‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 119 sur 201 · Dimanche 28 août · texte numérisé non relu

Dimanche 28 août

même. L'ambassadeur lui a dit qu'il avait occasion de tomber indirectement sur ce propos et ne lui a laissé entendre rien de plus de l'entretien qu'il a eu avec le protecteur. Paget est allé conduire le protecteur et ne sera de retour que le dimanche prochain : « Je m'attendz », dit Selve, « de pouvoyr parler à, luy de quy je feray ce que je pourray pour descouvrir l'intention, après laquelle se pourra bien faire jugement de celle du protecteur de quy cestuy cy est l'esprit et l'âme. »

« De Londres^ le xyv*" aomt v« XLyir. »

« L'admirai d'Angleterre que l'on dict avoyr la charge des parties d'Ouest et de l'isle d'Ouich a esté encores cejourd'huy veu à la court par mon homme, combien que Ton face icy quelque bruict par la ville que de ladicte isle d'Ouich a esté descouvert certain grand nombre de navires françoysî »

Vol. 7, fo 26 v°, copie du xvi^ siècle, 2 p. in-f«.

SELVB AU ROI.

216. — Londres^ 29 août. — L'audience demandée a été accordée à Préparatifs Selve, la veille, à Hamptoncourt. Au conseil assistaient l'archevêque de ^* Koerre. Ganterbury, le grand maître, le garde du Sceau Privé, l'amiral, le saisiede {prand écuyer, le contrôleur Paget et d'autres. Selve leur a exposé les "*^"^«"quatre points dont le roi lui parle dans ses dépêches des 21, 23 et 25 août, Affaire des à savoir les préparatifs de guerre du gouvernement anglais contre ^^^^**^^* l'Ecosse, la question des saisies de navires français en Angleterre et de Frontiëresda navires anglais en France, le reliquat des 500 000 écus, et les différends ^"ï<»nnais. relatifs aux frontières du Boulonnais.

« Sire, après avoyr Rny lez propoz que j'avoys de vostre part et par vostre commandement à tenir audict conseil, les seigneurs dessus dictz m'ont laissé accompaigné d'ung secrétaire du roy d'Angleterre et se sont retirés en ugne aultre chambre pour délibérer sur ce que j'avoys proposé, où ilz ont quelque peu demeuré, et après sont rentrés, et s'estantz remictz en leur ordre et placez précédentz, Paget a prins la paroUe et m'a faict la responce au nom de toute la compaignie. » 11 a d'abord objecté que la question des prisonniers tant anglais que français faits au château de Saint-André n'était pas comprise dans les quatre points précités. A quoi Selve a répondu qu'il estimait que le roi ne pouvait traiter ces prisonniers que comme des criminels. Puis après avoir représenté que les anglais pris dans le château ne pouvaient en tous cas être jugés comme tels, Paget s'est plaint du traitement subi par les prisonniers anglais, faits au cours de la dernière guerre, et a longuement discuté sur la restitution de la galère du baron de Saint-Blancard.

Paget a ensuite abordé la véritable discussion. Il a justifié les prépa-

AffOLETERRE, — 1546-1549. 13

ratifs de guerre contre TÉcosse par les mêmes raisons déjà tant de fois données, ajoutant que le proiecleur se contenterait d^uoe réparation suflûsante pour l'agression de la tour de Langholm. 11 a assuré que la saisie des navires français en Angleterre n'avait pas lieu du gré du roi, se plaignant en retour des saisies pratiquées sur les anglais en Bretagne, et priant Selve de retarder le départ du gentilhomme français vena à Londres pour cette affaire. Enfin, quant aux deux derniers points, il a manifesté le contentement du conseil de ce que le roi fut satisfait, et de ce qu'il lui plut de nommer des commissaires pour s'entendre avec les députés anglais.

« De Londres^ le xxix»* août v^ XLVir. » Vol. 7, P 27 v°» copie du xvi^ siècle, îi p. 1/2 in-f<».

