‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 116 sur 201 · Bristol · texte numérisé non relu

Bristol

3. Pi«rre-Louis Farnèse, fils naturel de Paol 111, duc de Parme, Plaisance et Castro.

172 NÉGOCIATIONS DE [JUILLBT 1547]

V*' escus, mais à ceste heure combien que ceulx-ey la tienneiit tousjoure unie avec bonnes paroUes, le mieulx qu'ilz peuvent, sy monstrent iiz de n'y estre pas fort affectionnés. Au demeurant, Monseigneur, Ton m'a dict que milord Grey quy est cappitaine de Boulloigne s'en va en ceste guerre contre les escossoys *, aulcuns disent par terre ayant charge de la cavallerye, et aultres disent par mer et qu'il sera faict admirai, et celuy qay est de présent lequel a espousé la royne sera faict duc de Hichemont *, et qu'à Boulloigne sera cappitaine maistre Hoyet ' lieutenant dudict milord Grey ou bien maistre Wallop * quy est cappitaine de Guynes, desquelles nouvelles, Monseigneur, je n'ay aulcun advis de bien certain. »

L'Italien du nom de Pallavicini, dont il a déjà parlé, est venu le trouver la veille et lui a raconté qu'il avait longtemps servi en France dans les chevau-légers et avait passé de Paris en Angleterre pendant la dernière guerre, mais sans emporter ni argent ni armes. Ce personnage demande à rentrer en grâce auprès du roi de France et à revenir dans le royaume.

« De Londres j ce xx/ii'»' juillet i'* xlvji. »

« Monseigneur, le secrétaire de Venise quy estoyt icy pour la Seigneurie mourust il y aura demain huict jours, et m'a prié son fîlz qui est icy demeuré bien désolé de faire tenir ung pacquet quy est avec la présente à l'ambassadeur de Venise quy est par delà. Au surplus, Monseigneur, je vous oublioys à vous dire que j'espoyre que quand vous verres qu'il en sera temps vous ne m'oublierés poinct icy encores que je ne vaille pas que vous en ayés souvenance. »

Vol. 6, f° 209 v% copie du xvi« siècle, 5 p. 1/2 in-f^.

SELVE AU ROI

Affaire dei 194. — Londres, 27 Juillet. — Selve a reçu la dépèche du roi en date 500 000 écuf. ^y 22 et a été immédiatement voir le protecteur à Shyness. 11 Ta prié de vouloir bien lui faire connaître ses décisions sur les points au sujet desquels le roi de France avait manifesté sa volonté à Tambassadeur d'Angleterre. Le protecteur a déclaré ne pouvoir donner réponse avant d'avoir assemblé le conseil, qui ne pourrait être avant trois ou quatre jours, disant que la négociation se trouvait gravement compliquée par le refus du roi de laisser traiter la question du reliquat des 500 000 écus

1. WiUiam Grey, lord Grey de Wilton, alors capitaine de Boulogne.

2. Thomas Seymour, dont Selve a déjà annoncé le mariage avec Catherine Parr, veuve de Henry VIII.

3. Sir Thomas Wyal, depuis 1545 lieutenant de lord William Grey.

4. Sir John Wallop, gentilhomme de la Chambre privée du roi d'Angleterre, capitaine de Guines depuis 1541.

[juillet 1547J M. DE SELVE 173

et celle de la restitution autrement que par des commissaires délibérant à la cour de France même ^

Selve a de même requis du protecteur de lui donner une réponse définitive sur le fait de la compréhension des écossais, objectant que tout cet appareil de guerre s'accordait assez mal avec les promesses pacifiques du protecteur. A quoi celui-ci a répliqué que les commissaires qu'il s'était engagé pour sa part à envoyer sur les frontières d'Ecosse étaient prêts à partir, mais qu'ayant entendu dire que le gouverneur d'Ecosse était à deux ou trois milles de la frontière d'Angleterre avec une armée de dixhuit mille écossais « et sept mil saulvaiges », joint à ce que les galères du roi avaient passé la mer, il était en droit de prévoir une invasion écossaise plutôt qu'une négociation pacifique. Selve ayant ensuite expliqué selon les ordres du roi la cause des sondages exécutés par le prieur de Capoue dans le port de Tynemouth, le protecteur répondit que, lorsque les navires anglais se présentaient dans un port français, il leur fallait prendre des pilotes pour y entrer, sans opérer de sondages, et que jusque-là, en temps de paix du moins, les français faisaient de même en Angleterre. Ce que Selve n'a pas laissé sans réponse.

Selve a remis les mémoires de marchands français envoyés par le roi au protecteur, qui propose la nomination de commissaires français qui siégeraient à Rouen, et des députés anglais siégeant à Londres, qui décideraient sommairement des différends des anglais en France et des français en Angleterre, comme par le passé. Il a prié Selve d'en référer au roi.

« Sire, l'homme que j'avoys envoyé visitter les navires qui se prépa- p^paratus rent à ung port près de la bouche de ceste rivière lequel néanlmoins est de ^erro. dans ung aultre rivyère qui va à Rochestre ' m'a dict qu'il y a XXII grandz navyres et XIII espinasses dont l'on n'appreste que XVIII navyres et VI espinasses. Vray est que à Germut il y a VI aultres grandz navires tous prestz qui se joindront aulx XVIII en passant par ledict Germut, et se dict qu'il y en a quelques aultres aussy prestz plus avant au North, en sorte que le tout ensemble fera bien le numbre de XXX navires de guerre. Et à ce que j'entendz celluy qui a la conduicte de cest armée c'est ung nommé milord Clinton ' et non milord Grey comme l'on m'avpyt dict, lequel l'on attend icy aujourd*huy ou demain revenant de BouUoigne avec la plus grande partie des gentz de cheval quy estoint aulx garnisons delà la mer qu'il doibt conduyre en Ëscosse et avoyr la charge de toute la cavallerie qui sera en l'armée de terre. Il a esté icy

1. Les négociations relatives à la nominalion de cette nouvelle commission ne peuvent être que constatées dans cette dépêche de Selve. La lacune signalée dans ia correspondance de Nicholos Wotton ne permet pas de les éclaircir davantage.

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