La Slack
7. Marquise, ch.-l. de cant. de Tarr. de Boulogne, située à la jonction de la Slack avec son principal affluent.
là sayvant certaios fossés et tranchéez tirant vers Fiennes et retournaotz à Guisnes le pays au dedans d'iceuls y comprenant ledict Fyennes, et en baillant audict seigneur son maistre avec ce que dessus la ville d^Ardres et ce que le roy tient du conté de Guisnes, toutes lesquelles choses il dict contenir peu de pays et ne valloyr paz troys mil escus de rente pour lesquelles seroyt rabbatu et diminué au roy de la summe proumise pour la restitution de BouUoigne aultant dix foys voyre XX que les dictes choses vallent '. En quoy ledict seigneur ainsy qu^il dict auroyt très grand profQt car il n^auroyt quasy de rien moins que ce qui luy doibt estre restitué quant au revenu et territoyre. Et quant aulx places fortes il les auroyt toutes fors Ambleteux et Ardres qui aussi bien sont esloignées de luy et ne luy sont paz de grande importance, car de Harquize et Fyennes cela ne vault paz d'en parler, se dict il. Et cy auroyt ledict seigneur ce qu'il doibt avoyr promptement et à beaulcoup meilleur marché et moindre priz qu'il ne le doibt avoyr par le traicté quy porte ugne si grande summe qu'il ne croyt pas que le roy soyt jamais sy hors d'affaires qu'il Taye de réserve pour mectre en cela, et qu'en faisant ce que dessus les terres de leurs deux Majestés seroint sy bien distinctes et bouméez que la paix d'entre eulx et leurs subjectz demeurera perdurable et inviolable et le pays du roy en bonne fortifQcation et deiïeose en luy laissant lesdictz fortz d'entour BouUoigne comme ilz sont de présent Icsquelz pourront estre démolis et destruys sy le roy d'Angleterre veult quand le temps dudict traicté viendra ou devant icelluy. Et que sy telle chose s'accordoyt fauldroit par mesme voye que le roy favorisasl et aydast par lettres et telz aultrcs moyens gratieulx et honnestes qu'il pourroyt le mariage de la royne d'Escosse '. » Selve lui a objecté qu'il présupposait deux choses, Tune que l'argent ne serait pas payé au terme fixé et que Boulogne dût rester au roi d'Angleterre, ce qui ne serait pas, l'autre que le roi d'Angleterre eût le droit de démolir, à la fin du terme fixé, les fortifications existantes; « au demeurant, qu'il sembloyl par l'ouverture qu'il faisoyt qu'il pensast le roy maulvays mesnager de le requérir de vendre du sien, car en bon langaige c'estoyt ce qu'il demandoyt en ofi'rant rabaiz et diminution de l'argent proumictz et demandant en lieu de cela le territoyre et placez qu^il demandoyt au roy auquel il ne failloytpas mectre en contrepoix ni en eschange la restitution de BouUoigne comme chose nouvellement et maintenant
l.ll s'agissait, en résumé, d'acheter Vanticipation de la restitution de Boulogne en cédant au roi d'Âglcterrc, à titre définitif, un territoire conligu aux possessions anglaises du Calaisis et du comté de Guines. La frontière anglaise eût été reportée, an sud, jusqu'au cours et à l'emboucliure de la Slack, y compris Guines, Ùames, Fiennes, Hardin^hem, Boursin, Marquise, Ambleteuse, le fort de Blackness, lieux au sujet desquels on a vu naître de continuels litiges, et eût découpé ainsi sur le territoire français un carré profond.