SELVE AU CONNETABLE

RMtitQtion 217. — Londres, 29 août. — Après l'audience du conseil, Selve a eu d« Boulogne, y^g longue couférencc avec Paget auquel il a fait entendre le contenu des dépêches du connétable en date du 21. Paget lui a répondu en laissant voir son étonnement du retour de Ludovic de Montz dont le départ d'Angleterre pour Tltalie était encore si récent : ce personnage, avant son départ, avait été trouver Paget et lui avait parlé du bien qui résulterait de Taplanissement des difficultés entre le roi et le roi d'Angleterre, à quoi Paget avait répondu qu'il ne pouvait mettre en avant une telle enl reprise sans savoir quelque chose des dispositions du roi de France : sur ce, Ludovic de Montz était parti pour se rendre près du roi, et de retour en Angleterre, avait déclaré à Paget que le roi avait écrit à son ambassadeur ses instructions avec charge d'en communiquer la teneur. Selve a répliqué à Paget qu'il ne devait pas lui parler aussi à couvert, et c[ue Ton pouvait se fonder davantage sur les propos que le protecteur en avait précédemment entamés plutôt que sur les allées et venues de ce personnage. Au cours de ce dialogue, Paget trouva moyen d'assurer l'ambassadeur, avec de grands serments « qu'il estoyt seul cause de la paix dernièrement faicte et de la promesse que le feu roy d'Angleterre avoyt faict de rendre Boulloigne et que là où tous ceux de son conseil n'eussent osé ouvrir la bouche pour luy en parler, il avoyl luy seul soustenu par raison contre luy et contre tous ceulx de sondicl conseil qu'elle se debvoyt rendre, et oultre, depuis ladicte paix, avoyl tellement manié cest affaire petit à petit avec sondict maistre qu'il m'as* seuroyt sur la confusion et péril de son corps et de son âme que s'il eust vescu il n'eust tenu à luy que ladicte Boulloigne ne feust dès ceste heure restituée et qu'il n'y eust ugne bonne et grande union entre les deuJ royaulmes,.. faisant là-dessus ugne digression qu'il avoyt eu avec ledict feu roy d'Angleterre plus de privaulté et de liberté que Ton ne sçauroyt

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croyre ne que le munde ne voyoit ne pensoyt, et que il osoyt bien dire que jamais cardinal d'York ny Gramouel n'avoient eu la liberté de luy parler à part telle qu'il avoyt lors de son trespaz, et que parlant franchement audict seigneur de ceste restitution de Boulloigne il se meetoyt par foys en eholère, à quoy il luy respondoyt... qu'il luy faudroist desmeller avec ung roy de France qui allégueroyt des raisons de son costé et qui se mectroyt aussy en eholère de sa part et que de là naistroit ugne guerre qui seroyt dommaigeable à Fung et à Taultre et à toute la chrestienté. » Enfin, faisant allusion à l'influence qu'il gardait sur le protecteur, dont il savait le conseil et la puissance mieux qu'homme de ce royaume, il a déclaré « que c'estoyt à nous qui demandions et désirions Boulloigne avant le temps à mectre moyens et partis en avant pour l'obtenir et que du costé de deçà il suffîsoyt de dire : que me vouUezvous donner? ce qu'il m'a dict en latin m'usant de cez motz : quid vultis mihi dare? » Selve s'est contenté de lui répliquer que c'était au protecteur à découvrir et à déclarer au roi les moyens qu'il pensait être propres à cette fin, réponse dont Paget a promis d'avertir le protecteur, demandant seulement que l'on fît en France quelque démonstration de bonne volonté aux commissaires anglais actuellement en fonctions. En prenant congé, il a dit à Selve que l'empereur était malade et en très grand danger, ce que l'ambassadeur savait déjà par des marchands de la ville. Puis il s'est mis à lire une lettre qui l'avertissait d'armements maritimes faits par l'empereur.

