II
de ces petits riens qui remplissent l'existence en voyage me fontremettre au lendemain. J*ai Tintention de partir après-demain samedi matin. Ge qui me permettra de gagner ma soirée de dimanche^ que je compte passer avec vous, si vous le permettez; j'ai bien des choses à vous conter.
Jusqu'ici mon voyage s'est accompli dans les meilleures condiUbns et je ne me suis en rien écarté du programme que je m'étais tracé.
J'ai quitté Marseille lundi. Je n'y ai vu qu'un petit nombre de personnes toutes fort agréables. Ce sont les hommes qui avaient patronné ma candidature en 1871. Je suis arrivé à découvrir celui qui en avait eu le premier l'idée. C'est un homme très distingué sous tous les rapports et tel que je pouvais le souhaiter. — Je n'ai accepté que des invitations à déjeuner et sans cérémonie. Je me suis tenu soigneusement à distance des radicaux qui d'ailleurs m'ont témoigné de la réserve sans hostilité. Ici, j'ai trouvé madame Dicey un peu affaiblie mais bien portante, elle s'est informée de vous avec beaucoup d'intérêt, — puis une quantité de monde plein <ie clinquant et de tournure fort équivoque malgré tout son luxe. — Mais en revanche un ciel admirable, des arbres en fleurs, une température si douce que nous avons plusieurs fois déjeuné en plein air, sans paletot. Je suis allé voir à Menton mon ami Duvergier de Hauranne, que j'ai trouvé mieux que je ne l'espérais, — avec un