2. Le terme de reine d*Écosse doit s'entendre, ici et plus loin, dans le sens de Marie Stuart. (Voir la dépécbe du i9 octobre.) •
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accordée pour les choses que Ton luy demandoyt, car ladictc restitution lui estoyt desjà deue en payant et estoyt Ton tenu de la luy faire combien que Texécution en feust suspendue et différée pour quelque temps ». D autre part, a dit Selve en terminant, le mariage de la reine d'Ecosse ne serait rien moins que l'acquisition d*un royaume. La réplique du protecteur a été qu'il avait parlé de la cession des places fortes afin d'échapper à l'accusation de changer les termes du traité en cédant tout au roi de France sans rien réclamer en échange au profit du roi son maître. Quant au mariage de la reine d'Ecosse, il vaudrait certes au roi de France une réduction de la somme à payer : d'ailleurs il ne voyait que ce moyen de sauver ce royaume dont le roi d'Angleterre serait maître avant trois ans en entier et avant six mois en partie, et où déjà quatre mille habitants de l'Ouest, région où l'armée anglaise n'a pas encore paru, ainsi que deux mille cinq cents cavaliers, sur trois mille que comptait l'armée écossaise, sont venus lui faire leur soumission. Somme toute, il vaudrait beaucoup mieux pour le roi de recouvrer Boulogne à bon marché et d'employer ses finances à quelque grande entreprise du côté de l'Italie ou ailleurs. Selve a dit qu'il avertirait le connétable de tout ce long entretien.
Quant à Berteville, Selve l'a fait avertir de ce que le connétable a mandé de lui faire savoir. Il a conseillé à Jean Ribauld de se rendre en France le plus tôt possible, car il paraît homme à rendre beaucoup de services en Ecosse.
« De Londres^ ce xvt^* novembre i 547, »
Vol. 7, f» 81 vo, copie du xvi« siècle, 12 p. i/2 in-f*>.
SELVE AU ROI
265. — Londres, 2i novembre, — Immédiatement après avoir reçu Limites la dépèche du roi en date du 12, Selve s'est rendu auprès du protec- . '^•^. teur, en son logis de Londres, où le conseil était réuni, et lui a fait part d^Fienae^. de la naissance de Madame, seconde fille du roi ^ Après échange de compliments, le protecteur s'est excusé de n'avoir pas encore répondu de narires. sur la foire de Fiennes, et, sur une question de Selve, a déclaré qu'il trouvait mal fondée la réponse du roi à l'ambassadeur d'Angleterre au sujet de cette affaire. Il s'est ensuite plaint qu'il restât encore cinq à six anglais prisonniers de guerre sur les galères du roi, en faisant remarquer « que quelque chose que les prisonniers escossoys eussent déposé et témoigné, que la vérité se trouveroyt telle et que lesdicts escossoys aydoint bien faire ausdicts angloys et les saulver par les dire escossoys comme eulx et leur nuysoint au lieu de leur ayder. » Sept ou huit
\. Claude de France, née le 12 novembre 1547, mariée à Charles 11, duc de Lorraine, morte en 1575.
navires écossais, montés en grande partie par des français, a-t-il ajouté, pillent journellement les anglais sur les côtes de TOuest et vont vendre leurs prises en Normandie d'où les habitants des ports viennent les leur acheter en pleine mer : des écossais naturalisés font notamment ce métier à Dieppe; une flotte de navires anglais prêts à charger des vins à Bordeaux se trouve arrêtée par ces pirates. Ce dont Selve a promis d'avertir le roi, en rejetant le fait sur des vagabonds sans patrk déterminée.
