Lettre à madame Planât de la Faye, 30 janvier
tisme de lâcheté qu'on possède au journal des Débats pour se réjouir en présence des douleurs et des déceptions de tant de nobles cœurs. » Il se console un peu toutefois en pensant « que les Italiens auront au moins acquis un noyau de résistance qui leur permettra de recommencer bientôt l'entreprise. Ils auront appris à ne plus compter que sur eux-mêmes, et l'idée de l'unité nationale ne pourra faire que de grands progrès en présence de l'impuissance des nouvelles combinaisons.
Quelque regrettables que soient leurs mécomptes, il y aurait eu de grands inconvénients à ce que leurs libération s'accomplit par des mains étrangères et trop vite. Les peuples ne tiennent qu'à ce qu'ils ont payé très cher 1 . »
On pressent, d'après ces derniers mots, que la façon dont s'accomplit finalement l'unité de l'Italie par la victoire des Prussiens à Sadowa n'ait pas donné grande satisfaction à Lanfrey. Jamais il ne consentit à considérer comme un triomphe pour la France la cession solennelle de la Vénétie à l'empereur Napoléon III, afin qu'il en fit, à son tour, cadeau, avec non moins d'apparat, au souverain du Piémont. A ses yeux, cette vaine comédie dans laquelle la presse opposante acceptait trop complaisamment de jouer son rôle, et que la niaiserie