Rochester
3. Edward Clinton, lord Qinton, comte de Lincoln, plus tard amiral d'Angleterre (1550).
quelque bruîct que ledict milord Grey seroyt faict admirai, et Tadmiral duc ou de Richemont ou de Norfolch, toulesfoys il semble que cela so}! ou changé ou différé. En effecl. Sire, les préparatifz sont grandz plus qu'il ne sembleroyt nécessayre s'ilz se faisoint seuUement pour la dcffence, et sont plusieurs d'oppinion que Tarmée de mer quy sera preste d*icy à VIII jours ne se met suz que pour nuyre à voz gallaires sy le temps et Toccasion se treuvent à propoz pour leur faire dommaige, combien que ledict protecteur m'aist fort asseuré du contraire. Voilà, Sire, le summhyre de ce que je vous puis dire pour le présent. »
« De Londres, ce X.YV77- juillet \* xlvii. »
Vol. 6, r» 212, copie du xvi« siècle, 3 p. 1/2 in-fo.
SELVE AU CONNÉTABLE
195. — Londres, 27 juillet, — Selve a fait au capitaine italien la réponse que le connétable lui a prescrite par sa dépèche du 22. Ce dernier s'est départi avec de vagues protestations.
Selve avise le connétable que journellement les français sont arrêtés à Douvres, à la Rye et dans d'autres ports. Le messager d'un marchand français qui portait à Paris quelques lettres particulières de l'ambassadeur a été saisi le jour précédent et mené au grand maître, garde des sceaux, qui a refusé de le délivrer et a même envoyé les lettres saisies sur lui au protecteur, lequel a dit qu'il les renverrait au grand maître pour les rendre à Selve. En outre, le protecteur vient de faire arrêter un certain nombre de navires français, et, sur la réclamation de Selve, a déclaré « que le roy d'Angleterre les retenoyt pour son service en son besoing et qu'estant le roy son amy comme il est il ne le trouveroyt poinct maulvays et que c'esloyt chose qui se pouvoyt licitement faire entre amys et que quand il en auroyt faict il les renvoyroyt ». En fait d'autres nouvelles, Jean Bodon est libéré, et s'il n'est pas arrêté en chemin il doit aller remercier le connétable de ses bons offices envers lui. Il ne porte pas do lettres, à cause du danger de les faire saisir, mais se fera connaître pour dire qu'il a reçu de Selve les cent écus soleil qui lui ont été remis de la part du connétable.
« De Londres^ ce xxvii^ juillet v> xlvii. »
Préparalifa ** Mouseigneur, depuis ceste lettre escripte l'on m'a adveriy que pour daguarre. yray le protecteur délibère de se trouver en personne'à cette entreprinse contre les escossoys et y aller incontinent que l'armée de terre sera preste, ce que l'on juge par de fort grandz préparatifz et esquippages de guerre qu'il faict faire le plus secrettement qu'il peust pour soy et pour sa maison. A quoy il y pourroyt bien avoyr quelque vérisimilitude attendu qu'il n'est pas aymé ny estimé de tous en ce pays, au moyen de
[juillet 1847] M. DE SELVE 175
quoy pourroyt bienestre qu'il ne vouidroict pas mecire la puissance de ce royaulme en armes soubz aultre main et conduicte que la sienne. L'on me vient aussy, Monseigneur, d'advertyr que la femme de Jehan Roze s'en allant à la Rye avec deux de sez enfantz pour passer en France a esté arrestée et remenée icy et sez meubles qu'elle avoyt saizis. Je ne veulx pas aussy, Monseigneur, obmectre à vous dire que je double que le bruict quy s'est faict ces jours passés de la prinse de la tour de Langoulme par les escossoys ne soyt faulx, d'aultant que je ne voy poinct qu'il continue et que le protecteur quy m'a faict' prou d'aultres plainctes desdicts escossoys à sa manière accoustumée ne m'a poinct faict mention de ces te là. »
Vol. 6, P 214, copie du xvi« siècle, 2 p. in-^.
SELVE AU ROI
196. — Londres^ 29 juilkt. — Le sieur d'Auzis, présent porteur, informera le roi des affaires d'Ecosse. Selve rappelle au roi qu'il lui a écrit Tavant-veille.
« De Londres, [le xxiX"^* juillet p azv//]. »
Vol. 6, P 21li, copie du xvi« siècle, 1/4 p. in-P.
SELVE AU CONNÉTABLE
197. — Londres, 29 juillet, — Selve a écrit l'avant- veille au connétable et s'en remet au sieur d'Auzis, présent porteur.
a De Londres, ce xxix** juillet p xlyil »
Vol. 6, P 215, copie du xvi« siècle, 1/4 p. in-fo.
« Advitz portez par le sieur d^Auzis, »
Pièce jointe au n** i 96. — « Le XXVIIP juillet arrivèrent à Londres préparatifs troys ou quatre navyres chargés de munitions qui viennent de delà la ^esraerre. mer, quy semble estre signe, ou qu'il y en avoyt excessive et superflue quantité par delà ou qu'il y en avoyt grand faulte icy.
