‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 177 sur 199 · AU MARECHAL LAMES · texte numérisé non relu

AU MARECHAL LAMES

Zuaym, 27 brumaire an XIV (18 nosembre 1805), 9 heures du soir.

Mon Cousin, je reçois votre lettre d'aujourd'hui, qui m'apprend la bonne nouvelle que le général Sebastiani vient d'enlever ] ,200 Russes. Mais le dernier paragraphe de votre lettre me fait de la peine. Je vous reproche constamment de trop vous exposer, et ce n'est pas vraiment m'aimer que d'exposer ainsi mes meilleurs amis. Si j'en voulais hier à quelqu'un, c'était à Walther, parce qu'il faut qu'un général de cavalerie suive toujours l'ennemi l'épée dans les reins, surtout dans les retraites ; que je ne veux point que l'on ménage les chevaux quand ils peuvent prendre des hommes, et parce que j'ai la conscience qu'on pouvait faire hier ce qu'on a fait aujourd'hui.

On ne m'a amené hier que quelques blessés, et, après la manière dont vous aviez battu l'ennemi, j'espérais un millier d'hommes. Si l'on afaitaujour-

[1805] DE NâPOLi:o\ l". 4(>7

d'hui ce qu'où devait faire hier, je suis satisfait et je n'y pense plus. Il m'en a beaucoup coûté de donner cette Journée-ci de repos aux grenadiers ; mais j'y ai été porté par la pensée qu'il vaut mieux avoir une victoire moins complète que d'exposer de si braves gens à être malades. J'aspire après le moment où je pourrai les faire reposer un ou deux mois.

Vous allez recevoir des ordres de mouvement. J'espère que nous serons demain à Brûnn. C'est une grande et belle ville; ce qui est nécessaire pour bien asseoir notre position, car on ne peut rester dans une ville comme Vienne comme avant-poste. i\Iénagez-vous, et ne doutez jamais de mon amitié.

Xapolcon.

Comm par M. le duc de Munlebello.

(Eu oiioDle aui Arch. de l'Kmp.)

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