‹ Correspondance (volume 2)Chapitre 9 sur 36 · A M. VICTOR HENRY · texte numérisé non relu

A M. VICTOR HENRY

Ce samedi matin.

Mon cher Henry,

Excusez-moi, je vous prie, si je vous manque de parole pour notre rendez-vous de mercredi. J'ai trouvé, l'autre soir, ma mère dans un tel état de tourment et d'inquiétude, quoiqu'il fût à peine dix |Ç^§9^4% soir, que je veux lui épargner le plus posfmotions maladives. Je lui dois bien cela, réserve pour dimanche, A bientôt.

Votre ami aff*ectionné.

A SA MÈRE

Cauterets, ce jeudi ... 1866.

Chère mère.

Je suis ici depuis huit jours complets et je crois pouvoir être sûr maintenant que les eaux de ce paysci me font le plus grand bien, au rebours de celles de l'année dernière. C'est toujours une découverte précieuse que de trouver un bon remède. J'en avais

A MADAME PLANAT DE LA FAYK. 141

grand besoin. J'ai eu, quelque temps avant de quitter Paris, des crises d'étouffement peu dangereuses, mais très pénibles. C'était un accès d'asthme qui s'ajoutait à ma toux habituelle, et il était urgent d'en prévenir le retour. Jusqu'à présent, je me trouve admirablement de ces eaux. Ce pays est peu récréatif, mais supportable. Avez-vous cherché une maison de campagne, pas trop loin de la ville, par exemple, vers Jacob? Je serais content de m'y installer pour trois mois. Écrivez-moi, chère mère et donnez-moi de vos nouvelles.

Je vous embrasse.

A Cauterets (Hautes-Pyrénées). — Poste restante.

A MADAME PLANAT DE LA PAYE, f

Chère madame Planât, vous cédez à une illusion de votre bon cœur quand vous croyez ne m'avoir pas témoigné assez de sollicitude; vous avez été excellente et parfaite 'pour moi, et j'ai été touché jusqu'au fond du cœur de Taffection que vous m'avez témoignée. Quant à nos dissentiments, au fond si légers , sur des événements si mêlés de bonnes et mauvaises choses , je ne voudrais à aucun prix les voir même dissimulés pour des considérations du genre de celles dont vous me parlez. Nos opinions sont, des deux parts, sincères et désintéressées, c'est tout ce que nous pouvons exiger l'un de

112 CORRESPONDANCE DE P. LANFRET.

Tautre. Les concessions ne dépendent pas de nous et j'ajoute qu'elles ne seraient pas dignes d'une amitié qui est avant tout fondée sur l'estime.

Ma santé n'a absolument rien d'inquiétant; j'ai eu une crise de quelques jours et voilà tout. Mon médecin a été surpris du changement, mais il n'en est nullement alarmé et quelques jours de mouvement vont me remettre immédiatement dans le bon chemin. N'ayez donc aucune préoccupation à cet égard, chère madame et amie, mais soignez-vous un peu vous-même. Vous êtes dans un état nerveux, visiblement très douloureux. Tâchez de vous distraire un peu au moins physiquement. Il faut vivre et durer pour voir venir des temps meilleurs , et ils i^jH^ TOYiendront, je n'en doute pas, c'est une ques- .v|î;:!^HHÏ6^&ction. Une s'agit que d'attendre l'oscilla- • r^pp|%{«if fera pencher la balance de notre côté. Recevez mes remerciements affectueux et mille souhaits heureux de

Votre ami très affectionné et tout dévoué.

A MADAME PLANAT DE LA PAYE

Cauterets, ce 13 juillet 1866.

Je suis bien heureux et bien reconnaissant de votre souvenir, chère madame Planât. Vous oubliez toujours vos maux pour ceux des autres. Je vous aurais écrit depuis plusieurs jours si je m'étais trouvé

A MADAME PLANAT DE LA FAYE. 143

dans une disposition d'esprit moins lugubre. Mais je vois si peu en beau tout ce qui se passe depuis un mois que je me suis fait scrupule de vous envoyer mes tristes impressions, à vous qui avez bien assez des vôtres et qui, de votre côté, n'êtes guère portée à l'illusion.