« Pour tout vray l'armée de terre se doibt trouver preste à Barwich le XXIIII® du moys prochain, et ont aulcuns ferme oppinion que le protecteur ira en personne.
« Ledict XXVIII' est venu vers l'ambassadeur du roy ung grand jeune homme habillé en soldat lequel dict estre de Normandie et se nommer La Chapelle et estre venu par' deçà quand monseigneur l'admirai y vint et avoyr depuys icy suyvy quelque temps Berteville mais à présent n'estre plus avec luy, donnant à entendre que le cappitaine Gamboa espaignol quy est icy maistre de camp le veult retirer en son service
476 NÉGOCIATIONS DE [aoct 1547]
et que s'il y va ce n'est que pour regarder s'il aura moyen de faire quelque bon service au roy duquel il dict estre alTectionné comme subjel doibt estre à son prince naturel. Et que pour en faire foy il venovt advertir ledict ambassadeur qu'il venoyt de veoyr ugne lettre adressante audict Gamboa laquelle luy avoyt esté baillée pour lire d'aultant qu'elle estoyt escripte en françoys et contenoyt que sy ceulx de deçà vouUoint l'on leur distrairoyt asseurément des garnisons de France jusques au numbre de troys centz chevaulx quy viendroint servir le roy d'Angleterre. Luy a esté demandé quy escripvoyt ladicte lettre, de quel lieu elle estoyt escripte et quy l'avoyt portée, et s'il s'en retournoyt, et sy ladicte lettre faisoyt mention de quels chevaux et de quelles garnisons. A quoy a répondu que ladicte lettre portoyt estre escripte à Hayres, mais qu'il doubtoyt que ce ne fcust à Ardres car elle estoyt en bon françoys et que celluy quy l'escripvoyt s'appelloyt Charles de Navarre, et ne sçavoyt le nom de celluy quy l'a portée lequel il dict parler françoys et avoyr passé par France en venant car il en compte des nouvelles, et semble qu'il soyt espion car il dict que on les a donnés icy, toutesfoys ne sçayt son nom ne quand il s'en retourne mais a dict qu'il s'en enquéroyl. Aussy ne sçayt de quelles garnisons se doibvent distraire lesdicts II1<^ chevaulx, bien pense que ce sont chevaulx leigers et arquebuziers à cheval. Auquel advertissement ne semble paz y avoyr trop de vérisimililude.
« Toutesfoys, n'est rien sy vray que ledict Gamboa a proumiclz à ceulx cy de faire ung bon numbre des gentz de guerre ou espaignolz ou italyens ou d'aultre nation, et pour ce faire a envoyé en Flandres, où il a peu ou rien advencé comme l'on dict, au moyen de quoy pourroyt estre qu'il voulsist essayer d'en recouvrer d'ailleurs. »
Vol. 6, P 2113, copie du xvi» siècle, 1 p. in-P.
SELVfi AU ROI.
Siège du IBS, — Londres, 2 août. — « Sire, j'ay ce jourd'huy eu audience de sainSudté ™^"^^®"'' '® protcctcur et en icelle m'ont esté tenuz les propoz dont je vous ay faict ung recueil à part à la vérité que je vous envoyé. Ledict protecteur, Sire, après lesdictes propoz m'a prommené en devisant deux ou troys tours me demandant sy j'avoys poinct de nouvelles de Sainct- André et qu'il pensoyt qu'il fust prins à ceste heure, ce néanlmoins qu'il avoyt eu nouvelles certaines qu'il y avoyt eu cinquante hommes des vostres tués dans les tranchées par l'artillerie du chasteau et que entre aultres Ton luy mandoyt qu'il y en avoyt deux des princippaulx qui feussent autour du prieur de Cappua, et que on luy avoyt aussy dict que ugne de voz gallayres estoit périe à cause d'ugne pièce d'artillerye quy s'estoyt rumpue dedans. Je luy ay asseuré que ceste nouvelle estovt faulce
[AOUT 1547] M. DE SBLVB 177
et que cela me faisoyt penser que la première n'estoyt guères plus vraye, laquelle première il m*a ioutesfoys de rechief conûrmée pour certain.