NoaTeiiet c Sire, les nouvelles que je vous puis mander d'icy sont que la plus
^^VlcoMaT* P^**^ ^^^ grandz navires sont à Tentour Tisle d'Ouych et Porcemut, pour garder comme aulcuns disent et empescher le passaige en Escosse, et comme aultres estiment pour attendre la flotte des marchanlz françojs portantz des vins de Bordeaulx et donner dessus pour y faire ugne bonne main et puys se retirer, prenant conjecture de ceste oppinion sur ce que Ton n'a vouliu laisser partir d'icy les marchantz angloys qui vouUoiot aller aiidict Bourdeaulx leur disant que l'on n'estoyt poinct encores asseuré comme les choses passeroint avec vous... Il n'est rien sy vray, Sire, que 1 on faict icy quelques gentz pour envoyer sur les navires, mais je ne voy paz qu'il y aist pour encores grande chose. Et pourioyl estre que c'est seuliement pour envoyer contre lesdicts escossoys qui tiennent la mer, à quoy il y a quelque apparence, car ilz y envojent u)ig angloys nommé Windent qui est homme dont l'on ne faict paz fort grande estime sinon que l'on le tient pour homme fort expert en h piracticque qu'il a excercée aultres foys et n'est rien de ce que Berlevillô m avoyt mandé qu'il avoyt esté à l'empereur car il ne bougea uncques comme j'entendz de ce pays et aussy peu est il véritable qu'il soyt envoyé après gallairc ne gai lion des vostres car il est encores icy. De sorte, Sire, que je me doubte par là que les advertissements dudict Berleville ne soint mal seurs. Aulcuns disent. Sire, que ce qu'on lève de gentz maintenant pour mectre sur mer est pour envoyer rafreschir et renfor'cyr les garnisons des fortz du Petit Leich et de Dondy où les soldatz sont ce disent presque tous mortz combien qu'aultres tiennent que lesdicts fortz ont esté recouverz par les escossoys et tout ce qui estoyt dedans tué dont il y a merveilleusement incertitude par deçà sy ce n'est entre les grandz qui tiennent cez affayres d'Escosse fort secrettes *.
Négociations Au surplus, Sirc, j'ay faict bailler les lettres qu'il vous a pieu m'envoyer i«*comto ^" conte de Hontelay qui y faict la responce que je vous envoyé. Ce
de HunUey. jowrd'huy m'a mandé ung gentilhomme escossoys nommé Stuard prins en ceste dernière bataille qu'il désiroyt fort parler à moy et ce pendent qu'il m'avoyt bien vouliu adviser que je prinse garde au conte de Hon-
1. Saint-Gombe's Tnch et Broughty Graig étaient encore aux mains des AngUiSt qui les gardèrent pendant loule celte campagne, mais avaient à essuyer des assaats continuels. (Dépêches de sir John Lultrell, du 2 novembre, et d'Andrew Dudley, do 30 novembre. Calendar of St. P., Scotland, p. 71.)
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telay et que j'advertisse que Ton ne se fyast poinct en luy. Sy je puis trouver moyen, Sire, de parler ou faire parler quelcun dez miens audict Stuard je verray d*entendre qu'il veult dire et vous en adterliray incontinent. Je vous avoys, Sire, par cy devant escript que Ton avoyt veu chez le protecteur ung hérauld d*Escosse attendant sa dépesche pour s'en retourner et ainsy me Tavoyt affermé et asseuré ung homme qui me disoyt Tavoyr veu et avoyr parlé à luy et le bien congnoistre, mais depuis maistre Jehan Hay m*a dicl que c'estoyt ung trompette du conte de Hontelay qui estoyt icy venu et attendoyt son passeport et sauf conduit pour s'en retourner en Ëscosse où ledict conte Ta renvoyé. Quy est, Sire, tout ce que je sçay de nouveau, sinon que le roy d'Angleterre s'est remué de sa maison de Wesmester en ugne aultre sienne maison hors la ville nommée Sainct James pour la crainte que Ton a eue de quelque danger à cause de l'assemblée des estatz qui se tiennent icy maintenant. Cez jours passés en ugne nuict Ton a faict abbatre le cru- AHkires cifîx et touz les images de la grande esglise de ceste ville et ainsy avoyt '«^^•"«•»- Ton faict au paravant à toutes les aultres desquelles les murailles ont esté reblanchies par dedans et au lieu des imaiges l'on y a faict mectre force escriptz du vieulx et nouveau testament traduitz en angloys faisantz selon l'interprétation de deçà pour l'abolition desdictes imaiges. Et estime l'on puys que dès le commencement des estatz, telles choses se font qu'elles passeront bien plus avant et seront réduictes du tout à la façon d'Allemaigne et mesme que la messe sera abolie en laquelle Ton a desjà faict ce changement que Tepistre et l'évangille s'en disent en angloys. De Anthoyne Roze, Sire, je n'en ay encores ung nouvelles. Sy luy ou aulcune chose de luy s'addressent à moy, je ne fauldray de m'y conduyre comme il vous plaist me commander. »
<c De Londres, ce xxp** novembre v« xlvii. »
Vol. 7, P 88, copie du xvi« siècle, K p. in-P.
