‹ Correspondance (volume 2)Chapitre 23 sur 36 · A M. CÉRÉSOLE · texte numérisé non relu

A M. CÉRÉSOLE

Président de la confédération suisse

Paris, 1p 3 juin 1873.

Mon cher Président,

J'ai reconnu votre amitié si indulgente et si délicate dans les regrets que vous voulez bien m'exprimer au sujet de ma démission. M. Kern m'avait déjà informé de votre intention de m'écrire, ainsi que de la démarche infiniment honorable pour moi que vous et vos collègues du Conseil fédéral l'avez chargé de faire à cette occasion auprès de notre nouveau gouvernement. Ces témoignages si flatteurs d'estime et de sympathie me font un devoir de vous dire, avec une entière franchise, dans quelle mesure je crois possible de revenir sur une résolution qui m'a beaucoup coûté, bien que je l'aie prise sans aucune hésitation. J'ai le plus grand désir de retourner à Berne où j'ai laissé tant d'excellents amis et de si bienveillantes relations, mais je ne le ferai qu'à une seule condition : c'est que j'y puisse retourner honorablement. Le renversement de M. Thiers a été un acte d'ingratitude révoltante; je l'ai dit sans détour aux chefs du gouvernement lorsqu'ils sont venus me prier de conserver mon poste. Cependant, ils m'ont répété à plusieurs reprises qu'on les calomnie en leur prêtant des arrière-pensées de res-

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