« Sire, les navyres partent comme Ton dict demain ou après demain et pense Ton que dans quatre jours sy le vent tient où il est et a esté tous ces jours passés ils seront devant Sainct-André. Monsieur le protecteur m'a dit que le conte de Vuarvych estoyt général de l'armée par terre et que luy n'yroit poinct, mais la plus part tient pour certain qu'il yra en personne. Au surplus, Sire, il est venu à moy ung jeune homme piedmonloys, m'alléguant que vous l'avié icy envoyé pour voslre service sur quoi vous luy avyés dict que vous me manderiés vostre intention, sans laquelle entendres. Sire, je ne suys paz délibéré de me fier à chose quy me dye. Je vous ay faict advertyr. Sire, par le sieur d'Auzis, de quelques practiques qui se meinnent pour vous distrayre de voz genlz de guerre, lesquelles choses. Sire, j'ay encores entendu depuis estre véritables, mais je ne puys descouvrir quy se mesie desdictes menéez ny où elles s*addressent sinon que Ton m'a asseuré que ceulx cy désirent et espèj'ent de vous lyrer les albanoys quy sont en vostre service par le moyen de quelques ungs de ceste nation qui sont icy. Il est par deçà quelque bruict que l'un a envoyé arrester quelque levée d'allemantz dont je ne vous puis rien mander à la vérité.
« Sire, etc. »
« De Londres^ ce ii'^* dCaoust V'^XLVii. « Vol. 7, fo A, copie du xvi« siècle, 1 p. 1/2 in-f®.
SBLVE AU CONNÉTABLE.
199. — Londres^ 3 août. — « Monseigneur, vous verres par ceste depesche les prx)poz quy me furent hyer tenuz par le protecteur en sa maison de Shines après m'y avoir faict attendre deux heures avant que pouvoyr parler à luy, me donnant pour compaignie ung sien secrétaire [
et ung médecin qui me sont recueilz qui n'ont poinct acccoustumé de m'estre faictz. Et ont je ne sçay quoy de braverie de laquelle il me semble que l'on n'a encores usé en contenance et en maintien... En summe, Monseigneur, cez sieurs icy monstrent de tenir pour résolue la guerre avec le roy et s'y font les asseurés plus que je n'eusse cuydé et qu'ilz ne monstroint de faire il y a bien peu de jours, de laquelle asseurance néanlmoins le fundement me semble fort débile s'ilz ne proceddent d'allieurs que de leurs propres forces lesquelles auront à mon advis bon besoing d'ung bon repos et refraichissement s'il ne se faict rien au voyage qui va se faire en Escosse comme je croyroys certainement qu'il ne se feroyt sy les escossoys estoint tous bien uniz et fidelles. De quoy je ne sçay que penser, voyant l'assurance que ces gentz icy prennent quy n'est paz de moins à ce que j'entendz que d'avoyr la petite royne sans combat ne Angleterre. — 4546-4540. 42
178 NÉGOCIATIONS DE [hOUT 1547]
perte de genz au moyen de leurs iulcUigeiicez, et s*ilz faillent à cela, ilz pensent pour le moins avec la force de mer et de terre qu'ilz y menneni y prendre ung sy bon pied (fue l'on ne les ostera paz de là quand Ton vouidra. Il leur vint avant hyer quelcun d'Escosse à l'arrivée duquel tout le conseil quy estoyt assemblé se leva et luy feust faict ugne fort grande chaire, et se publioyt et cryoyt par les angloys quy estoint chez ledict protecteur : bonnes nouvelles, bonnes nouvelles. Toulesfoys le prolecteur m'en dict hyer quy ne mériteroint paz d'en faire sy grande fesle s'il n'y avoyt autre chose. »
Le gentilhomme italien auquel Selve a fait la response prescrite par le connétable est revenu voir l'ambassadeur pour lui dire qu'il avait son passeport et verrait le connétable en traversant la France.
« De Londres, le iw* aoust V' xlvii. »
Vol. 7, fo i v*, copie du xvi« siècle, 1 p. 1/2 in-P.
200. — Ijmdvfs^ .j août. — Selve a reçu le matin la dépêche du roi en date du 30 juillet et a immédiatement fait demander au protecteur le passeport du gentilhomme i\m l'a apportée et qui doit continuer son voyage jusqu'en Ecosse.
Prise du « Sire, ledict protecteur m'a mandé qu'il avoyt eu certaines nouvelles château de Je la priusc du chastcau de Sainct- André lequel ceulx qui estoient dedans * ont rendu entre les mains de voz genlz dès le premier jour que la batterie y feust faicle *, voyantz y avoyr desjà bresche bien grande combien que la muraille feust fort espaisse en Tendroict où ladicle brescho feust faicte, et n'ont voulu à ce que j'entendz se rendre aulx escossoys, mais à vous seul, Sire, et à ceulx quy estoint là pour vous. Lesquelles nouvelles, Sire, sy elles 'sont vrayes, pourront bien mectre ceulx cy hors de poyne d'aller trouver là voz gallayres, lesquelles ont de présent le plus beau temps du monde pour s'en revenir s'il lient tel qu'il est. Et pense que de ladicte prinse se pourroyt bien ensuyre ugne aultre commodité encores, quy est de descouvrir les intelligences que ceulx-cy se ventent tant d'avoyr par delà desquelles il n'est possible que ceulx ci qui estoint dans ledict chasteau ne feussent consententz et particippans, et sy elles sont descouvertez et que l'on y pourvoye par delà comme Ton doibt et que les escossoys avec cela tiennent quelque bonne force preste sur l'entrée de leurs frontières quy puisse garder ceulx cy d'entrer en pays ainsy aysément comme ilz cuydent faire sans y trouver résistance les angloys seront en grand danger d'avoyr commencé ung jeu quy ne leur vauldra paz la chandelle, c'est à dire la despcnce qu'ilz y font Quy est. Sire,
1* Le château de Saint- André fut pris le 30 juillet 1546 par les troupes françaises.
