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Vous voulez arracher la femme au prêtre, parce que vous sentez bien que chaque jour, de plus en plus, il s’empare d'elle. Mais pourquoi donc va-t-elle à lui, si ce n’est parce que le rôle que lui font notre société et notre famille la fatigue, l'ennuie, la dégoûte, la désespère, et la force à chercher dans l’église le repos, une douce distraction de charité, la mystérieuse satisfaction d’un cœur qui s’épanche, enfin une espérance, une certitude, au delà de cette vie inutile et décolorée que l'homme lui a faite et lui impose encore, que le prêtre lui apprend à supporter ?
Franchement, que voulez-vous que la femme fasse, si elle ne va pas à l’église, quand l’homme est au parlement, ou à la bourse, ou à l’armée, ou avec sa maîtresse, mieux encore, avec des filles, au café et au cabaret? Au moins, le PRÊTRE, à l’autel et surtout au confessionnal, est avec elle: ils communient, ils sont en société pour l’œuvre la plus généreuse, la cHaRITÉ envers les pauvres; pour l’œuvre la plus grande, le salut de l'âme ; pour l’œuvre la plus douce, la direction morale des enfants; pour l’œuvre la plus sainte, le culte envers Dieu. Mais avec nous autres, est-ce qu'elles sont en société? Est-ce que ce qui s’appelle ainsi, la société, n’est pas, à vos yeux aussi, quelque chose de faux et d’ennuyeux pour l’homme, de puéril et souvent de dégoülant pour la femme? Est-ce que la société n’est pas faite spécialement par les hommes séoucreurs, et pour les femmes séDuITEs ou À SÉDUIRE ?
En conclurons-nous que l’homme et la femme doivent fuir toute société, et se renfermer dans la famille, comme des patriarches, comme des chefs de clans et de tribus? Mais là encore, dans cette petite société qui a nom fa-
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mille, qu'est-ce que celte cuisimiëre, celle bonne, ce domestique, que vous chassez s'ils font un enfant, que vous chassez s'ils sont vieux ou malades, que vous chassez s’ils ont un moment d'humeur? La tente de l’Arabe est une famille meilleure que la vôtre, même pour l’esclave ; le servage du Russe est une paternité, en regard de votre domesticité. Vous fuyez le monde pour trouver chez vous un paradis, vous tombez en enfer; vous y tombez, si le prêtre ne vient encore prendre vos domestiques pour leur prêcher aussi résignation, fidélité, obéissance.
Oh non! il ne s’agit pas seulement d'empêcher ces cadavres de Jésuites de renaître ; la question est plus haute : il s’agit de régénérer, de recréer le sacerdoce humain tout entier; il. s’agit d’une formule nouvelle de la VOLONTÉ DE Dec montrant à l'humanité ses destinées de paix et d’association, de féconde fraternité. Le Christ, disait Saint Simon, à enseigné aux hommes qu'ils étaient frères, il ne leur a pas appris dans quel but el comment ces frères devaient s’assocrer. En effet, le christianisme a posé le principe moral, mais il n’a point dit le principe politique qui conviendrait à l’époque où ce principe moral serait dans les âmes, où le Christ incarné dans l'homme devrait enfin vivre dans l'humanité.
C’est de cet enseignement politique qu'il s’agit aujourd’hui; but et moyens, voilà ce qu’il faut découvrir et montrer à la grande famille humaine. Le sur de l'humanité, sur la terre, c'est l'association de plus en plus parfaite de ses membres, entre eux et avec le monde, qu’elle cuzrive et qui la nourrir; c’est l’union progressive de ses diverses
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FACULTÉS, entre elles et avec les rorces de la nature. Les MOYENS de réaliser cette éternelle volonté de Dieu, c’est de savoir afin de pouvoir, d’agir afin de connaître, mais c’est par-dessus tout de vouLoir cette voLonTÉ pe Dieu.
Que cette bonne nouvelle se répande, et alors les hommes qui nous disent que ce monde est un lieu d’exil et de larmes, séjour d’expialion douloureuse, et que la vertu consiste à se détacher de la terre, disparaîtront devant les nouveaux serviteurs de Dieu, qui nous enseigneront à nous attacher à la terre, à nous unir à elle, au point de faire d’elle un EDEN, un paranis, où l'humanité, sainte famille de frères, vivra heureuse par le travail et dans la paix.