Par un contraste assez nouveau chez moi, ma santé n'a jamais été si florissante ; j'ai trouvé ici des eaux merveilleuses qui ont sur moi un eff'et extraornaire, et je crois que si je les avais connues il y a quelques années, je n'aurais plus à me soigner depuis longtemps. Je me trouve donc, au moral, dans un état d'exaspération aiguë, et au physique dans un état de santé luxuriante dont je n'ai qge fajjre pour le moment, mais que je voudraist^ sûr de conserver pour l'avenir. J'étais habi ces deux parties de mon individu aller de coSS j'étais malade d'un décret où d'un discours ou d'une platitude quelconque. Aujourd'hui, je suis tout désorienté de m'apercevoir que ma tête ne s'embarrasse nullement de ma situation d'esprit et se porte fort bien en dépit des douleurs morales. La double apothéose de Bismarck et de Napoléon III ne l'a pas fait maigrir d'une ligne et le sénatus-consulte, ce boulet conique que nous recevons en pleine poitrine, a glissé comme une boule de coton sur son épaisse carapace. Je vous avouerai que j'en suis quelque peu humilié ; mais, avec la vie de Paris, je ne suis que trop assuré de prendre ma revanche.

Cauterets est, comme situation et comme distrac-

tien, assez semblable au Mont-Dore, mais les environs sont plus beaux et surtout la population n'offense pas le regard comme la race auvergnate. Les Pyrénéens ont de la vivacité, de l'esprit et de la grâce. Ils sont moins âpres au gain, moins maussades, moins rechignes que leurs confrères du Puyde-Dôme. L'air est aussi plus léger, plus subtil et plus vif. Tout cela pour moi est beaucoup, car cela constitue un ensemble qui vous pénètre à votre insu et à chaque instant. On est naturellement de mauvaise humeur au Mont-Dore; ici, on serait gai et content, n'étaient les scélérats européens sous les pieds desquels la fortune nous place de plus en plus.

, Chère madame Planât, vous ne me dites rien de f-TottS savez pourtant combien ce sujet m'inté- . n ne faut pas vous inquiéter outre mesure de ne pas recevoir de nouvelles de Georges Manin. — Il aura rejoint son régiment et vos lettres ne lui seront pas encore parvenues. Adieu et merci du fond du cœur. Je suis ici jusqu'au 31 juillet. Après cela, à Ghambéry, poste restante.

Je vous écrirai de là. Votre ami tout affectionné.

Vous pardonnez si facilement qu'on se laisse volontiers aller à pécher contre vous. On sent que cela vous est bien égal et que vos rancunes ne sont

jamais qu'à fleur de peau. Vous donnez des bénédictions avec une bonté désolante et si je n'avais pas depuis longtemps renoncé à vous émouvoir dans le sens de l'amitié cemme dans celui de la haine, je serais bien furieux contre vous. Mais j'ai senti de bonne heure que je ne parviendrais jamais à altérer l'admirable égalité de vos sentiments. J'accepte donc votre absolution d'un cœur reconnaissant, faute des injures bien senties que j'aurais préférées et de ces égratignures amicales que les femmes savent si bien faire. Vous n'avez rien d'humain, je l'ai toujours dit. Aussi ne suis-je pas étonné de l'état de votre santé, bien que je m'en afflige très sincèrement. Le ciel est irrité lui aussi de vous parfaite.