[août 1847] M. DE SELVE 179
tout ce que je vous puys mander pour le présent, sinon que le protecteur part bien test comme l'on tient pour certain, pour aller en personne sur la frontière d'Escosse, Ton ne sçayt bonnement sy c'est pour conduyre et mener Tarmée luy mesmes ou sy c'est pour y faire ung tour et revenir incontinent icy. Milord Grey est encores comme j'entendz à Boulloigne faisant embarquer les soldatz que Ton faict venir par deçà au lieu desquelz se dict que l'on envoyra quelques aultres, et luy est attendu icy dans peu de jours. Le numbre des gentz de ceste armée de terre ne se peust certaynement sçavoyr encores; bien dict Ton qu'il y aura bien IllI^ chevaulx, et de gentz de pied aulcuns disent XV^' et aultres XX^^.. »
« De Londres^ ce v^'^ aoust v axv//. » Vol. 7, fo 5 yo, copie du xvi« siècle, 2 p. 1/4 in-f°.
201. — Londresj 5 août, — Selve rappelle au connétable qu'il lui a dernièrement demandé de ne pas l'oublier en Angleterre, paroles qui étaient seulement, dit-il, « affin que le commencement et extrémité des maulvais temps s'ilz surviennent ne me preigne poinct icy s'il vous plaist, car je craindroys la miséricorde de ce pays aultant que tous les dangers d'ung aultre... »
« De Londres, ce V'»"= aoust v^ xivii, » Vol. 7, f 0 0 V**, copie du xvie siècle, 3/i p. in-f".
SELVE AU ROI
202. — Londres, 8 août. — M. de Combas, présent porteur, informera de vive voix le roi.
[« De Londres, ce v///-»» aomt V'^ xlvii. »]
Vol. 7, fo 7, copie du xvi® siècle, 1/4 p. in-F.
SELVE AU CONNÉTABLE
203. — Londres^ 8 août. — M. de Combas, présent porteur, informera de vive voix le connétable.
« De Londres^ le viii'^'^ aoust [v« xivii]. «
Vol. 7, r> 7, copie du xvi« siècle, 1/4 p. in-f".
SELVE AU ROI
204. — Londres^ 1 0 noùt. — I/ambas.sadcur d'Ecosse est venu raconlcr j^.^^^^,,,,^ à Selve comment, après avoir été rappelé de Londres, il y a été renvoyé, d Ecosse
180 NÉGOCIATIONS DE [aoct 1547]
et lui a fait le récit de son entrevue de la veille avec le protecteur à Shyness. Le protecteur a déclaré lavoir fait mander pour lui dire que si le gouverneur d'Rnosse voulait envoyer George Douglas ou quelque autre député à Newcastle, le 47 août, il se trouverait bien un moyen d'empêcher la guerre entre les deux pays. Selve est d'avis que cette ouverture tend à endormir le gouverneur d*£cosse ou à préparer les armes à la main quelque traité avantageux pour les anglais, au préjudice de celui que les écossais ont avec le roi.
Préparatifs « Sirc, il n'y a icy aultres nouvelles sinon que Ton voyt tous les jours dcinierre. ggjj^^ de gucrrc faire monstres et marches droict vers ledict païs d'Escosse. J'ay entendu que de ceulx qui venoint de Boulloigne pour s*embarcquer aulx navyres eu est péry ung vaisseau près d'Arrvich où il y en avoyt envyron deux ou troys centz. L'on me vient de dire que le grand maistre * d'icy a esté envoyé en grande haste à Hantonne et Porr.emut et aultres lieux de ceste contrée du Ouest, je ne sçay pourquoy sy n'est qu'ils craignent quelque allarme de ce costé là, car Ton faict icy ung grand bruict que vous, Sire, faictes armer force navires en France et avés grande armée preste desjà autour de Hesdin pour venir sur le Boullcnoys, quy seroint choses quy feroint fort penser à raon adviscez sieurs à leur conscience, quelque brave mine qu'ilz facent. »
« De Lomlrcs, le -V"* cTaousl v^ xlvii. »
Vol. 7, f» 7, copie du xvi'= siècle, 1 p. 3/ i iii-f".
SELVE AU CONNÉTABLE
• 205. — Londres^ iO août. — Selve écrit au roi les nouvelles qu*il a pu réunir.
« Do Londres^ In \^ (taoKst >'• XLV/l. » Vol. 7. f"* 8, copie du xvi« siècle, 1/4 p. In-fo.
