‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 148 sur 201 · James Douglas, comte de Morton · texte numérisé non relu

James Douglas, comte de Morton

5. Après la victoire qu'il venait de remporter sur lord Wharton à Dumfries, quelques jours auparavant (ci-dessus, dépêche du 27 février), Archibald Douglas, comte d'Anguâ, passe avec son frère à l'ennemi. Cette défection s'opéra par l'intermédiaire de son genre, le comte de Lennox, contre lequel il venait de combattre. (Voir l'échange de leur correspondance, dans les dépêches envoyées par Lennox et Wharton au protecteur. Caiendar of St, P., Scotlandj t. I, p. 80.)

304 NÉGOCIATIONS DE [mahs 1548]

Mario siaart « MoQseigneur, Berteville me vient de mander quasy les mesmes nou- Dnmbarion. velles que dcssus, assçavojrr la retraîctc des deux roynes à Dombertrand et de rinûdélité'de George Do uglaz et du comte d^Angous, excepté qu'il adjouste que Icdict Douglaz a proumicts et juré de faire rendre le chastcau d*Estreling au roy d'Angleterre et en a baillé son fils pour ostaige, pour lequel effect il dict que Ton a desjà depesché à raylord Grey lui mandant d'aller droict audict Ëstreling et que ledict comte d'Angous «i envoyé pour parlementer avec ledict Grey estant mal content que le gouverneur avoyt mict hors de la garde d*ugne place ung cappitaiac qu'icelluy conte y avoyt mictz. Et davantaige dict qu'il estoyt hyer présent quand le conte de Hontelay print congé du roy d'Angleterre et luy veist faire la révérence et baiser la main et présenter et ofifrir son service et que le protecteur tesmoigna audict roy la bonne voulenté que ledict seigneur de Hontelay avoyt à sondict service et au bien de sez alTayres. A quoy le roy d'Angleterre respondist qu'il la recongnoitroyt et luy feroyt congnoistre qu'il n'esloyt poinct ingrat et luy donna sa rançon et dès rheure fust deschargé de la garde de celluy quy Ta prins quy est ung chevaslier nommé maistre Vannez auquel ledict roy a promieiz d'en faire récompence dont il n'est guères content et demande que ledict seigneur roy luy donne aultant qu'il estoyt raisonnable que le conte de Hontelay luy payast pour sadicte rançon de quoy il dict avoyr esté ce matin parlé au conseil du roy d'Angleterre. A quoy, Monseigneur, il y a quelque apparence, car mon homme que j'ay ce matin encores envoyé vers le protecteur pour les affaires des marchantz m'a dict avoyr veu là ledict maistre Vannez qui a esté appelle et faict entrer audict conseil portant visaige fort triste et d'homme mal content. Quant à la deffaictc d'angloys que l'on disoyt le comte d'Angous avoyr faicte du costé du Ouest, ledict Berteville Ta confermé et asseuré encores et qu'elle a esté d'environ cinq mil hommes pour le moins et croyt que le conte de Lenox et le gardien des marches d'Angleterre y sont demeurés combien que l'on dye à présent qu'ilz se sont saulvez et dict que le mescontentemeot dudict seigneur d'Angous contre le gouverneur est survenu depuis ladicle deffaicte.

« Au surplus, Monseigneur, le même Berteville m'a mandé qu'il y a ung marchant en France fort riche et qui est fort souvent en la court du roy et a moyen de sçavoyr beaulcoup de nouvelles qui mande par deçà tout ce qu'il peust entendre, et a ung chiffre avec le protecteur et ung sien facteur résident icy par le moyen duquel il faict tenyr sez lettres et m'a proumictz de m'en bailler des signéez de sa main et de sçavoyr son nom et me le faire entendre, et dict que ledict marchant a mandé par deçà sur sa vie et sur son honneur que l'on sepouvoyt tenyr tout asseuré de la guerre entre le roy et l'empereur et sy ainsy est et que ceulx-cy reçoipvent ceste nouvelle pour certaine. Et oultre que leurs affaires en Escosse prospèrent tant comme ilz disent je ne sçay quipourroyt avoyr

[mars 1548] M. DE SELVE 305

meu le protecteur de me parler le langaige qu'il m'a dernièrement tenu sinon qu'il craigne que la royne d'Escosse estant desjà toute portée à Dombertrand le roy la veuille faire passer et retirer en France et néanlmoins donner encores bien aiïaire en Ëscosse avec les gentz qu'il y envoyra et Tayde de cculx qui seront fidèles. »

L'bomme qui voulait lui parler et dont il a fait mention dans sa dépèche du 22 est originaire d'Amiens et lui a été adressé par M. de Ghastillon, auquel ce personnage écrit la lettre ouverte jointe à ce paquet.