A partir de demain, je m'installe à là"^ pagne, dans un site des plus ravissants — où ne me manque rien — si ce n'est deux ou trois choses des plus nécessaires. Mais comme après tout ma réclusion ne durera que deux mois, il faut faire de nécessité vertu. Voilà où le joli diable dont vous me parlez trouverait tout naturellement sa place, mais je n'ai pas été destiné à ce bonheur et je m'en console en regardant celui des autres. En pensant par exemple à celui de ce pauvre D..., l'imprudent ! Vous ne lui avez donc pas dit que la passion s'en va, mais que la laideur reste? Je m'aperçois que vous tombez dans l'égoïsme, ce qui me parait tout à fait inexplicable chez une âme aussi

chrétienne et aussi résignée. Le mot de l'énigme II. 13

-.■wt.

doit se trouver dans quelque autre de vos perfections que je n'ai pas encore découverte. Je fais allusion à votre conduite envers notre amie vénitienne, que vous me semblez payer par lir plus noire ingratitude de sa folle amitié pour vous. Efle a dû être bien agitée dans ces derniers temps et je crains fort d'avoir ajouté une terrible crispation à toutes ses perplexités. Mais je n'ai pu m'empêcher de répondre en toute sincérité à une lettre d'elle sur les derniers événements et vous savez que je ne les vois pas en beau. Depuis lors plus de nouvelles. Je suppose qu'elle attend philosophiquement mon retour à Paris pour m'arracher les yeux. Rendez-moi donc le service. d'aller sonder le terrain, afin que le cas

4ant je ne coure pas aveuglément à ma perte.

a me devez bien cela. — Écrivez-moi ensuite pour me remercier de vous avoir fourni une occasion de réparer une faible partie de vos torts envers une femme pleine d'illusion sur vous.

Votre tout dévoué.

P.-S. Je ne parle pas du tout de politique et je fais mon possible pour n'y pas penser, car je suis exaspéré de tout ce qui se passe depuis deux mois, et ce qui peut en résulter de bon pour les Vénitiens ne me fait pas oublier le malheur du reste de l'Europe de plus en plus placée sous les pieds de deux hommes comme Bismark et Napoléon III. IjC triomphe de ces deux misérables et leur consolidation sera, quoi qu'on fasse, une des époques les plus hon*

A MADAME M. S. U7

teuses de l'histoire. C'est un soufflet donné à la Justice et à la Vérité. Je ne puis pas perdre cela de vue et j'ai la folie d'en souff'rir. La délivrance des Vénitiens ne compense pas une pareille calamité et un pareil scandale.

Soyez convaincue cependant que ceux qui s'autorisent de votre souff'rance pour vous accuser d'égoïsme vous calomnient et vous tourmentent sans motif. Ceux qui vous conseillent l'étude comme la diversion ne vous connaissent pas mieux^ii cause de votre ennui n'est pas un manque (l* tion pour votre esprit, c'est un manque d'occiipl pour votre cœur. Vous n'avez aucune aff'ection forte et profonde qui vous intéresse à la vie. Ceux qui vous en font un reproche devraient bien plutôt s'en prendre à eux-mêmes. Une telle aff'ection, on ne la réclame pas, on l'inspire. Si vous ne l'aviez jamais connue on pourrait vous accuser d'être incapable de la ressentir. Mais qui l'a mieux éprouvée que vous? N'en ai-je pas été mille fois témoin moimôme ? Voua aimiez alors, peu importe sous quelle forme, et aujourd'hui, vous n'aimez plus, tout votre mal est là. Ce n'est pas dans le temps où respirait le grand cœur que j'ai tant aimé moi-même, ce n'est pas alors que vous vous ennuyiez de la vie I Si

parmi les amis qui vous restent aucun n'a su, je ne dis pas vous consoler d'une perte dont vous ne devez pas vous consoler, mais réconcilier avec la vie une âme qui a montré de tels sentiments, qu'ils accusent leur insuffisance ou leur malheur, mais qu'ils ne viennent pas parler d'égoïsme. Si vous souffrez parce que rien de ce que vous apercevez autour de vous ne peut combler le vide qui s'est fait dans votre cœur, ce tourment même est une preuve que vous ne pouvez vous passer d'une grande affection, ce qui n'est guère, en général, le signe de l'égoïsme. A tout cela, il n'y a malheureusement que des remèdes qui ne dépendent pas de votre volonté. On ne peut pas dire à un malade : « Ayez

