. Quoique annoncée depuis longtemps, l'invasion du roi de N'aples n'en fut pas moins imprévue.

2° Championnet évacua Rome trop tard; il eût

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dû le faire quarante-huit heures plus tùt. La position qu'il prit à Cirità-Castellana , en avant du pont de Borghetto , était bonne; il y était toujours à même de repasser sur la rive gauche du Tibre en peu d'heures, et de se concentrer sur Terni. Mais il devait le faire seulement lorsque cela serait devenu nécessaire, car il ne fallait pas gratuitement abandonner les deux chaussées de Cività-Vecchia et de Sienne ; il ne pouvait pas compter sur la chaussée d'Ancône et de Fano, il eût donc été réduit à la seule chaussée d'Arezzo. Le combat de Terni, soutenu par le général Lemoine , est l'événement le plus marquant de cette campagne.

Deuxième observation. — Il eût été préférable sans doute de ne pas entrer dans le royaume de Naples et de profiter de la consternation de l'ennemi pour lui faire signer la paix et le détacher momentanément de la coalition. .Alais , voulant se porter sur Xaples , on devait le faire rapidement. 30,000 hommes n*étaient que tout juste ce qui était nécessaire. II ne fallait donc pas marcher sur quatre directions éloignées Tune de l'autre, séparées par des montagnes, des rivières et des populations mal disposées. Un corps de 30,000 hommes doit toujours rester uni : c'est la force dune armée consulaire ; les Romains la campaient foutes les nuits dans un carré de 330 toises de côté. Au lieu de quatre

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lignes (ropèration , il n'en fallait qu'une, celle de Rome à Isola et Capoue. La division Duliesme eût dû repasser la liante chaîne des Apennins dans l'intérieur des Etats romains, et débouclier sur leur revers du cùté ouest. Les divisions Lemoine et Hey devaient cire près de Tavant-garde, de manière à ne jamais être séparées. Marchant ainsi, Championne! eût été le 6 ou le 7 janvier dans Xaples; maître de cette capitale, il se fût facilement emparé de Gaëte, de Pescara, etc., et eût envoyé des colonnes mohiles pour désarmer la population. Une seule ligne d'opération n'eût exigé que peu de monde pour garder les points importants; il fût arrivé devant \aples avec 26,000 hommes. Ayant marché au contraire par quatre lignes, la moitié de son armée a été employée comme garnison dans les places fortes de Gaëte, de Pescara, les châteaux d'Aquila et autres situés sur la route, et pour la garde des hôpitaux; il lui a fallu d'ailleurs perdre du temps pour attendre ses divisions. Celle de Duhesme, qui avait plus de chemin à faire, devant un ennemi qui lui disputait le terrain, qui se couvrait de torrents, de rivières et de déOlés, ne pouvait pas arriver aussi vite que le quartier général , qui n'avait que cinquante lieues à parcourir : c'est ce qui a été la cause du petit échec devant Capoue, qui encouragea les insurrections et donna lieu à beaucoup d'échaulfourées; c'est aussi ce qui le porta à

considérer l'armistice du 10 janvier comme un événement heureux. Le Directoire, qui, de Paris, n'entrait pas dans le détail de ces fautes militaires, s'indigna de voir 30,000 hommes s'arrêter devant une capitale ouverte, défendue par des débris d'armée : il avait raison. Il eût été plus utile que l'armée ne dépassât pas Rome, mais il n'était pas convenable delà laisser aux portes de Xaples, exposée à succomber sous toute espèce d'embûches.

Troisième observation. — La conduite du général Mack aurait été bonne avec des troupes autrichiennes; car que pouvait-il faire de plus que de mettre ses soldats aux mains avec des soldats français lorsqu'ils étaient au nombre de deux ou trois contre un ? Mais les Xapolitains n'étaient pas des troupes exercées* il n'eût jamais dû les employer à des attaques, mais faire une guerre de position qui obligeât les Français à attaquer. Les militaires sont fort partagés sur la question s'il y a plus d'avantage à faire ou à recevoir une attaque. Cette question n'est pas douteuse , lorsque d'un coté sont des troupes aguerries, manœuvrières , ayant peu d'artillerie , et que de l'autre est une armée beaucoup plus nombreuse, ayant à sa suite beaucoup d'artillerie, mais dont les officiers et les soldats sont peu aguerris.

Si le jour même du commencement des hostilités

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Mack se fût trouvé à Cività-Ducale avec 40,000 honimes; que le soir il fût arrivé à Terni; que le lendemain il eût fait une marche sur Rome, occupant le pont de Borghetto et une bonne {losilion, comment les Français auraient-ils pu , avec 9,000 hommes et 12 pièces de canon, y forcer une armée cinq fois plus nombreuse, ayant soixante bouches à feu et déjà couverte de retranchements ? Cependant ils y auraient été contraints pour s'ouvrir une retraite.

Quatrième observation. — La retraite du général Mack par la rive gauche du Tibre a été trop prompte ; il pouvait sans inconvénient la retarder d'un jour. lia, par cette précipitation, sacrifié la division qu'il avait laissée sur la rive droite. Dans le royaume de Xaples, il eût défendu le Garigliano ;

il eût dû' Alais Alack n'a jamais eu de soldats;

l'armée napolitaine, même en marche sur Rome, ne pouvait être considérée que comme une armée de miliciens ayant bonne volonté. Après ses désastres, elle n'était plus qu'une multitude mécontente et insurgée qui ne donne plus matière à des observations militaires.

1 Ici est un espace en blanc dans le manuscrit.

D'après le iranuscrit original donné, en 1841, par le généra] Bertrand à la Bibliothèque de la ville de Cbàteiuroux.

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