‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 146 sur 201 · Tester, Waughton. Voir la dépêche du 27 février · texte numérisé non relu

Tester, Waughton. Voir la dépêche du 27 février

4. Dépêche de William Grey au protecteur, datée de Haddington,23 fév. {ïbid., p. 79.) 3. Nouvelles de la fuite de Marie de Lorraine et de Marie Stuart à Dumbarton.

11 semblerait, d*après cette dépêche de Selve, que ce départ se fût opéré de Stirling même, et non de Falkland, où, dans une dépêche précédente, il avait cependant annoncé la retraite des deux reines. Le 2 mars, une dépêche de Robert .Moffat de Grantoun à lord Wbarton annonce lear arrivée à Dambarton. (/6te(., p. 81.)

SELYE AU ROI.

Bauiiie de 316. — Londres, 28 février. — « Sire, depuis le parlement de ma Dun^ics dernière depesche que je vous ay falote d'aujourd'huy, et tout à cesle incanion de heure, BcrteviUe me vient de mander que pour certain il parla hyer au lord Grey. g^^,^. ^^ gentilhomme qui a porté les dernières nouvelles d'Escosse lequel ne faisoyt que venyr et estoyt à Tesearmouche quy s'est faicte du costé du Ouest laquelle^ se peust bien appeller ugne bonne bataille sy elle a esté telle qu'il la compte, asseurant y avoyr esté en personne et qu'il y avoyt de six à sept mile angloys avec trois mile escossoys de la part du conte de Lenox et du gardien des marches d'Angleterre et que du costé des escossoys y avoyt envyron de sept à VllI^ hommes avec lesquelz quand se vint au combat se joignirent les dessusdicts troys mile se révoltantz contre les angloys qu'il dict avoyr esté quasy tous tuez et qu'il n'y a homme qui sçaiche sy lesdicts conte de Lenox et gardien des marches sont mortz ou prisonniers et qu'il en est sy peu de nouvelles que milord Grey a envoyé ung trompette en Escosse pour en entendre quelque chose. Bien dict, Sire, ledict Berteville que ledict milord Grey a prins quelques petitz chasteaulx tyrant vers Dombarre, mais qu'il est bien empesché car les escossoys après la defiaicte dessusdicte ont marché vers luy de sorte que Ton pense que dès ceste heure ilz ont assiégé le chasteau de Roxebourg pour le secours duquel ilz envoyent d'icy gentz audict milord Grey tant qu'ilz peuvent ^ Et asseure ledict Berteville sur sa vye et sur son honneur lesdictes nouvelles estre vrayes et qu'il les sçayt pour avoyr parlé et au premier et au second messaiger qui sont venuz d'Escosse qui confessent eulx mesmes qu'il y a eu fort grand meurtre et defTaicle d'angloys et que les escossoys ont bien eu leur revenche pour ung coup...

« Sire, etc.. »

« De LondreSy ce xxvw* febvrier iô47. »

Vol. 7, f* 174, copie du xvi« siècle, 1 p. 1/2 In-P.

SELVE AU CONNÉTABLE

317. — Londres, 28 février. — Selve reçoit à l'instant les dépêches du roi et du connétable en date du 22, très à propos pour envoyer à la reine d'Ecosse des nouvelles du roi par le messager du comte de Hunllcy qui part demain de grand matin.

u De Londres, \ce xxviw* febvrier io47]. »

Vol. 7, P 175, copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-fo.

1. Rien ne vient confirmer cette nouvelle du siège de Roxburgh.

[KAE8 1548]

M. DE SELVB

SELYB A M. DE LA ROCBEPOT.

318. — Londres, 29 février. — Selve a reçu la veille au soir le paquet du roi avec la dépèche de M. de la Rochepot. Il lui renvoie le gentilhomme que celui-ci lui avait adressé en courrier, en le chargeant dlnformations verbales. <( Au surplus, Monseigneur, ayant veu Taddition qoy est au bout de la lettre qu*il vous a pieu m*escripre, j'ay prins la hardiesse d'enclorre en ce pacquet ung petit mot de lettre que j'escriptz à ma femme que vostre secrétaire prendra comme je' pense voulentiers la payne de luy faire tenyr... »

tt De Londres, ce 29 febvner 1547, »

Vol. 7, r» 175 v«, copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-P.

Saide de narires.

SELVB AU ROI.