« De Londres^ ce niî^* mariz i 547 . »

« Monseigneur, je viens d'estre adverty que l'admirai d'Angleterre part demain pour aller à Porcemuth avec le protecteur et qu'il ne bougera de là pour donner ordre auL\: navires et sy m'a l'on asseuré que Pagety va quand et quand qui est un signe que ce voyage n'est poinct pour peu de chose puys que tous ceulx-là courrent de costé. »

Vol. 7, fo 179, copie du xvi« siècle, i p. 3/4 In-P.

SELVE A M. Dt: LA ROCflEPOT.

321. — Londres^ 4 mars, — Selve a reçu de M. de la Rochepot le paquet envoyé par ce porteur, qu'il lui retourne avec un nouveau paquet à l'adresse du roi. Il l'avise de la plainte du protecteur au sujet de l'affaire du capitaine anglais transfuge.

« De Londres, ce iiri'^* martz 1 547. »

Vol. 7, f° 181 yo, copie du xvi« siècle, 1/2 p. in-P.

SELVE A M. DE CDASTILLON.

322. — Londres, 4 mars, — Selve adresse à M. de Chastillon un mot de lettre écrit à celui-ci par Thomme que M. de Chastillon lui a envoyé.

a De Londres, ce mi'^* martz i 547 , »

Vol. 7, f« 181 vo, copie du xvi» siècle, 1/2 p. in-fo.

SRLVE AU ROI.

323. — Londres, 9 mars, — Selve a fait faire par Jean Ilay toutes les iwa^.o.i

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remontrances possibles au comte de Hnntley, qui lui avait annoncé son *'" """^'^ *''*

départ pour lundi matin. Celui-ci a fait répondre que si le navire promis survient en son absence, on le retienne jusqu'à Pâques; il compte envoyer d'Ecosse, avant cette époque, un courrier porteur de lettres de la reine et de renseignements destinés au roi de France, et reviendra pour s'évader par cette voie, si son messager lui apprend l'arrivée du vaisseau promis. Jean Hay part aujourd'hui pour la France et assurera le roi du

AXOLETERRE. — 1546-1549. 20

Guerre dévouement du comte de Huntlev. « Ouant à monsieur de Baudouel il estime qn il se soyt accordé dès cesle heure avec le protecteur quy luy ^ baille III M escuz de pension et cent lancez à la mode de ce pays soubz sa charge pourveu qu'il mecte sa place de l'Hermitaige entre lez mains de ce roy, ce qu'il a proumictz, et oultre ledict protecteur le mect en espérance de luy faire espouzer la seur de monsieur de Cléves quy est par degà ^ Quant aulx placez que milord Grey avoyt prinses et garniez de gentz dernièrement qu'il a esté à Âdiugthon depuis la retraicte dudict Grey, ellez ont esté reprinses par monsieur le gouverneur et raséez ainsy ((ue monsieur de Hontelay m'a mandé en estre icy venu lez nouvellez *. Davantaige, Sire, il m'a aussy faict dire qu'il a entendu des angloys et de bon lieu que il a esté faict ung bon présent au conte d'Arguil après la prinse de Dondy lors qu'il est venu assiéger Portincraig. Le protecteur, l'admirai d'Angleterre et Paget sont à Porcemuth et Ton charge icy des biscuitz comme j'entendz pour y porter par mer qui seroyt signe que l'on voulsiât la mesmez esquipper lez navires sans les mener en ceste rivière comme Ton disoyt. D'envoyer grande armée en Escosse bien tost il ne s'en voyt poinct d'apparence et pense que les angloys ne dessaignent pour le présent que d'envoyer milord Grey avec quatre ou cinq M hommes à Ëstreling qu'ils cuydent prendre parle moyen de George Douglaz que je vous ay faict sçavoyr'. Vray est que par adventure l'exploict faict par monsieur le gouverneur pourra bien retarder ceste entreprinse encores plus le secours que vous envoyez par delà s'il y arrive bien tost. Il est icy bruit depuis deuz jours que l'on a descouvert du costé du Ouest ugne flotte d'aulcunes de voz gallaires et navires, mais il y a icy souvent de telz allarmes. »

« De Londres^ ce /A"- martz 4547, >»

Vol. 7, fo 182, copie du xvi» siècle, 3 p. in-f^

SELVE AU CONNÉTABLE

324. — Londres, 9 mar$, — Selve pense que l'envoi des secours dn roi en Ecosse pourra maintenir le comte de Huntley dans la fidélité qu'il a promis de tenir. « Car sans poinct de faulte, » dit-il, « je suys bien trompé s'il n'est des amys de la fortune et croy qu'à ceste intention il a toujours nagé entre deux cauez. » Selve envoie au connétable une lettre

1. Anne de Cléves, dont Selve a déjà mentionne le projet de mariage avec Thomas Seymour, amiral d'Angleterre. (Dépêche du 22 juin 15i7.)

2. Les places dont Selve a annoncé Toccupation par lord William Grey dans soti incursion sur Haddington (dépêche du 28 février), Hale*s IIousc, Saltoun, Yester, Waughton. Saltoun était repris dès le !•' mars. {Calendar of St. P., Scolland, t. I. p. 81.)

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