'.^rwpéiit. »

• ;^!§fou8 me demandez pourquoi je suis venu à Ghamoeiy. J'y suis venu pour voir ma pauvre et chère vieille mère, que je n'avais pas vue depuis longtemps. Je prolonge mon séjour ici pour lui faire plaisir et un peu aussi pour d'autres motifs qui n'ont rien d'intéressant. C'est là ce qui m'a fait assister, malgré moi, à la réception de la bande impériale. Ce malheureux petit pays s'est déshonoré avec un empressement qui me l'a fait prendre en horreur. Ses beautés sont flétries pour moi.

Votre tout dévoué.

A M. DE 6UERLE. 149

A M. DE GUERLE

C^ambéry, ce 12 août 1866.

Voici près d'une semaine, mon cher ami, que je suis ici, remettant de jour en jour le plaisir de répondre à votre bonne lettre, dans Tespoir de vous donner de meilleures nouvelles, non pas de moi, mais de la température et du ciel dont le concours est si nécessaire à notre expédition. Malheureusement le temps n'a pas cessé d'être exécrable et il y a plus d'un mois que cela dure. Il pleut à peu près tous les jours : le matin et le soir le thermomètre jusqu'à 12 degrés, dans la journée, il se tie ce qui implique une température tout à fait glaCfi dans la montagne. Avec cela un ciel sombre et nuageux. Les dieux sont décidément contre nous. Mais, comme ils sont presque aussi changeants que les mortels, les choses peuvent encore s'arranger et, dans ce cas, voici ce qu'il y aurait encore de plus simple, d'après les renseignements que je me suis procurés.

Si vous venez directement de Paris, il faudrait vous reposer une journée à Aix-les-Bains, où vous serez mille fois mieux qu'à Ghambéry sous tous les rapports. Vous partiriez d'Aix le lendemain matin vers neuf heures, vous déjeuneriez avec moi à Ghambéry où je me rendrai de la campagne (je m'y ins-

talle demain pour trois mois ; à la campagne bien entendu); le rendez-vous serait à Thôtel de France, à côté de la gare. La voiture viendrait nous prendre là vers midi et nous irions coucher à Saint-Laurentdu-Pont, au pied delà Chartreuse. Le lendemain, ascension et retour. Le tout peut très bien se faire en une seule journée et vous pouvez être de retour à Aix à huit heures et demie du soir. L'expédition est donc très facile à condition que le temps nous favorise.

On m'apporte votre seconde lettre à Tinstant

même. La séparation des sexes dont vous me parlez

n'est une objection que dans le cas où Ton passe la

nuit à la Chartreuse, et vous voyez que mon plan

. ra pçévue puisque je vous fais coucher à Saint-Lau-

'v^rat-dU-Pont. Nous ne devons donc pas nous tenir

' battus pour autant. Si cependant vous renonciez à

ce projet en faveur de Chamounix, j'espère que vous

ne me refuseriez pas de me donner une journée à

Genève, où j'irais vous rejoindre au passage, car je

ne puis me permettre de vous accompagner dans

cette excursion qui est, je crois, plus longue que

l'autre.

Quant à l'élection dont vous me parlez, je suis très peu au courant, quoique placé tout près du centre de l'action. Il y a deux ans tout le monde me parlait des grandes chances que j'avais dans ce canton et me pressait de m'y porter le cas échéant. Cette année personne — mais absolument personne ne m'en a soufflé un seul mot. On comptait probable-

A M. DE GUERLE. 151

ment que l'occasion ne viendrait jamais. — Mais elle est venue et mes chers compatriotes battent en retraite avec le courage civil qui les caractérise. Je suis un homme trop compromettant et trop compromis. J'ai su très indirectement qu'on va mettre en avant un propriétaire de la localité, grand éleveur de cochons et du reste homme assez distingué, ancien député à Turin. Les cochons n'ayant pas de couleur politique, il a quelque chance de n'être pas combattu par le gouvernement et il prendrait place entre la Gauche et les Quarante-cinq. Au reste je regrette peu de ne pas entrer à la Chambre dans les circonstances actuelles. Le sénatus-consulte rend la place beaucoup moins tenable encore qu'elle ne l'était et je crois que je n'y paraîtrais que toutjjiiste le temps de m'en faire exclure violeminiê*j que ce ne soit peut-être pas là la meilleure cotfl à tenir.