SELVE AU ROI
206. — Londres^ i .2 août, — Selve vient de recevoir la dépèche du
roi en date du 9 et a immédiatement été faire savoir au protecteur qui
passait la journée à Londres la teneur des réponses que le roi a envoyées
par écrit à son ambassadeur.
Limites du ^^^ '^^ qucstious dcs limitcs du Boulonnais, des fortifications de Bou-
Dooionnais. lognc, et du reliquat des 500 000 écus, le protecteur a répondu qu'il
de BouiogSî* donnerait ordre que Cobham et Wallop, avec un personnage de qua-
•ioifôoo A**' lité égale à celle de maître des requêtes de l'hôtel du roi, qualité qui
1. 8ir William Poulet, lord Saiiit-Jolm, comte de Wiilshire, marcjuis de Wincheslcr, grand maître de la maison du roi depuis 1545.
[août 1547] M. DE SELVE 181
est celle de M. de Saveuse, eussent à se trouver sur les lieux le 20 août pour régler les difTérends relatifs aux fortifications et à la source de la Liane; quant au reliquat des 500 000 écus, il a promis de soumettre au conseil la date de la nomination des <( personnages neutres » qui doi-* vent prendre une décision sur ce point, approuvant fort la résolution du roi de nommer ceux qu'il avait à choisir pour cette négociation. Il a promis également de faire connaître les noms et la date d'envoi des commissaires anglais sur le fait de la restitution du Boulonnais, au sujet desquels le conseil doit délibérer le dimanche prochain ^, disant qu'il eût bien préféré que le roi de France eût commencé par choisir les siens de son côté '.
Quant au fait des écossais, il a répondu par ses plaintes habituelles NoaveHes sur leurs déprédations, sur leurs invasions en Irlande et sur leur agression contre la tour de Langholm, « de laquelle il dict que la prinse... est grandement préjudiciable à l'honneur du roy d'Angleterre sy elle estoyt soufferte et endurée et que desjà s'en publient des bruictz aultres qu'il ne vouldroict jusques en Allemaigne et en Itallye et aultres lieux de la chrestienté comme il est adverty ». Selve répondit que, quant aux faits de pillage, le roi n'avait jamais voulu parler que de réparations réciproques, et, quant à la tour de Langholm, <( que les escossoys ne Tavoint poinct prinse par forme def conqueste ou invasion sur le roy d'Angleterre, mais seullement pour ce que c'estoyt le refuge des rebelles et transfuges d'Ëscosse, lesquels ayants ceste relraicte faisoint tous les jours pilleries et larcins dans ledict pays, et que lesdictz escossoys s'ostoint voullu lever ceste vermine de gcntz d'auprès d'eux sans aullre chose entreprendre. » A quoi le protecteur a répliqué en disant que, avant cette entreprise du gouverneur d'Ecosse sur la tour de Langholm, il l'avait fait requérir par l'ambassadeur d'Ecosse de s'en abstenir, représentation dont le gouverneur n'avait pas paru tenir compte. Quant à l'envoi secret des galères du roi au château de Saint-André, il ne pou-
i. Le surlendemain, dimanche 14 août.
2. Celle dépêche de Selve montre l'état des négociations relatives aux trois points demeurés en litige : limites du Boulonnais, fortiflcations de Boulogne, reliquat des 500 000 écus. Les commissaires anglais qui avaient pris part à la négociation relative aux deux questions des limites et des fortifications, entamée dès Tannée précédente et demeurée pendante, étaient lord Cohham, député de Calais, sir John Wallop, capitaine de Guines, sir Edward Wotton, trésorier de Calais, frère de l'ambassadeur, et lord Thomas Seymour, créé depuis amiral d'Angleterre (ci-dessous, 28 octobre 1546) : la nouvelle commission était, comme on le voit, composée des deux premiers et d'un troisième membre seulement. Quant à la troisième question, le reliquat des 500 000 écus, on constate par ce passage que les deux gouvernements poursuivaient d'un commun accord la nomination. des arbitres neutres, opération prévue et devenue nécessaire depuis le désaccord constaté des commissaires des deux nations. La question de la restitution anticipée du Boulonnais était d'un ordre tout difrérentet nécessitait l'engagement de pourparlers tout nouveaux : dans sa dépêche du 17 août, Selve annonce la nomination des commissaires nngtais, dont on suivra les négociations dans la suite de cette correspondance.
182 NÉGOCIATIONS DE [aoCT 1547]
vail blâmer, a-l-il dil. celle enlreprise, que le roi avail faite par point d'honneur el pour remelire celle place aux mains de la reine d'Ecosse, mais croyait que le roi n'était pas informé que les défenseurs du châleaa tenaient |H>ur robs^^rvatiôn de la foi jurée an roi d'Angleterre. Il a fait ensuite plainte de la saisie de plusieurs navires marchands anglais arrêtés à Caudebec, Rouen, et dans plusieurs autres ports. Selve a répondu que les plaignants pouvaient s'adresser à la cour de rAmirauté de France, mais que cette saisie avait dû être opérée à Tinsu du roi par des marchands français désireux de récupérer la valeur de leurs marchandises saisies de la même façon en Angleterre.