319. — Londres, 4 mars, — Selve avait déjà fait demander audience au protecteur quand il a reçu la dépèche du roi en date du 25 avec le mémoire du marchand envoyé en courrier par le roi et ceux de deux marchands dieppois. Le 3, Taudience a eu lieu et les mémoires ont été remis au protecteur qui a promis de les faire tenir au docteur Petre, premier secrétaire d*État du roi d*Angleterre, après qu'il les aurait montrés au conseil. Le protecteur s*est plaint en revanche que deux navires * anglais aient été saisis à Brest à la requête du capitaine de Toucques, et que Jean d*Estimauville eût armé au Havre deux brigantins pour faire la course aux Anglais : ces deux capitaines, dit-il, se vantent d'avoir obtenu du roi des lettres de marque. Il a dit ensuite avoir reçu avis dlriande que deux navires bretons ayant opéré leur déchargement dans un port de la côte s'étaient enfuis « pour ce que les gouverneurs dudict pays s'en voullant servyr pour les affayres du roy d'Angleterre qui est en guerre contre aulcuns rebelles dudict pays leur avoyt faict commandement de ne se départyr et de se tenyr preslz pour servyr ledict seigneur moyennant bon et raisonnable sallayre chose qu'il dict estre licite et permise tout ainsy comme vous. Sire, pourries user des navires angloys en caz semblable ». Puis il a annoncé son départ qui aura lieu le lendemain pour une durée de dix à douze jours. Dans l'intervalle, Selve s'adressera au conseil pour tout ce qui regarde les marchands.

« Sire,^ après les propoz dessusdicts, ledict protecteur me demanda NouToUes quelles nouvelles j'entendoys de l'empereur. Je luy dictz que je ne luy dAiiemagne en pouvoys dire ne de sy seures ne de sy fresches qu'il en debvoyt avoyr et que sy j'en voulloys sçavoyr icy je les luy vouldroys demander. A quoy il me réplicqua qu'il avoyt entendu que le prince d'Espaigne * venoyt

i. Philippe, roi d'Espagne sous le nom de Philippe II, investi du duché de Milan par Charles-Quint depnis la mort de François Sforza (1533).

302 NÉGOCIATIONS DE [hARS 1S48]

en Ilallye avecques VIII^ espaignolz et que l'empereur le voulloyt mectre en possession da duché de Milan et qu'il avoyt faict refraischyr le serment à ceux dudict duché de porter et rendre obéissance et fidélité à lu? à sondict filz et à dom Ferrand ^ et à tout aultre qu*il vouldroit commectre au gouvernement d'icelloy duché. Dadventaige qu'il se disovt pour certain que ledict empereur faisoyt de grandz préparatifs par tous ces pays et de gentz et d'argent et de toutes provisions pour la guare et qu'il envoyoit envyron VIII ou IX^ allemantz en chascua de troys cndroiclz dltallye qu'il m'a dict estre Milan, Florence, et le tyers ne sçayt bonnement sy c'est au royaume de Naples, et que les italyens tenoiot pour certain que ledict empereur tendoyt à se faire monarque en Italye et en usurper la domination et qu'il y en avoit quy disoint que le pape s'accordoit et entendoyt avec luy. Et me demanda sy j avoys poinct oay dire que l'empereur eust faict trencher la teste à deux cappitaines en Allemaigne pour avoyr levé quelques gentz de guerre pour vostre service. Je luy respondiz que non, mais que j 'avoys bien ouy dire que rempereur avoyt voullu faire arrester et conclure en la dyette dernière que les allemantz ne peussent servyr aulcun prince sans son congé et que j'avoys aussy entendu qu'il avoyt faict pendre quelques espaignolz que Ton avoyt moyenne de luy distraire pour venyr servir le roy d'Angleterre, et qu'en Flandres y en avoit beaucoup quy y voulloint venir quv avoint esté empeschés et retenuz en sorte que il n'en estoyt passé que bien peu, dont il m'a dict qu'il n'estoyt ryen et qu'il ne tenoyt qu'à luv qu'il n'eust des espaignolz plus qu'il n'y en avoyt au service dudict roy d'Angleterre et qu'à la dyetle dont je parloys n'avoit pas esté deffendn aulx allemantz de servir tous princez estrangers, car les princes d'Alle- " "^maigne ne i'avaient voullu consentir, mais avoint bien accordé qu'ilz ne serviroint ne vous, Sire, ne le pape. Ce propoz finy, Sire, il m'a proumené deux ou troys tours sans me dire mot. Puys me dict qu'il luy sembloyt que nous considérions bien peu en France de quelle utillité et coumodité vous peust estre à présent l'amitié du roy d'Angleterre estant lez choses du monde comme elles sont. » S'ensuivit une longue conversation sur les avantages d'une alliance avec l'Angleterre, sens dans lequel incaraioDs a abondé l'ambassadeur. Le protecteur lui a mandé ce matin qu'il était Boulonnai» ^^'^^*'* 9^® ^® Capitaine d'un des forts anglais des environs de Boulogne est allé se rendre à M. de la Rochepot : il demande au roi la restitution de la place et l'extradition du transfuge *.

« De Londres, ce iH'^* jour de martz i547, »

Vol. 7, n> 175 v», copie du xvi« siècle, 6 p. 1/2 in-P.

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