Sa vieille bonne
depuis si ponctuellement qu'après dix mois écoulés je n'aurais ffljjfcen retrancher une syllabe. Le jeune BqIoz le lul,''^^>prouva, me dit qu'il me demanderait qmçpies changements pour ne pas indisposer certaines catégories de lecteurs — puis il emporta le manuscrit — et depuis cette époque oncquesje ne Tai revu ni n'ai entendu parler de lui en aucune manière. Je lui ^|fcrit six mois après pour lui faire mes compliments sur sa façon d'en user avec moi et le prier de me renvoyer mon manuscrit. — Je n'ai reçu aucune réponse. — En revanche j'ai su que le père Buloz se plaignait amèrement à des amis communs de ma négligence envers lui, après toute Tamitié qu'il m'avait témoignée. — A quoi je n'ai pas daigné répondre.
Voilà, mon cher ami, les mœurs de cette bande. J'avoue qu'il ne m'était jamais rien arrivé de semblable, bien que j'aie plus d'une fois navigué dans des eaux infestées de requins. C'était donc une bien grande fatuité de ma part de vous offrir ce que vous appelez mon patronage auprès de la Bulozerie. — Je n'y puis rien, excepté vous compromettre et vous entraîner dans ma disgrâce. Mais je pourrais, si vous n'avez personne sous la main, vous recommander àJVfazade qui se ferait, j'en suis sûr, un plaisir de présenter votre nouvelle.
Je ne vous dis rien de notre situation politique. Nous nous enfonçons de plus en plus dans le bourbier et Dieu sait où cela nous mènera. Adieu, mon cher DoUfus, je vous serre bien affectueusement la
main et vous prie de présenter tous tnes hommages
à madame Dolifus.
A MADEMOISELLE LAUBÉ. '
Paris, 20 janvier 1875.
Chère Thésie, j'allais t'écrire a^Paoment où je reçois ta lettre. En lisant hier soir dans les journaux le détail de cette nouvelle inondation, je me figurais qu'on en avait exagéré l'étendue et je ne pouvais en croire mes yeux. Il est très probable qu'on aura fait, dans ces dernières années, des travaux d'endiguement qui ont trop resserré le lit des deux rivières et, comme elles ne peuvent plus sortir dans les campagnes, elles se répandent dans la ville. Ces malheurs-là arrivent presque toujours par suite des bévues des ingénieurs. Ils ne sont pas tous à la Chambre et il en reste toujours assez en dehors pour faire des sottises. J'espère qu'en ce qui vous concerne, ma mère et toi, vous n'en éprouvez pas d'autres inconvénients que celui de cette désagréable visite. Je vous envoie à toutes deux mes meilleurs souhaits. — Tu sais qu'on a tout le mois de janvier pour cela. Dis à ma mère que je lui apporterai moimême ses étrennes vers le 25 mars et que je l'embrasse bien tendrement.
Ton bien affectionné.