‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 120 sur 201 · Samedi 3 septembre · texte numérisé non relu

Samedi 3 septembre

2. Vendredi 2, ou samedi 3 septembre. Désormais les nouvelles de la guerre d'Ecosse rempliront une partie de la correspondance de Fambassadeur.

198 NÉGOCIATIONS DE [SBPTBMBRB 4547]

« Monseigneur, ayant veu par vostre dernière lettre que vous m'envoyrés bien tost ung mien cousin je suys entré en quelque doubte que ce ne soyt ung qui est si leiger de cerveau et de langaige qu'il se pourroyt bien estre vanté à vous, Monseigneur, de faire chose qui passe sa portée laquelle je congnoys sçaichant ce qu'il peust et vault mieulx que loy mesmes, de quy j*ay voulu faire preuve par deux ou troys voyages que je luy ay faict faire à la court du vivant du feu roy, ne luy commectant toutesfoys aultre chose que le port d'ung pacquet sans aulcune créance, et néanlmoins j'ay depuis peu entendu qu'il s*e8t en cela monstre assez mal saige et discret et l'ayant conneu tel en quelques aultres petites choses près de moy je luy avoys ordonné de se retirer à Tholose en sa maison prez de son frère aisné quy est là secrétaire du roy pour y laisser meurrir son cerveau et sez conditions avec son aage, mais je me doubte qu'il aura de sa teste faict ung aultre discours et voullu prendre quelque autre chemin \ »

Vol. 7, P 35 V», copie du xvi« siècle, i p. in-f».

SELVE AU ROI

FronUiresda ^^O. — Londres, 8 septembre, — Selve s'est trouvé la veille au conseil Boulonnais. (Ju roi d'Angleterre à Hamptoncourt, où Paget a porté la parole. H a rendu compte de la discussion qui venait de s'élever, a-t-il dit, entre les commissaires anglais et français, dès leur seconde entrevue, au sujet de la source de la Liane, les français voulant qu'elle fût fixée à Nabringhem ou Saint-Marquet, points que les anglais confondent, les anglais prétendant au contraire qu'il devait être arrêté à Vieil-Moutier ou au moins à Quesques, suivant le traité du 11 mars *. Puis il a fait part à Selve de son étonnement du départ des commissaires français et de leur refus de se prêter à aucune conciliation, chose étrange et inouïe, a-t-il dit, et qu'il était impossible de croire ordonnée par le roi, si le roi n*avaitpas d'ores et déjà l'intention arrêtée de rompre la paix.

Selve a répondu qu'il ne pouvait apprécier la conduite des commissaires français, n'ayant eu pour sa part aucune nouvelle de ces faits, mais que les instructions à eux données par le roi n'avaient pu être fondées que sur le droit et la raison. En tout cas, il les a fort approuvés d'avoir refusé de reconnaître le traité du 11 mars que le roi avait depuis longtemps déjà dénoncé, comme Paget le savait bien. Saisie do l^agct lui a fait ensuite des représentations au sujet du passage des navires, galèrcs du roi en Ecosse et de la capture d'une pinasse anglaise de 40 tonneaux prise par la flotte française. Selve a répondu en protestant

Page 1