Ludovic de Montz est venu le revoir et lui a dit que ce matin même Pambassadeur de l'empereur était resté assez longtemps au conseil, et que Paget lui avait dit avoir envoyé au protecteur une longue dépêche de six pages où il relatait l'entretien de la veille avec Selve. Selve lui a fait entendre qu'il n'avait pour le présent aucun ofOce à lui ordonner de remplir. Selve n'a pas oublié de parler au conseil du sauf-conduit de Pévêque de Ross : il doit en être référé au protecteur, souverain juge en ces matières.

« De Londres^ ce xy/a:-" aoust v xlvil » Vol. 7, fo 30 V*», copie du xvi« siècle, l> p. in-P.

SELVE AU HOI

2l8. — Londres^ 6 septembre. — Le chevaucheur que Selve renvoie préparatîft au roi vient d'arriver avec la dépêche du roi datée du 1*'. Selve essaye de **® ««•"•• 56 procurer un passeport pour faire porter ouvertement en Ecosse par communicaun de ses gens le paquet que le roi le prie de faire parvenir à l'ambassa- j!^* *^*^ deur de France en ce pays, en donnant pour prétexte que le roi, dans sa lettre, ne fait qu'avertir son ambassadeur des propros pacifiques du protecteur. Mais il désespère de l'obtenir et craint tout au moins de voir

i^)^ >£tt*>:iATIO!IS DE [SBPlKMBftl 1547]

><& hnnoiMe p^mis^ josqa'an rH*>sr da proiecteur, qu*OD dit eo rooU jv'ar Ljaiir«5^ lyani laissé le C'>raKe dr: Warwick comme lieutenant géti(*ni. >îlvv exfo?^ comment il a p^ar^ à ce contre-temps. « A ImconvéiictK vîuie d^îsfra*, je n'ay s-reu IrouTer aatn? moyen de pourveoyr qne : :fa^ovtfr une homme exprez an camp d'Aniçleterrey qui est desjà daosle .•av^ d^EsccN^de. avec uns pac*|uet à moosiear le protecteur et ung aollre jL *uou5ienr de Vuarvich sy ledict protecteur estoy-t party, par où je les prtKT de donner pa^^aiçe audict porteur pour aller quérir la rançon d'aog «eutilhomme eseossoys auquel pour l'amour de moy tous deux l'aToint |Nair oy devant taxée à V- escu*. Et ay instruicl iedict porteur sy losl qull cutrerd dans ledict f»ays d'Es-rosse de se faire prendre par les escossoys et mener à vo»tre ambassadeur auquel j'eâcHptx uçne lettre sans supersoription ne soub^ription et toute entièrement en chiffre dont je voos envoyé le double, laquelle je hiy ay faict mectre à eouldre entre la semelle de néiz bottes, Tadvisant à son retour de passer par ledict camp et de s*ad<lre«Her droict audict protecteur ou audict seigneur de Warvich et leur compter comme il a esté en allant prias par les escossoys et que pour se saulver il a dict qu'il estoyt françoys et depesché par moy poor voz affaires et prié qu*on le menast à vostre ambassadeur par delà, devant le(|i]el estant conduict et ledict ambassadeur ayant congneu par son langaige qu'il estoyt franroys et par le dessus des pacquetz qa'ilz cs^toint de moy et depeschés pour voz affaires Ta faict laisser revenir audict camp luy baillant néanlmoins quelque pacquet adressant à voos pour me porter qui sera escripl en chiffre et néanlmoins ne servira que de présenter ausdicts seigneui-safûn de les amuser et de leur faire croyre que le porteur qui le leur roectra entre mains leur est fort fidelle : vraj est que ce que vostre ambassadeur vous vouldra mander d'importance sera mictz en aultre lieu secret et en peu d'espace affin qu*il puisse estre seurement porté icy. C'est, sire, la lei^'on que j*ay donnée audict porteur. De sez qualités il est françoys natif et néanlmoins naturalizé icy, fin, asseuré et advisé, et quy a esté au pays où il va et en parle et entend le langaige très bien. 11 monstre d'avoyr grande envye et bonne affection de bien exécutter ceste entreprinse, pour laquelle je luy ay proumictià son retour pour ses poynes cinquante escus oultre sa despence s'il faict ce que luy ay dict et qu'il m'a proumictz. Au piz aller, il ne sçauroyt rien gaster car je me suys très bien gardé de luy rien déclairer de ce qu'il porte et luy ay donné à entendre que je ne le depescboys sinon pour sravoyr nouvelles de vostre ambassadeur affin de vous en mander. Il me déplaist bien, Sire, de ne pouvoyr trouver meilleur moyen de vous servir eu cest endroict, maîh il n'v a aultre ordre. » Selve n'a cessé de solliciter la délivrance des navires et des marehands 4l(«««Hs français arrêtés en Angleterre. On lui rendra réponse définitive quand ym^l^^ Tambassadeur d'Angleterre aura fait savoir quel traitement le roi ^^mùp*»* compte faire aux anglais arrêtés en France. Les anglais se plaignent en