M. Lanjuinais, avec qui j'ai beaucoup causé de tout cela à Cauterets, est d'avis que l'on doit se barricader dans la Constitution et qu'il y a moyen avec cela de leur rendre la vie très dure. C'est à étudier. J'ai trouvé aussi là-bas messieurs de Metz et de Foblant, c'est-à-dire le comité de Nancy dans deux de ses meilleurs représentants. Je vous laisse à penser si nous avons été contents de l'apothéose de Bismark. Peut-être est-ce, comme on le dit à Paris, un échec pour Napoléon 111, mais c'en est un bien plus grand encore pour nos idées. Nous causerons de tout cela à Genève, sur une terre libre !

]r>2 CORRESPONDANCE DE P. LANFREY.

Mes amitiés respectueuses à madame de Guérie.

A MADAME PLANAT DE LA PAYE

Jacob, près Charabéry. ce 30 septembre 1866.

Voici bien longtemps, chère madame Planât, que je suis hanté par le désir de vous écrire. Gomment ! vous dire que je me suis défendu contre un sentiment si naturel? Je serais certainement embarrassé de vous définir le pourquoi. Il y avait là un peu de tout — crainte de vous froisser par quelque dissentiment au sujet des derniers événements, scrupule de vous entraîner à des conversations par écrit, qui Jye sont plus de votre goût — enfin, je ne sais quoi encore. Mais, chère et excellente amie, je ne puis me passer aussi longtemps de savoir comment vous vous trouvez et il n'y a pas de considération qui puisse m'empècher de m'en informer. Aucun raisonnement ne saurait avoir raison contre l'amitié et je me semblerais à moi-même absurde et odieux si, m'intéressant à tout ce qui vous touche comme je le fais à Paris, je pouvais vous traiter comme n'existant pas du moment ou deux cents lieues nous séparent. Gela tranche la question et il faut vous résigner à me donner de vos nouvelles, sauf à vous en venger nn peu en passant, si c'est votre bon plaisir. Gomment ne nous querellerions-nous pas? Nous sommes tellement du même avis

MADAME PLANAT DE LA FAYE. 153

J'espère que vous avez pu faire heureusement votre voyage en Bavière, malgré les coups qui ont si tristement frappé votre famille. Ce malheur me semble avoir quelque chose de plus accablant que celui qui a atteint tant d'autres familles, soit en Autriche, soit en Prusse. De ces deux côtés-là, du moins, ceux qui succombaient ontsupourquoiils mouraient; ils servaient une eau se bien nettement définie. Mais qui pourrait expliquer cette politique nébuleuse et fantasque que suivait la Bavière? Qui pourrait dire ce qui se passait dans la cervelle obscure de ce roi de clair de lune, de ce vague somnambule qui semble agir sous la triple ivresse de la musique, de la bière et du tabac! N'est-il pas lamentable pour un soldat de se faire tuer sur un ordre émané de ce m de l'avenir? Si vos deux parents se sont' compte qu'ils mouraient, non pour leur pays, maïs' pour le caprice d'un idiot incapable de prendre une décision même mauvaise, cela a dû être dur pour eux. — A propos d'idiot avez-vous entendu dire que notre tyran avait un commencement de ramollissement très prononcé ? Voilà qui serait le véritable couronnement de l'édifice.

Ecartons ces rêves trop doux ! J'ai lu, il y a à peu près deux mois, dans la Revue des Deux-Mondes un article qui a dû vous faire plaisir pour la mémoire de notre cher et grand ami^ Le travail n'était pas très bien fait; il contenait trop de phrases toutes

Page 1