‹ Correspondance philosophique et religieuse, 1843-1845Chapitre 5 sur 25 · LE · texte numérisé non relu

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moi, parfaite, quoique l'avenir ne lui appartienne pas. Le papisme ou catholicisme, en divisant le monde en deux parts, celle de l'esprit et celle de la chair, a mis d’une part le savoir, et de l’autre le pouvoir. A l’Église, là science de Dieu le Père; à César, la puissance sur le monde des chrétiens.

Telle est la division de la vie catholique; mais le lien entre les deux termes de ce dualisme est resté mystérieux ; le Saint-Esprit est resté voilé, il n’a pas eu de représentant dans ce monde catholique; le vouloir, le bon-vouloir, lien du savoir et du pouvoir, n’est pas constitué. Vous savez pourtant que, selon les docteurs, le Saint-Esprit procède du Père et du Fils, et qu’il est leur lien. Vous savez aussi que, selon le papisme, Papparition, la venue promise du Saint-Esprit a eu lieu, et qu’il s’est montré aux apôtres pour ne plus revenir. Là est, selon moi, l'erreur du papisme; mais je crois qu'il partage celle-ci avec toutes les communions chrétiennes, sauf peut-être les mallénaires.

L'Eglise papale, fondée pour enseigner le monde, non pour le gouverner (c’est là sa foi dogmatique), a donc eu, comme aulorité religieuse, sa volonté, tandis que César, qui devait le gouverner, avait la sienne. Le Saint Esprit, dogmatiquement, doit être un lien; mais pratiquement, en fait, ce lien a sans cesse été coupé en deux, et à force de rattacher les deux bouts, les Églises et Les trônes se sont divisés et dissous, Ni Rome ni César n’ont pu garder leur empire; le protestantisme d’une part, et l'esprit révolu-tionnaire de l'autre, ont réduit en poussière ces deux grandes figures, ces deux personnes suprèmes du dualisme catholique, le Pape et l'Empereur, le Père et le Fils.

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