‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 149 sur 201 · Voir la dépêche du 4 mars · texte numérisé non relu

Voir la dépêche du 4 mars

[mars 1548] M. DE SELVE 307

du marchand français d^Âmiens adressée à M. de Ghastillon, et le nicmoire dont il a parlé au connétable dans sa dernièi'e dépêche.

« De Londres^ [ce ix^ martz i 547], »

« Monseigneur, j*ay ouvert ce pacquet pour mectre cest avis dans ma lettre afin de vous advertir que monsieur de Hontelay m'a mandé tout à ceste heure qu'il vient dentendre que miloixi Grey s'en vient en diligence par deçà vers le protecteur pour s'en retourner bien tost aprez * et que le gouverneur d'Escosse a accordé de se trouver à parlementer avecques luy sur les limittes avec les principaulx seigneurs dudict pays, mais il ne sçait le temps de ladicte assemblée et pense que ledict gouverneur a plus d'envye de différer les choses et lez mener en longueur en attendant quelque secours que de rien conclurre. »

Vol. 7, f 483 V®, copie du xvi« siècle, 4 p. in-f».

SELVE AU ROI

325. — Londre», i3 mars. — Selve a reçu le 11 au soir les dépèches Eroion du du roi en date du 6 et du 7. Ce soir même du 11 est arrivé le petit vais- com^ de seau à rames commandé par le Breton Quiriace. Mais néanmoins le "° *^ comte de Huntley que Selve avait fait avertir dès le lendemain matin persiste dans son projet de départ, disant que, s'il trouve plus de facilités poui' s'évader du Nord, il fera venir le navire à Newcastle, où il est contraint d'aller, et qu'en cas contraire il reviendra à Londres pour s'enfuir parla Tamise. Selve a donc gardé le navire, qui d'ailleurs avait à vendre son chargement de vins. Selve, en outre, trouve très étrange que le comte de Huntley l'ait requis d'écrire à la reine d'Ecosse en donnant créance au porteur, lequel se trouvait être un des gens du comte : Selve a feint de rédiger sa lettre dans les termes qui lui étaient demandés, mais n a fait que mander à la reine ce dont le roi lui avait donné charge par sa dépèche du 6. Le comte de Huntley est parti en poste ce matin. « Et ay 8ceu, Sire, certainement par ung bien honneste personnaige et digne de foy médecin que j'ay icy avec moy lequel depuis peu de jours est souvent chez le conte de Warvich quy Ta requis le penser d'ung mal de jambe auquel lez médecins d'icy l'ont tenu tout cest hy ver, que dimanche dernier il veist en sa présence le mesme homme du conte de Hontelay quy a esté céans venyr vers ledict seigneur de Warvich et luy bailler ugne lettre et aprez parler longuement à luy à part et de là fust mené l^ict homme en ugne chambre où l'on luy compta sur ugne table ugne grande somme d'escuz doubles de ce pays ainsy que veist ledict médecin en passant par ladicte chambre. » Selve renouvelle ses expressions de défiance à propos de toutes ces menées.

1. Il arriva le dimanche 18 mars. (Ci-dessous, 21 et 27 mard.)

inear»ion Plusieurs capitaines de navires anglais sont encore ici : il n'est pas Booionnaif. probable que les vaisseaux de Porlsnaoulh appareillent tant que le roi ne fera pas paraître les siens. « Hugues Leulrel », dont le roi recommande de s'enquérir, est gentilhomme et frère d'un chevalier nommé a Jean Leulrel », capitaine de l'Ile Snint-Cosme près du Petit Leich, ^quelle a été prise et fortifiée par les anglais depuis longtemps déjà'.

« De Londres, ce xiii^ martz v« v/.v//. » Vol. 7, f° I8i, copie du xvi« siècle, 3 p. in-r>.

SELVE AU CONNÉTABLE

326. — Londres, 13 mars, — Selve a reçu les dépêches du connétable en date du 6, du 7, du 9. 11 a remis aux membres du conseil les trois mémoires de marchands français envoyés par le connétable et au sujet desquels il a su que l'ambassadeur d'Angleterre avait déjà écrit *. Il a promis à son tour d'envoyer au roi le mémoire des anglais relatif aux pillages reprochés au capitaine d'Estimauvillc, du Havre. A la première occasion, il dira à Berteville ce que le connétable veut lui faire savoir. H répondra sur le reste dès le retour du protecteur, à la fin de la semaine.

« De Londresy le a///- martz 1 547, »

« Monseigneur^ Q^yriace Breton escript à monsieur de TAubespinc li lettre en ce pacquet addressée au sieur Jean de Lussy marchant. »

Vol. 7, ^ 18îi, yo, copie du xvi» siècle, 1 p. rn-f*.

siavt: A M. 1»E LA nOCIIKPOT.

327. — Londrps, 13 mars. — Selve a reçu les deux paquets du roi avec les dépêches de M. de la Rochepot en date du 9 et du il.

