‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 101 sur 201 · SELVE AU MARÉCHAL DU BIRZ · texte numérisé non relu

SELVE AU MARÉCHAL DU BIRZ

camÊfon- 148. — Londres, 5 avril. — Selve a reçu le jour même la dépêche du duiMde maréchal du Biez en date du 2 : il avait déjà appris la mort du roi dès da Biez. dimanche après dîner, par le courrier qui lui avait été envoyé. Il avisera désormais le maréchal de tout ce qui intéresse le service du roi, comme le lui recommande du Biez, et l'avertit du bruit du passage de Famiral d'Angleterre sur le continent.

« De Londres^ ce »"*• apvril X'' xlvii, » Vol. 6, f° 152 v°, copie du xvi' siècle, 3/4 p. in-f^.

SELVB AU ROI.

149. — Londres, 8 avril. — Selve rappelle au roi qu'il lui a écrit le 4. « Cejourd'huy est venu ung Italyen qui se dict estre lucquoys parler à Monsieur de la Garde et à moy. Et nous a dict cez propres termes qu'il luy esloyt venu aulx aureilles ugne pratique et entreprinse que quatre des principaulx de ce royaulme font, qui vous est, Sire, comme il dict, de très grande importance et en laquelle la diligence estoyt requise pour y obvier, nous requérant de le faire guyder et conduyre vers Vostre Majesté jusques en France où il dict qu'il ne feust jamais et néanlmoins se faict terriblement affectionné à vostre service. Ledict sieur de la Garde et moy, Sire, avons faict tout ce que ce pouvoyt estre. Et en fin n'eu avons 8ceu tirer aullre chose sinon que c'est ung advertissement qu'il ne déclairera qu'à Vostre Majesté laquelle à payne de sa vie le jugera de plus grande importance que ung million d'or. » Les ambe^sadeurs du roi font conduire ce personnage au maréchal du Biez qui l'enverra au roi, la dépense n'étant pas grande. L'avis leur paraît sans fondement, <( attendu la condition du personnaige », dit Selve, « qui monstre en son langaige quelque légèreté et dict qu'il est marchant et que aultresfoys a esté escollyer et homme de lettres, qui ne sont poinct mestiers qui le puissent avoyr rendu sy recommandable à ceulx de deçà qu'ilz l'ayent laissé

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pénétrer sy avant en leurs secretz, chose qui ne font qu'à bien peu dez leurs propres *. »

Selve a envoyé réclamer au protecteur un paquet de lettres du feu roi à lambassadeur de France en Ecosse, qui avait été enlevé à un jeune gentilhomme écossais qui est au vidame de Chartres ', fait prisonnier par un navire anglais et libéré par le protecteur il y a deux ou trois jours. Le protecteur a envoyé chercher ce paquet à Yarmouth et promis de le rendre tel quel.

Il s'est enquis du but du voyage de l'amiral d'Angleterre, et on lui a assuré que celui-ci est parti le mardi 5 pour visiter les ports de FOuest et faire tenir prêts les navires qui s*y trouvent. On a arrêté douze navires marchands, flamands et anglais, que Ton charge de munitions pour Boulogne. Le 19 doit se payer « ugne grosse imposition sur tout ce royaulme laquelle avoyt esté mise sus et accordée du vivant du feu roy d'Angleterre, qui est de IllI sols pour livre de Testimation du bien d'ungchascun des estrangers et de II sols YIII deniers pour livre de celluy de chascun angloys ». Selve envoie au roi une commission et un paquet que l'ambassadeur d'Ecosse resté à Londres adresse à l'évêque de Ross.

« De Londr€$^ ce viif' apvrii vxlvij. »

Vol. 6, f« 153, copie du xvi» siècle, 2 p. i/2 in-P.

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