(lomme Selve >'apprétait à se retirer, le prolecteur lui dit que dès la dernière audience il avait envie de lui tenir un propos dont il voulait à présent s'ouvrir à lui. « Et s'est donné au diable s'il ne disoit de bonne et droicte intention ce qu'il me voulloyt dire et pour le bien universel de toute la christienté ensemble de vostre rovaulme el du rovaulme dAngleterre. » Il voulait parler des grands maux que ne manquerait pas de causer une guerre du roi avec le roi d'Angleterre, thème qu*il a longuement développé, en insistant sur les préparatifs de défense du roi d'Angleterre. A quoi Selve n'a voulu répondre qu'en termes généraux. Noareiie!! Après CCS propos, le protecteur demanda si le roi n'avait pas de noud'Aiiemâgne. y^^Hgg jg Tempe reur. La réponse de Selve a été que le roi en avait à toute heure, mais qu'il ne savait lesquelles, sinon que l'amitié entre les deux princes était telle qu'on la pouvait souhaiter. « A quoy. Sire, » dil l'ambassadeur, « il m'a réplicqué que Ton avoyt par deçà nouvelles que l'empereur avec les princes d'Allemagne alloint faire ugne ligue qu'il m'a nommée Suénique pour la réunion et réduction à l'obéissance de l'empire de toutes les terres et seigneuries quy en sont mouventes ou dépendentes, et qu'il y en a quy veullent dire que ladicte ligue se faict principalement contre le Piedmont que vous, Sire, tenues et possédés par les Suisses, et que sy ainsy estoit vous sériés pour avoyr quelques affaires du costé dudict Piedmont. » Selve lui a objecté l'invraisemblance de ces bruits. •
« Voylà, Sire, le sommaire des propos de ceste audience quy a bien duré trois f-rrosses heures, à la fin de laquelle m'a dict ledict protecteur qu'il avoyt advisé aulx alTayres de ceste guerre, mais que quant à luy il ne pensoyl poinct de passer oultre et que sy je y vouUoys venyr je y seroys le bien venu et verroys quel debvoyr il feroyt envers lesdiets escossoys s'ilz se vouloint mectrc à la raison. A quoi je lui ay dict, Sire, que vous me teniés par deçà pour négotier avec luy et les aullre? sieurs ayanlz l'administration de ce rovaulme et qu'en cela j'avoys à faire ce qu'il ni(; seroyt par luy et eulx ordonné. En quoy, Sire, il vous plaira me commander vostre voulante el sy vous entendes que je me gouverne en cesl endroict comme les aultres ambassadeurs quy sont icy feront ou bien que je face ce que ledict protecteur m'ordonnera, lequel
[août 1547] M. DE SELVE 183
doibt partir en poste comme j'entendz de dimanche prochain en huict jours. Ugne longueur et difficulté y aura, Sire, à mon advis, à cause de ce voyage aulx choses que Ton aura à négotier par deçà quy est que le conseil quy demeure icy près le roy d* Angleterre fera difficulté de résouldre les choses sans l'advis dudict protecteur quy sera à deux centz mil d'icy et icelluy protecteur pourra faire semblable difficulté de ne voulloyr déterminer les affayres seul à ceulx qui de prime face s'adresseront à luy où il sera. »
« De Londres^ ce xii^* aoust v^ xlvii, »•
Vol. 7, f° 8, copie du xvi» siècle, 8 p. 3/4 in-f<».
SELYE AU CONNÉTABLE.
