‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 70 sur 199 · lASTRUGTIOXS POUR LA DEKEX'SE DE BOULOGiVE · texte numérisé non relu

lASTRUGTIOXS POUR LA DEKEX'SE DE BOULOGiVE

SaiDt-CIoud, 5' jour complémentaire an XIII (22 septembre 1805).

De tout ce que peuvent faire les Anglais, ce qui serait le plus funeste et ce qui pourrait leur permettre de réunir le plus de troupes, ce serait l'expédition de Boulogne pour brûler notre flottille. Le

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maréclial Brune a plus de 30,000 hommes sous ses ordres; la côte est parfaitement armée : il paraîtrait cependantqu'unearméede40,000à 50,000 hommes serait suffisante pour déharquer de vive force. Les points où ce déharqncment peut s'opérer avec quelque facilité , c'est sur la plage d'Etaples à Boulogne, où il n'y a que peu de hatteries,; mais la mer y est presque constamment mauvaise dans cette saison, i-cut-ètre préféreraient-ils de débarquer dans la haie de Wissant; et cette côte est fortement armée. 11 est difficile aux Anglais de pouvoir disposer pour une telle expédition de plus de 20,000 à 25,000 hommes de troupes de ligne. Tout ce qu'ils y emploieraient en sus serait des volontaires ou des miliciens. Mais supposons-les débarqués, et que tous les efforts du maréchal Brune pour les rejeter dans la mer aient échoué, et qu'il se trouve lui-même cerné, avec ses 30,000 hommes, entre les ouvrages qui défendent aujourd'hui le port de Boulogne : le débarquement, les événements qui auront lieu, l'investissement, prendront à l'ennemi plus d'une semaine de temps, et il se passera plus d'une autre semaine avant qu'il soit retranché, qu'il ait fait des chemins, placé son artillerie; et, pendant ce temps , la garnison pourra communiquer avec l'intérieur et en recevoir des secours.

Quoique ces choses soient en quelque sorte improbables, cependant il est bon que les forces existant

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dans un rayon de quinze à vingt marches autour de Boulogne puissent se mettre en marche sur Calais, Saint-Omer et Alontreuil, qui sont (rois places fortes, où, même en petit nombre, elles seraient dans une bonne position et où elles pourraient attendre les secours qui airiveront. Dans cet état des choses, tous les corps que j'ai en Hollande, soit français, soit hollandais, fourniraient une réserve de 1,500 à 1,800 hommes qui se tiendraient à Berg-op-Zoom et autres places fortes sous les ordres d'un des généraux de brigade qui sont en Hollande. Au premier ordre, ils se mettraient en route pour se rendre à Calais à marches forcées. Tout ce qui se trouverait disponible dans la 24' division militaire, soit les bataillons qui sont à Anvers ou les conscrits ouvriers qui s'y trouvent, se mettrait en marche el se réunirait sous les ordres du général commandant la division, à Calais. Tout ce qui se trouverait disponible dans la 16* division militaire se réunirait surle-champ à Saint-Omer; et tout ce qui se trouverait disponible dans les 1", 2* et 15* divisions se réunirait àMontreuil. Le connélablese rendraitde sapersonne à Saint-Omer pour y prendre le commandement de ces trois corps La réserve de Rennes, au premier bruit du débarquement des Anglais, marcherait sur Montreuil à grandes journées, par Rouen et Amiens. Enfin toutes les troupes de ligne des 14* et 15' divisions militaires marcheraient sans exrention, lu. 15

laissant Cherbourg, Granville el le Havre aux soins de la garde nationale. Tout ce qui se trouverait à Paris marcherait sous les ordres du général Broussier. Tout ce qu'il y aurait, dans la capitale, de garde impériale ou de troupes de ligne, ainsi que les corps de la garde de Paris, marcherait. La garde nationale ferait le service.

Le général Lagrange se tiendra à Saint-Omer, où il se rendra le 4 vendémiaire. Il y prendra une exacte connaissance de tous les débouchés qui, de Calais, Saint-Omer et Montreuil, se rendent à Boulogne. Il aura toujours toutes ses lettres prêtes et signées, de manière qu'au moindre mouvement il puisse convoquer la gendarmerie des 15% 16° et 17" légions et moitié de la 1", de la 2% de la 14" et de la 18' légion, pour qu'elles se rendent à marches forcées sur Saint-Omer, de manière toutefois à se réunir en route, en compagnies, sans pour cela que leur marche éprouve de retard. Le général Lagrange aura préparé d'avance le mouvement avec les colonels et capitaines, et on me fera connaître quelle sera laforce qu'il aura le quatrième jour après le débarquement, le huitième jour et le douzième jour. Il faut que, pendant cet espace de temps , il puisse réunir 3,000 hommes de cavalerie. Le général Lagrange, avant l'arrivée du connétable, aura le commandement des troupes qui se porteront aux divers rendez-vous de Saint-Omer, Montreuil et Calais. Le

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ministre de la guerre, en envoyant les instruclions au connétable, au maréchal Brune et au général Lagrange, ne manquera pas d'y joindre le tableau des corps qui se réuniront aux rendez-vous indiqués, de manière qu'on sache quelle sera la force dans chacun de ces rendez-vous, le premier jour, le second, etc., et ainsi de suite jusqu'au douzième jour. 11 sera fait des dispositions relatives à la garde nationale, de manière que 60,000ou 80,000 hommes de gardes nationales puissent èlre réunis en peu de jours derrière les trois premiers postes qu'on vient d'indiquer, et les gardes nationales seront également sous les ordres du connétable.

Xapgléox.

Faire connaître que les 1,500 hommes de Hollande qu'on réunira à Berg-op-Zooni formeraient la réserve aussi de toutes les côtes de Hollande.

Le général Lagrange, après avoir pris connaissance des débouchés de Calais, Boulogne, etc., et après s'être concerté avec le maréchal Brune , ira faire l'inspection de ses légions.

Dépôt de la guerre.

(Ed miDute aui Arch. de l'Emp.)

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