Ulric V, duc de Wurtemberg
3. Maximilien, fils de Ferdinand l^r^ empereur sous le nom de Maximilien U (1564-1576), élu roi des Romains en 1558.
diclz que je m'esbahissoys qu il voulsist lever cette dignité à son frère pour la transférer à son nepveu. Il me dict que Ton disoyt que e'estoyl en intention de faire son frère pape après la mort de cestuy cy qu'il pensoyt ne debvoyr paz vivre longuement, mais que s'il vouUoyt faire cela vous ne le permettriés jamais et que vous aviés assés de cardinauh pour faire ung pape selon votre intention. Je luy réplicquay quec'estoint discours que chascun faisoyt à sa fantaizie et qu'il y avoyt beaulcoup de gentz ausquelz Ton ne sçauroyt osier de la teste sy le papal vacquoyt que l'empereur n essayast de se faire pape soy mesmes qui n'aliégoint paz de petitz fundemenlz de leur dire et que je pensoys bien que ce seroint nouvelles qui ne debvoient guères plaire par deçà. Et là dessus, Sire, se départist et finist nostre propoz. Et ainsy que je me retiroys il me requist, Sire, vous escripre pour la délivrance d'ung navire chargé de marchandizez appartenant à des angloys prias naguères par voz subjectz, dont il m'a dict que il me feroit bailler ung memoyre pour vous envoyer. »
« De LondreSy ce premier febvrier v XLVii. » Vol. 7, fo 147 v*», copie du xvi« siècle, 6 p. in-f».
SELVE AU CONNÉTABLE
297. — Londres, /•' ft^vner. — Les nouvelles que le comte de Huntley avait communiquées à Selve lui ont été confirmées depuis par une autre voie. 11 pense que les anglais ne sont guère rassurés et le seront encore moins « s*ilz voyent ou estiment que le roy veuille estre cest esté plus fort qu'eulx sur la mer car c'est la chose de ce monde que plus ilz craignent et quy les feroyt parler plus baz ».
« Monseigneur, Richard Martin me vient de dire qu'il a entendu que ceulx cy lèvent grand nombre de gentz du costé du North pour envoyer en Escosse et que lez espaignolz qui sont icy partent ung de cez jours pour y aller et aussy que en Flandres se faict quelque numbre de gentz pour ceste mcsme entreprinsc et que le tout pourra se trouver ensemble dans ledict pays d'Escosse environ la my quaresme. Ung aultre me vient d'advertyr qu'il s'estoyt hyer trouvé en la compaignye de quelques cappitaines espaignolz lesquels devisantz entre eux parloient d'ung espaignol qui avoyt escript de Flandres au protecteur qu'il entreprenoyt luy fournir cinq centz hommes de cheval bourgoignons et aultant de pied harquebuziers de la mesme nation, ce que ledict protecteur avoyt accepté comme disoint lesdicts espaignolz quy monstroint par leurs propoz de croyre et craindre que celluy qui avoyt faict cest offre n*en viendroict jamais à bout et qu'ilz en seroient icy moins prisez et estimez et toute leur nation. » Selve n'a pas voulu prendre au mot le protecteur
[février 1548] M. DE SELYE 279
sur roflre qu'il faisait de nommer des commissaires, craignant de paraître lui céder avec tant d'empressement.
« De Londres j ce premier febvrier v XLvn. »
Vol. 7, fo lîK) V», copie du xvi« siècle, 1 p. 1/2 in-fo.
SELVE AU ROI
298. — Londres^ 8 février. — Selve a reçu l'avant- veille la dépêche A&ires du roi en date du 31 janvier et en a fait entendre la teneur au protec- diverse* teur dans l'audience qu'il a eue le jour précédent. Le protecteur a Boulonnais, répondu sur tous les points par ses arguments accoutumés : — sur les incursions reprochées aux anglais dans le Boulonnais, que les officiers du roi se faisaient perpétuellement justice eux-mêmes, ce qui était inadmissible; — sur le maintien des saisies de navires, que c'étaient les sujets anglais qui se trouvaient journellement pillés, tandis que tous les biens des français étaient libérés en Angleterre; — sur la nomination des commissaires, qu'il n'avait pas failli à sa promesse, ayant nommé avant son départ pour l'Ecosse ceux chargés de la restitution de Boulogne et ayant toujours proposé de désigner avant le terme de la Chandeleur ceux chargés de la question du reliquat des 500 000 écus.
Selve n'a pu lui répondre catégoriquement, à cause de la vérité de cette dernière assertion. Il envoie au roi des extraits de ses dépêches du 17 et du 19 août dernier * et de celle du roi du 21 '. Il s'est rejeté sur ce que le protecteur n'avait pas fixé précisément le terme de la nomination des commissaires chargés de la question de Boulogne et qu'il s'en était tenu pour les autres à une promesse de nomination. Il a néanmoins ajouté que le roi était prêt à tenir compte de ces nouvelles avances.
La réponse que Selve a faite au protecteur selon les instructions du roi, sur les secours envoyés en Ecosse, semble l'avoir assez inquiété, dit l'ambassadeur. « Car d'arrivée, il m'a nié comme d'effroy ce que je vousavoys mandé m'avoyr esté dict par luy à ce propoz de l'empereur que je n'ay failly de luy bien soubstenir estre véritable comme il est. En quoy nous sommes tombez en contestation sy grande que j'ay esté contraint en fin de luy dire que s'il m'usoyt souvent de telles façons de dénégations je le prieroys de ne trouver poinct maulvays que je m'accompagnasse d'ung nottayre et d'ung registre toutes les foys que je viendroys à négotier avecques luy. Et après longs propoz là-dessus et luy avoyr déclairé les proprez parolles dont il m'avoyt usé il m'a confessé qu'il estoyt vray mais qu'il ne me l'avoyt paz dict pour le vous mander et que l'on devisoyt de beaulcoup de choses aulx ambassadeurs qui ne se