207. — Londres^ 13 août. — « Monseigneur,... le grand maistre d'icy est allé en grande diligence revisiter toute la cosle du Ouest opposite à de^lîerre.' celle de Normandie, à commencer depuys Hantonne et Porcemut. Et hyer arriva icy l'admirai venant de là mesmes. Le protecteur part de demain en huict jours pour aller en personne à la frontière d'Escosse vers laquelle tous les gentz de guerre tant de pied que de cheval sont desjà acheminés, et en avons veu en ceste ville passer et partir plusieurs bendes. L'on dict qu'il y aura bien cinq mil chevaulx dont les deux mil seront bien armés et montés et en bon esquippage. Le nombre des gentz de pied ne se dict poinct encores certainement. Bien se publie partout que c'est le plus grand appareil que l'on ayt jamais faict en Angleterre, et de ce quy se peut juger à l'œil il semble que l'on ne veuille à ce coup rien prétermectre de l'efFort quy se pourra faire de ce costé là. Par mer se dict semblablement qu'il y a grande armée, et disent aulcuns qu'elle ira descendre à Sainct-André prendre la ville que l'on dict estre aysée à garder et fortiffier. Aultres disent que de la part du Ouest Ton s'essayra (le faire aussy quelque aultre descente dans ledict pays d'Escosse lequel l'on veult à ceste foys assaillyr par plusieurs endroiclz pource que les escossoys ne pourront comme les angloys estiment soustenir l'effort en divers lieux. Ce que j'ay dernièrement escript des deux ou troys centz soldats noyés et péris est comme j'entendz de nouveau véritable. »
Jean Ribault n'a encore pu s'échapper, à cause du guet qui se fait dans tous les ports, où il est très connu. « Et s'est monté et esquippé de je ne sçay quantz chevaulx et faict recepvoyr parmy les gentz de cheval avc€je§quelz par commandement il a esté contrainct de partir, m'ayant donné la foy (jue le plus tost qu'il pourra trouver occasion d'eschapper il s'en ira à vous, ce qu'il m'a proumictz de faire ou par Escosse ou par la frontière où il va quand il debvroit perdre la vie. » Quant à Bertcville, il ne cesse depuis un mois de presser Selve, soit par des marchands, soit par d'autres intermédiaires, d'écrire au roi pour lui con-
184 NÉGOCIATIONS DE [août 1547]
seiller d'accepter ses services en échange de sa grâce. Il a fait parler à Selve d'une grande entreprise qui devait avoir lieu au printemps prochain et qu'il s'engageait à découvrir au roi. Selve à tout hasard en avise le connétable pour décharger sa responsabilité.
« De Londres^ ce xiii^* aoust v« XLvn. »
Vol. 6, f** 42 vo, copie de xvi« siècle, 2 p. in-P.
SELVË AU ROI.
RestitiiUon 208. — Londres, i 7 août. — Selve a été mandé la veille par le pronaisetaatreB ^ectcur à Shyucss ct n'a été de retour que très tard dans la soirée. Le négodatioiu. protecteur lui a communiqué l'avis du conseil du roi d'Angleterre sur les deux questions du reliquat des 500 000 écus et de la restitution de Boulogne. Sur le premier point, le conseil a décidé de choisir quelques personnages neutres, gens de bien et de savoir, avant le délai de la Chandeleur ^ Quant au second point, il a arrêté de députer les personnages envoyés jadis par le feu roi pour traiter de la paix, qui sont le comte de Warwick, chevalier de l'ordre de la Jarretière, alors amiral, à présent grand chambellan, Paget, alors premier secrétaire d'État, actuellement grand contrôleur et chevalier de l'ordre de la Jarretière, et le docteur Wotton, doyen de Canterbury et dTork, aujourd'hui ambassadeur d'Angleterre auprès du roi, dont le successeur en France n'est pas encore désigné; la conférence n'aura pas lieu avant la Chandeleur, le comte de Warwick ayant le commandement de l'armée d'Ecosse '. Au regard des autres différends relatifs aux limites et fortifications du Boulonnais, le protecteur a assuré à Selve que les commissaires anglais seraient au rendez-vous le 20 août ^
Sur le premier point, Selve a simplement répondu qu'il avertirait le roi. Mais, sur le second, il a fait entendre au protecteur que, s'il désirait si vivement la fin de ce désaccord, il convenait d'en remettre la solution à un temps moins incertain et moins éloigné.
Le protecteur s'est ensuite plaint de la saisie de navires anglais dans divers ports de France, bien que ces navires ne fussent que du port de 25 à 30 tonneaux. Il a fait ensuite remarquer que le roi avait accordé des lettres de marque à plusieurs dieppois contre tout sujet anglais, « quy est chose laquelle il dict estre contre la teneur du traicté de paix
1. Sur ce point des négociations, voir ci-dessus, dépèche du 12 août.
2. Ces trois personnages, sir John Dudley, alors vicomte Lisie et amiral d*Anglei^leterre, créé depuis comte de Warwick et grand chambellan, sir William Pagel el Nicholas Wotton, avaient, en compagnie d'Edward Seymour, comte de Hertford, créé depuis protecteur, pris part aux négociations du traité d'Ardres du 7 juin 1546, en qualité de commissaires du gouvernement anglais. C'est à cette mission antérieure que Selve fait ici allusion.
3. Sur ce point des négociations, voir ci-dessus, dépêche du 12 août.
par lequel lettres de marque ne se doibvcnt octroyer sinon contre les principaulx délinquentz et en cas de manifeste dénégation de justice ». Il a ajouté que plusieurs navires français venaient d'être saisis par les maires et baillis de certains ports d'Angleterre, en représailles de ces prises. Selve a répondu que Texcuse du roi de France était son ignorance à regard de ces prétendues lettres de marque, tandis que le protecteur, qui connaissait et maintenait les saisies de navires français, n'avait rien de tel à faire valoir. Selve mande au connétable les autres propos qui lui ont été ensuite tenus.
« De Londres, ce xyii"^* aoust v*' xlvil » Vu). 7, f° 13 v°, copie du xvi*^ siècle, 3 p. 1/4 in-f».
