A M. LE COMTE DE MONCADE, MARQUIS D'AYTONA
Londres, ce 10 juin 1870.
Cher et excellent ami,
Combien je regrette rengagement que j'avais pris avant de recevoir votre billet. — J'aurais aimé à voir de près Don Juan^ — Cela aurait complété ma collection de princes détrônés. — Aux courses d'Epsom, je me suis promené au bras du comte de Paris. — 11 fait fête aux Français en général. — Sa femme, dont la beauté m'avait été tant vantée, ne m'a pas fait cet effet.
Je mène une vie absurde — très fatigante depuis que je suis en Angleterre. — Je fais deux ou trois déjeuners le matin. — Je vais à cinq ou six thés entre quatre et six heures. — Je dîne une fois, heu-reusement, et je soupe dans dix maisons difiTérentes. Et je ne réussis après cela qu'à manquer une foule d'invitations.
Mon but principal en venant ici avait été de vous voir; il se trouvera que je n'y réussirai un peu qu'en mentant effrontément à ceux qui se sont emparés de ma personne dès mon arrivée à Londres.
Madame votre sœur m'en veut-elle de ce que je n'ai pas réussi dans la mission dont elle avait bien voulu me charger ? — Je lui ai écrit au milieu de