« De Londres, ce xrii'"* martz 1 547, » Vol. 7, P 180, copie du xvi« siècle, 1/2 p. \n-{\

1. Hugh LiiUrell, fr(rre de sir John LuKreli. capitaïue de Saint-Combe's loch, dont il a déjà été parlé. A celte désertion, opérée, comme on le voit, de connivence avec le gouvcrnemenl français, semble se rattacher un projet de surprise de Boulojînc, préparé, s'il faut ajoulcr loi ù la date d'une des pièces qui en contiennent le détail, vers la Hn de mars 15i8. Ces documenls (Propos du capitaine Vilhfanyo au roi; — Avis de d'Andelot à Garnirai pour une entreprise sur Boulogne sont classés au milieu de la correspondance relative ù la négociation de la paix de Uoulopnc en looO. (Vol. 8. f" 119 à 121 vo.) Ci-dessous, la note 1 de la pièce 528.

2. Dépêche de Nicholas Wolton an conseil prive, datée de Paris, 7 œar?. {Calendar of St. P., Foreif/n Séries, Edward VI, p. 15.) A partir de cette date, sa correspondance reprend jusqu'en mai et permet de contrôler celle de Selve.

[mars 1548] M. DE SELYE 309

selviî: au roi.

328. — Londre$^ i7 mars. — Selve a envoyé, le jour précédent,, demander au premier secrétaire d'État de requérir du conseil Tarresla- Uon de trois soldats français arrivés à Londres après avoir déserté 6|h tué à coups d'arquebuse leurs capitaines, dans un des forts du roi de France situés près de Calais. Selve avait été averti par ses renseignements particuliers que le capitaine anglais de Calais leur avait donné une lettre de recommandation pour le premier secrétaire d'État. Celuici, après avoir déclaré d'abord ne rien savoir de ce fait, vient de répondre par une excuse, disant qu*il ferait ce qui serait convenable, si les fugitifs étaient retrouvés. Selve pense que les anglais les ont déjà envoyés en Ecosse et diront qu'ils ne connaissent pas leur retraite.

« Au surplus. Sire, il m'a esté dict que la somme d'argent que monsieur Négociaiioa de Warvich a faict dernièrement bailler à l'homme du conte de Honlelay *^®® ^*

comte de

n estoyt que de IllI*^ escuz luy mandant ledict seigneur de Warvich Haniiey. qu'il luy envoyoit ce qu'il luy avoyt demandé, qui seroyt quelque signe que ledict argent eust esté preste. Vray est que ledict seigneur de Warvich luy a donné ung prisonnyer qu'il ne luy avoyt jamais vouUu accorder par cy devant qui est ung presbtre lequel estoyt secrétaire du feu cardinal de Sainct André. Et dict l'on sans poinct de faulte que tant audict seigneur de Warvich qu'à tous lez aultres seigneurs de deçà ledict conte de Hontelay a laissé très bonne oppinion et espérance de bonne ▼oulenté et affection de faire service à ce roy. De moy, Sire, je sçay quelles parolles d'asseurance il m'a donnéez du contraire à son parlement et de Tenvye et résolution qu'il a d'estre bon et fidèle à sa princesse et par ainsy fauldra qu'il mente aulx ungs ou aulx aultres mais je ne sçay ausquelz ce sera. Des navires de ce pays il n'est encorez poinct de nouvelles de lez remuer de Porcemuth. Et m'a esté dict que lez marchantz d'icy et de Calaiz en ont requis et sont allez demander quelques ungs au protecteur pour la seureté et compaignie de la flotte de leurs laines ^ qui partent ung de cez jours pour aller audict Calaiz, et qu'il les leur a refusez s'excusant qu'il pouvoyt oster de là lesdicts navires pour cest heure et qu'ilz y faisoint besoing pour le service de ce roy. J'ay aussy esté adverty. Sire, il y a deux jours, que il estoyt arrivé icy ung soldat espaignol qui vient de Humez lequel compte qu'il n'est rien sy vray que des soldatz espaignolz quy estoint audit Humes il y en a jusques à XXX harquebouziers à cheval qui se sont allez rendre aulx escossoys il y a desjà quelque temps et dict qu'il estoyt lors audict Humez et que cela advint par despit et mescontentement du cappitaine et gouverneur de la

I. La flotte des laines^ qui transporlail chaque aimée ù Calais les laines anglaises et dont Marillac mentionnait déjà les voyages réguliers de Londres au continenl. (Correspondance politique de MM. de Caslillon et de Marillac, août 1542.)