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oultre de la prise d'un vaisseau de guerre anglais par les galères du roi, le long de la côte d'Ecosse. Selve leur répondra selon les instructions du roi dans Taudience qui lui est assignée pour le lendemain au conseil. « Ce pendent, Sire, je ne vous ay poinct voullu retenir ce chevaulcheur ne attendre plus longuement à vous advertir de ce que dessus, et aussy de ce que ceulx cy font armer et esquipper comme je suys adverty à toute diligence neuf ou dix navires avec toutes leurs espinasses quy peuvent estre en numbre de XVIII ou XX pour aller rencontrer voz gallayres, et est chose vraye que dès sabmedy dernier * incontinent après l'advertissement de la prinse de leurdict navire furent en diligence depeschés le long de ceste rivyère XX grandes barques chargées de vivres, bières et munitions pour lesdictz navires et espinasses que Ton pense debvoyr estre prestz dans ceste sepmaine. Et a Ton faict mectre monsieur de Chesnay dans le chasteau de Douvres pour la garde d'icelluy où sont tenuz prisonniers voz marchantz et mariniers desquelz les navires sont au port dudict lieu desnuez de voyles et cordaiges affin qu'ilz ne s'en puissent aller, et dans chascun Ton a mictz comme m'a esté dict six angloys et laissé troyp frauçois. Quant aux choses d'Escosse, Sire, il ne s'en entend aultres nouvelles, sinon que Ton dict que dez vendredy ou sabmedy * l'armée angloise commença d'entrer dans la terre d'Escosse. Aulcuns néanlmoins m'ont fort asseuré qu'il n'est rien de plus vray qu'il y a eu quelque escarmouche où les angloys n'ont paz eu du meilleur, et qu'il y a eu beaulcoup de gentz tuez de monsieur de Vuarvich avant que monsieur le protecteur y arrivast... Je vous envoyé ugne proclamation qui a esté faicte, imprimée et publiée en ceste ville avec la translation que j'en ay faict faire le moins mal et plus fidèlement que j'ay peu par où vous congnoistrez le vray fondz de la louable intention du protecteur et des aultres sieurs de deçà. Et à ce propoz, Sire, me souvient de vous avoyr assez long temps a adverty que la voye que ledict prolecteur voulloyt user entrant dans le pays d'Escosse estoyt de commencer par ugne proclamation : vf ay estque j'eusse pensé qu'elle eust deu estre ung peu plus persuasive et mieux bastie que je croy que vous ne trouverez ceste-cy. » c< De Londres, ce w septembre v xviii. » Vol. 7, r> 83, copie du xvi« siècle, 4 p. i/2 in-f».

SKLVE AU CONNÉTABLE.

219. — Londres, 6 septembre. — Selve n'a encore pu obtenir le saufconduit de l'évèquc de Ross et espère que la réponse du protecteur arrivera le lendemain au conseil.

« De Londres, [ce v/"* septembre v*= xlvil »]

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