L'humanité n’est point récaue, elle est PROGRESSIVE ; dans ces deux mots sont résumés l'esprit chrétien et l’esprit de l'avenir; entre le péché originel et le progrès omiginel, le moment est venu de choisir; sur l’une ou l’autre croyance il faut bâtir sa foi, c’est-à-dire rester chrétien et mêmé catholique, ou bien embrasser un avenir qui change toute croyance religieuse, politique ou morale du passé, qui donne à l'humanité une foi, une loi, une charité nouvelles.
Encore une fois, c’est à ces mots, qui semblent usés et qui sont-pourtant plus grands que les plus vastes cathédrales, plus puissants que tous les Jésuites ou Dominicains du siècle; c’est à ces mots magiques qu’il faut revenir : TRINITÉ, PÉCHÉ ORIGINEL; c’est le poëme qu'il faut battre en brèche, si l’on craint le prétre, car c’est là qu'il
puise sa force.
Eh bien! le prêtre a plus de courage que les philosophes, car déjà il les provoque hardiment sur ce terrain où personne n’ose encore l'aller combattre. Que dis-je? les plus novateurs d’entre les philosophes, les fouriéristes, semblent tenir à prouver qu'ils partent des mêmes principes que le prêtre, et ils se condamnent ainsi à ne plus lutter avec lui que dans les champs stériles de la LOGIQUE, sans se douter que le christianisme tout entier est le plus prodigieux effort de la logique humaine; sans s’apercevoir qu’il suffit de se tâter le cœur pour sentir s’il est vrai que la femme ait fait nécuorr l’homme, ou si, au contraire, elle ne l’a pas aidé à PROGRESSER sans cesse vers leur commune et pacifique destinée.
En ce moment même où la femme se retourne vers Dieu et le prêtre du passé, vous n'en doutez point, elle n'entraînera pas l’homme dans une déchéance, elle ne le fera pas rérrocraner. Eh bien! moi, j'ai la foi qu'elle le pousse ainsi vers son avenir, qu'elle le force ainsi à grandir, plus qu’elle ne l’a fait à toute autre époque; J'ai foi qu’elle contraint l’homme qui l'aime à trouver le Dieu nouveau, le prêtre de l'avenir.
Cette foi qui m’anime, votre livre la confirme; vous souffrez tant de voir la FEMME reprise à ces reliques du passé, que votre grande âme est jalouse, oui, jalouse de ces rivaux sur lesquels vous frappez avec colère. Ce sont des gens qui vous ravissent un bien dont ils vous paraissent indignes, un bien qui vous remplit le cœur, que vous voulez à votre tour leur reprendre, parce que vous sentez que vous en êtes digne.
Eh bien! pour reprendre la femme et ces enfants
chéris, montrez-leur done vorre Dieu, criez-leur bien haut sa volonté; luttez au moins contre ces prêtres avec armes égales; ils disent leur Creno, proclamez le vôtre; ne vous bornez point à faire le portrait peu flatté de vos adversaires, diles qui vous êtes; ne les mez plus, AFFIRMEZ—VOUS,.
Pardonnez-moi, mon cher monsieur, de vous parler ainsi, pour la première fois que j'ai le bonheur de m’adresser à vous; mais je sens dans votre cœur tant de dévouement pour l'humanité, une si grande tendresse pour l’enfance, de si nobles et si touchantes adorations pour la puissance de la femme, de la mère, et tant d’amour pour ce qui est vraiment mâle, que j'ai voulu vous dire, en toute liberté et franchise, cette passion que moi aussi j'ai dans l’âme, qui me fait vivre, et qui me verra mourir pour revivre avec elle et par elle!
Vous écrire si longuement et ne presque rien vous dire sur ce que J'aime et admire en vous, n'est-ce pas loutefois clairement vous le faire comprendre? n’est-ce pas vous exprimer aussi combien je suis touché et je vous remercie de ce que vous avez pensé à moi pour m’en— voyer votre livre? Plus je désire de vous, plus vous devez sentir combien j'espère en vous. La place que vous avez si laborieusement conquise dans l'opinion des hommes, et surtout la haute influence que vous exercez sur le cœur et sur l’esprit de la génération nouvelle, vous donnent dans la réalisation de l'avenir une part considérable; J'ai donc hâte de vous voir travailler directement à la création de cet avenir, en laissant aux morts le soin d'enterrer les morts;
LAS TS car c’est, selon moi, le plus sûr et le plus prompt moyen d'empêcher qu’ils n’essayent de RESSUSCITER.
Recevez encore, mon cher monsieur, mes remerciments; Arlès se joint à moi pour vous assurer de notre
bien entier et affectueux dévouement.