SELVE AU CONNÉTABLE
209. — Londres, i 7 août. — A la fin de l'entretien dont il fait le Resiuuiion récit au roi, Selve a entendu de nouveau le protecteur lui parler des pré- Boulonnai». paratifs de défense exécutés en Angleterre et des inconvénients d'une guerre entre les deux rois. Selve feignant de ne pas comprendre, il s'est laissé aller jusqu'à lui dire « que l'on pourroyt bien trouver quelque bon moyen de rendre Boulloigne au roy devant le temps mentionné au traicté avec des conditions qui pourroint estre advisées honorables et commodes à tous les deux princes ». Selve lui ayant répondu que quelquefois telles choses se mettaient en avant afin qu'elles fussent redites et répétées, sans qu'on eût pour cela grand désir de les exécuter, le prolecteur lui dit d'en faire, après tout, ce qu'il voudrait. « Et, après avoyr esté ung peu là dessus sans parler, » dit Selve, « m'a dict qu'il n'y avoyt pas grand lieu d'en escripre au roy, mais que sy je le trouvoys bon il luy sembloyt n'y avoyr poinct de mal de vous mander ce qu'il m'en avoyt déclairé, me répétant encores que s'il pouvoyt deviser avec vous il parleroyt plus avant... »
Le protecteur a prié Selve de demander au roi par l'intermédiaire du connétable la délivrance des anglais pris dans le château de Saint-André qui n'ont commis aucun crime ^ et la mise à rançon de cinq écossais pris avec eux, proposant en échange cinq écossais prisonniers en Angleterre, dont le moindre vaudrait plus que le plus riche des cinq dont il désire la libération. Selve a répondu qu'il en référerait au roi, mais qu'il pensait que le roi ferait quelque difficulté de s'y employer, les anglais s'étant laissé prendre en compagnie de Febelles et de meurtriers, et les écossais ayant été saisis, non comme prisonniers de guerre, mais comme crimi-
i. Parmi ces prisonniers était le célèbre John Knox, le principal propagateur de la Réforme en Ecosse. (Mac-Crie, The Life of John Knox, Edimbourg. 1814.) Sa délivrance et celle de ses compagnons donneront lieu à de longues négociations, dont OD suirra les phases dans la correspondance de Selve.
186 NÉGOCIATIONS DE [aOIT 1547]
nels. Puis, changeant de propos, le protecteur s*est plaint qu on eûl arrête à Montreuil, pendant une nuit et une demi-journée, un courrier de Tambassadeur d'Angleterre : M. de la Rochepot était alors absent, de l'aveu raême du protecteur.
« Au surplus, Monseigneur, hyer fort tard ainsy que je revcnoys de la» maison dudict protecteur à VII ou Vlll mil d'icy me vint rencontrer le sieur Ludovico de Monte quy me monstra ung passeport de vous pour venir icy et me dict avoyr eu sa depesche par deçà pour s'en retourner devers vous par quy il espère d'estre bien lost renvoyé icy. El m'a bien dict qu'il avoyt eu longue conférence avec Paget, mais qu'il ne me pouvoy t rien dire ny parler plus avant qu'il n'eust esté vers vous où je eroy qu'il sera aussy tost ou plus que ceste depesche s'il est ce matin party comme il disoyt de voulloyr faire. »
« De Londres^ cp .yv'//*» aoust Y" xivri, » Vol. 7, fo Vô yo, copie du xvr siècle, 4 p. 1/2 in-fo.
SELVE AU ROI
210. — Londres, 21 aofu, — Le protecteur est arrivé la veille à Londres et a mandé à Selve de venir le trouver dans l'après-dîner. Foriiflcûtioo» H a averti l'ambassadeur qu'il partait le lendemain, laissant auprès ouogne. j^ jeune poi, en son absence, l'archevêque de Canterbury *, le grand Basiitation maître *, le garde du Sceau privé ^,le grand contrôleur *, le grand écuyer^ BouUonaia ^^ premier secrétaire d'État Petre °, auxquels Selve pourrait s'adresser en toute confiance ^. Puis il a exprimé ses craintes sur ce qu'il avait entendu dire que le roi allait en personne visiter son fort près de Boulogne et la frontière du Boulonnais et qu'il avait laissé les ambassadeurs à Abbeville. Sur la réponse de Selve, qui déclarait n'en rien savoir, le protecteur a dit avoir entendu un bruit qui lui déplairait bien davantage, à savoir le projet qu'aurait le roi de fortifier la pointe de l'entrée du havre de Boulogne. Le roi d'Angleterre, a répliqué Selve, fortifie tous les jours un territoire qu'il avoue ôlre obligé de restituer au roi de France ; on ne peut donc imposer à ce dernier de laisser son propre domaine sans défense. « A quoy, Sire, » dit Selve, « il m'a réplicqué que les fortiffications que le roy d'Angleterre faisoyt n'estoint sans grande raison, d'aultant qu'il