Lundi 19 mars
2. Ce sont les termes de la dépèche de Nichulas Wolloa du 7 mars, et de la suivante du 18, que le prolecteur répète dans cet entretien. Henri 11 était alors à. Turin, d'où il espérait entraîner le pape Paul III dans son alliance, et venait de réunir à la couronne le marquisat de Saluées, après la mort de Gabriel de Montferrat, dernier marquis de Saluées.
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312 NÉGOCIATIONS DE [mars 15481
Suissez, en après sy Tempereur pacîfTyoit rÂllemaigne en son obéissance et la rendoyt comme patrimoniale quy estoyt le prince chrestien quy y avoyt tant d*interest que vous de quy lez terres sont de tous costez «voisines et environnées de celles dudlct empereur avec lequel vous avez plus de choses à desmesler et d'occasion de différenlz qu'avec qui autre prince, car vous en avez et pour le duché de Milan et pour le Piedmont et pour la Savoye et qu'encorez estiez vous pour en avoyrà cause du marquizat de Sallussez lequel il avoyt ouy dire que vous mectiés en voz mains et que d*aultre costé y en avoyt qui vouUoint prétendre que ledict marquizat deppendoyt de Tempire, daventaige sj ledict empereur rendoyt TAllemaigne patrimoniale et iransféroyt Tempire à son filz et le perpétuoit hérédital en sa maison que debviez vous espérer que luy ou lez siens feissent après cela sinon de Aubjugner ritallye et de commencer par adventure parce que vous y tenez qall prétend estre de Tempire et sy le pape quy est fort vieulx venoyt à mourir quel diiïérent y nuroyt il à la création d'ung nouveau pape sinon entre ledict empereur et vous, que considérant toutes cez choses il luy sembloyt beaucoup meilleur pour vous d'estre bien asseuré do coslé du roy d'Angleterre estant pour avoyr de grandz aflayres avec Taullre que d*estre en danger d'avoyr guerre à tous deux. » Après lai avoir laissé assez longuement développer cet argument, Selve répondit que le roi son maître avait moyen de forcer le marquis de Saluces à faire son devoir, et que dailleurs les héritiers de l'empereur ne feraient jamais plus de mal au roi que l'empereur lui-même n'en avait su faire. A quoi le protecteur répliqua en mettant de nouveau en avant les moyens dont Selve a déjà fait mention, à savoir ou l'anticipation de la restitution de Boulogne en échange du concours du roi au mariage de la reine d*Ecosse avec le roi d'Angleterre, ou la diminution du prix de la restitution en échange de la cession d'Ambleteuse aux anglais; revenant encore une fois au milieu des réponses de l'ambassadeur sur la nécessité où il était d'alléguer quelque prétexte aux ouvertures qu'il lui fallait en faire K « Aprèz lesquelz propos, » conclut Selve, « il songea assez longuement, puis me dict qu*encorez que l'amytié soyt bonne entre lez denx magestés de vous, Sire, et de son maistre, toutesfoys que ce seroyt ong grand bien pour le repoz de tous deux et pour le trafficqae dez sdbjecti de l'ung et de l'aultre qu'elle feust bien asseurée, quy sont, Sire, lez propoz qu'il me tint. »
« De Londres, ce xxi^'jour de martz i ô47, »
Vol. 7, n> 189, copie du xvi» siècle, 7 p. in-f".
1. Voir sur ce point la dcpôche du 16 novembre 1547, celles des l*»", 8, 17 février
[mars 1548J M. DE SELYE 313
SELVE AU CONNÉTABLE
332. — Londres, ^i mar$, — « Monseigneur,... ce que pour cesle Guerre
d'Éoo
«se.
heure j'ay de nouveau à vous mander est que dimanche dernier * arriva icy en poste milord Grey et quelques escossoys en sa compaignie desquelz ruag quy dict qu'il s'appelle Hamilton ' parla à ung homme de mestier françoys qny est icy habitant et luy dict qu'il m'advertist que l'on avoyt retenu à Barrvich ung homme que la royne d'Ëscosse et monsieur le gouverneur avoint depesché vers moy avec dez lettres et ne lui parla poioct plus avant. Je verray s'il est possible de faire reparler à luy ledict homme de mestier affin d'essayer s'il lui vouldra rien dire davantaige. Il ne m'a esté encores possible, Monseigneur, de pouvoyr rien entendre de la cause de la venue dudict milord Grey ne desdicls escossoys quy sont avecques luy. Bien est certain qu'incontinent aprcz leurdicte venue Hz ont esté appeliez au conseil plusieurs foys et leur faict on grande chère et ne bougent d'avec le conte Baudouel quy est maintenant comme l'on tient ung dez meilleurs angloys du monde. Maistre Bryant dict hyer à ung de mez gentz ainsy que je parloys au prolecteur que ledict milord Grey s'en retournoyt bien tost en diligence par delà et qu'il avoyt porté nouvelles que la petite royne esloyt à Dombertrand et que la royne douairière sa mère estoyt revenue à Estreling. Cejourd'huy j'ai envoyé parler à Berteville et ne m'a esté possible d'en avoyr plus tost le moyen car il estoyt allé trouver le protecteur à Porcemuth par son mandement comme il m'a cejourd'hui faict dire. Ledict Berleville est merveilleusement ayse à ce qu'il monstre de ce que je luy ay faict dire de vostre part suivant voz lettres du VU" de ce moys et dict qu'il pense estre envoyé en Escosse dans peu de temps et qu'estant là il se bazardera de faire quelque bon service s'il luy est possible. Il ne m'a mandé aullres nouvelles pour le présent sinon que le protecteur faict réparer et forlifûer Porcemuth et qu'il a merveilleusement grand peur de la guerre avec le roy et d 'estre assailly de ce costé là. Et sy crainct inGniment ainsi qu'il dict qu'estant Marie stuart desjà la petite royne à Dombertrand le roy ne la face passer en France Domi^rton qui seroyt ung poinct quy le mectroyt à mon advis bien au bout de son sens et de sez discours. Quant aulx navyres qui sont audict Porcemuth il dict que l'on lez faict armer et esquipper. De milord Grey il ne sçayt bonnement la cause de sa venue sinon qu'il entend qu'il a porté quelques articles du gouverneur pour parlementer avec ceulx cy, mais ne sçayt encores que portent lesdicts articles et verra d'en entendre quelque