310 NÉGOCIATIONS DE [*A1IS iîW8]

place *. Il ne se parle poinct à ceste heure d'envoyer puissance ne armée en Escosse et se dict bien peu de nouvelles. Je croy que c'est à raison de Tabsence du protecteur et qu'à sa venue se pourra comprendre je ne sçay quoy de ce qu'il délibère et dessigne de faire. J'entends que ledict protecteur a passé la mer et a esté jusques en l'isle d'Ouich pour la visitler laquelle est prochaine de Porcemuth. Quelques ungs m'ont dict que Gamboa cappitaine espaignol part dans quatre ou cinq jours pour aller vers ledict pays d'Escosse et que l'on luy envoyé entre aultres choses pour donner ordre aulx espaignolz quy sont là et pour les soutenyr en debvoyr, parce que Ton ne se y fie paz trop comme l'on a raison attendu le mescontentement qu'ilz disent publicquemenl qu*ilz ont lequel lez pourroyt disposer bien aysément à mon advis à entendre à quelque practique contre lez angloys s'il y avoyt gentz en Escosse qui la leur missent en train. »

« Dt Londres, ce xvir^ marlz i 547. »

Il vient d'être averti de l'arrestation d'un des trois soldats et a demandé qu'on le fasse conduire à M. de la Hochepot en offrant de solder la dépense du passage.

Vol. 7, r> 186, copie du xvi« siècle, 3 p. 1/2 In-f».

SELVE AU CONNÉTABLE

stisie de 329. — Zowrfifs, / 7 mat*s, — Les membres du conseil viennent de MTiref. demander à Selve d'attendre encore deux ou trois jours la réponse écrite qu'ils avaient promise sur le fait des marchands français pillés. Ils lui ont également montré une lettre des officiers de Newcastle disant que les cinq ou six navires du Crotoy et de Saint-Valéry arrêtés à Newcastle ont été délivrés et que l'argent provenant de la vente de leur chargement de blé est à la disposition des marchands français. Selve pense que cette lettre est une réponse à celle qull avait fait envoyer 11 y a un mois par le protecteur, sur la plainte de deux de ces marchands, fermiers d'une abbaye du cardinal de Bourbon et qui réclamaient alors leur bien : il n'a pu les retrouver pour leur faire part de cette réponse.

Il envoie au connétable le mémoire du plaignant anglais dont il a parlé dans sa dernière dépêche et où celui-ci demande 17 1. 19 s. 4 d. pour les pertes qu'il spécifie et 80 livres pour celles qu'il ne peut préciser. Il envoie aussi trois lettres pour M. de Ghastillon « dans lesquelles celluy quy les escript ne m'espairgne paz et sy ne sçay pourquoy et luy mesmes beaulcoup moins à mon advis comme il se pcust veoyr par sez proprez escriptz, ausquelz je pense avoyr satisfait avec raison et vérité

i. Voir sur cette affaire la dépêche du 22 février.

[mars 1548] M. DE SELVE 311

par ugne lettre que j escriplz présentement à mondict seigneur de Chastillon. »

€ De Londres, ce xvii^* martz v« xlyii, »

Vol. 7, fo 488, copie du xvi» siècle, 1 p. 3/i in-f». *

SELYE A M. DE LA RO€HEPOT.

330. — Londres^ i 7 mars. — Selve envoie à M. de la Rochepot un paquet à Tadresse du roi et Taverlit de Tétat de rafTaire des soldats français déserteurs.

« De Londres^ le xviii'^* inartz 1 547. »

Vol. 7, r> 488 V», copie du xvi« siècle, 1/2 p. in-f*>.

SELVE AU ROI

331. — Londres^ 2i mars. — Le protecteur est rentré à Londres incu«ion lundi matin *. Selve a été lui porter la veille après dîner la réponse par dans le

RnnInnniiÎH

laquelle le roi déclarait ignorer TafTaire du capitaine anglais transfuge et du fort anglais soi-disant livré à M. de la Rochepot et a profité de l'occasion pour réclamer du protecteur la livraison au plus tard dans un défaut de vingt jours des soldats français déserteurs, dont six ou sept ont déjà été arrêtés et se vantent de leur crime en annonçant d'autres désertions.

Le protecteur a répondu que lé capitaine anglais transfuge était un certain Lutrell, caj^itaine de quelques chevau-légers dans un des forts du roi d*Anglcterre, lequel était allé se rendre à M. de la Rochepot, sans livrer aucune place, et que c*élait de cette désertion seulement qu'il s'était plaint, sans alléguer le grief de la reddition de la place. Quant aax déserteurs français, il a déclaré que les envoyer en France, comme le réclamait l'ambassadeur, était contraire aux franchises du royaume, mais que si le roi de France voulait envoyer les chercher en Angleterre selon la forme du traité^ quHl serait fait droit à sa réquisition.

Selve ayant fait entendre au protecteur le désir du roi de maintenir Affaire» la paix, selon la teneur de la dépêche du roi, et le protecteur répondant "^^f j*JJj[i^°^ par de semblables protestations, celui-ci lui demanda, répète Selve au roi ', « sy vous ne vous doubtiez en rien de l'empereur à quelle fin vous avyez faict ligue avec le Pape, avec le duc de Ferrare et avec les

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