SELVB AU CONNÉTABLE.
256. — Londres, 2i novembre, — Selve a écrit au connétable le 15 et a reçu le 19 sa dépèche en date du 13. Jean Ribault s'est évadé la nuit préeédente et l'on ne s'est aperçu de son absence que ce matin où Berteville qoi logeait avec lui et quelques autres ont semé le bruit qu'il était parti pour la France. Selve croit que le connétable en pourra tirer bon service.
« De Londres, [le xxr^ novembre v* xlvitY »
« Monseigneur, je viens d'estre adverty que le protecteur est le plus despit et mal content qu'il est possible du deslogement du personnaige dessus nommé et qu*il a depesché sept ou huict courriers en divers endroictz pour le faire arrester aulx passaiges. »
Vol. 7, f» 90 v«, copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-f*. AivoLETERRe. — 1546-1540. 16
243 NÉGOCIATIONS DE >OTEXBEE l^TJ
SELVE AU ROI
Noa?«ii6t 267. — Londres^ 24 novembre, — Selve a écrit au roi les 9, 16 el <rÉc«»^* 21 novembre. « Et à présent n'ay aultre chose à voas mander sinon que ce jourd*huy est venu vers moy maistre Jehan Hay m'advertir que le conte de Hontelay luy venoyt de dire qu*il avoyt entendu qae poar certain lez angloys qui sont à Porlincraig prez Dondy en EIscosse estoiot assiégés par terre par les escossoys et par mer par voz gallaires et navires et que d^icy Ton avoyt desjà faict partir pour les aller secourir six des grandz navires quy cstoint à Porcemut et en faisoyt Ton armer et esquipper six aullres h toute diligence pour envoyer après sy tost qu*ilz seroint prcstz, et que cez nouvelles luy avoint esté contées par maistre Vannes qui est le chevalier angloys de quy est prisonnier ledid conte lequel Vannes disoyt les avoyr aprinses chez le conte de Warwich quy en eust hyer au soyr lez nouvelles comme il dict. Je ne vous veulx aussy celer, Sire, que hyer au soyr bien tard me fust donné advertissement d*allieurs que ceulx cy avoint quelques maulvaises nouvelles d'Escosse et que les navires françoys y estoint arrivés et avoint prias ou mictz à fond les vaisseaulx angloys quy gardoint Feutrée du For. Je snys pareillement adverty, Sire, que le cappitaine du chasteau de Dombarre' en Escosse qui est icy prisonnier est fort sollicité et par proumesses et par aultrcs moyens de 8*employer pour la reddition de ceste place entre les mains des angloys quy espèrent qu'il pourroyt venir à bout de ceste entreprinse ou par soy mesmcs mais qu il soyt de retour par delà ou dez à présent par ung sien fllz quy est dedans ledict chasteau. Et combien, Sire, qu'à ce que j'ay entendu ledict cappitaine a jusques icy tenu le langaige d'ung fort homme de bien et fidèle, toutesfoys seroyt il boo ce semble que les escossoys feussent advisez de prendre garde à luy et à son faict s'il advient qu'il soyt délivré et qu'il s'en retorne en son pays où je ne croy paz facillement que Ton le veuille laisser aller pour fin qui vaille et n'y auroyt aussy poinct de mal dès ceste heure d'avoyr l'œil sur ce filz qui est dans ledict chasteau qui pourroyt bien ou pour recouvrir son père ou pour les belles proumesses que Ton luy sçauroyt bien faire d'icy prester l'oreille à quelque practique. Vray est, Sire, que j'entends que le père et le filz ont lousjours esté estimés fort gentz de bien et que le filz n'est pour le présent paz le plus fort dans ledict chasteau où l'on m'a dict que le gouverneur a envoyé quelques ungs de son sang et parenté depuis la prinse dudict cappitaine; mais ceste place, Sire, est de sy grande importance pour le royaulme d'Escosse et tant envoyée et désirée de ceulx de deçà que l'on n'y sçauroyt prendre garde de trop prez. » Jean Ribauld a fait si mauvaise diligence qu'il a été pris dans