‹ Correspondance politique de Odet de SelveChapitre 160 sur 201 · Turin · texte numérisé non relu

Turin

[mai 1548] M. DE SELVE 361

Fichet, cordellyer à Coutances, quy aultresfoys a laissé son habit et maintenaDt Ta reprins et est cousin d*ung gentilhomme de la chambre de ce roy nommé Meautis, lequel cordellyer va et vient par les portz et villes de voz pays de Bretaigne et Normandie et advertit ordinairement par deçà de tout ce quy s'y faict addressant ses advertissements aulx isles de Grenezay pour les faire entendre par deçà ».

La veille également, l'homme du comte de Huntley est venu lui appor- NégooUtion ter une lettre du comte à Jean Hay que Selve envoie au roi. A la requête ^JJ^ J^ du gentilhomme qui a la garde du comte, Paget a tant fait auprès du HnnUey. protecteur que celui-ci n'a pas été mis à la Tour. « Tout ce que j'ay peu sentir de luy », expose Selve, « est que les angloys veulent bien laisser aller son maislre pourveu qu'il s'obblige de porter entièrement les affayres du roy d'Angleterre contre le gouverneur d'Escosse et luy contraster en tout ce qu'il pourra dont ilz lui donneront le moyen et que de ce faire il baille pour ostaiges sa femme et troys de ses enfants à quoy il ne -se veult accorder. Et quant à ce qu'il escript à maistre Jehan Hay m'a dict que ledict Hay avoyt mandé à son dict maistre qu'il luy eseripveist son advys du passaige de la petite royne d*Escosse en France luy disant qu'il en avoyt eu quelque propoz avec vous à son arrivée et que vous luy avyés dict qu'il n'y avoyt paz huict personnes qui sceussent ce qui passoyt entre vous, Sire, et la royne douayrière quant à ce poinct. A quoy son maistre faisoyt maintenant responce luy escripvant qu'il en manderoyt au long son advis à la dame royne douayrière sur lequel propoz j'ay mictz poyne d'entendre de luy ce qu'il pouvoyt sçavoyr de l'oppinion de sondict maistre en cet endroict. Et m'a dict qu'il luy sembloyt que sy tous avyez voulenté de retirer la royne d'Escosse en France et la marier là vous ne le debviés poinct lenyr si secret car aussy bien ceulx cy le disoint ouvertement, et que sy l'on estoyt bien asseuré en Escosse que cela se deubst faire beaulcoup de ceulx qui favorilsent le party des angloys pour la seuUe oppinion qu'ilz ont que leur princesse soyt en fin femme de ce roy abbandonneroint son party et suyveroint le vostre, car l'intention de la plus part n'est que d'obéyr à leurdicte princesse et à celluy qui l'espouzera et qu'estantz incertains qui ce doibt estre, plusieurs craignent d'offenser ce roy lequel ilz croyent estre seul qui prétend et poursuyt ledict mariage et qu'il avoyt dict à l'évesque de Caithnes son frère pour faire entendre à la royne qu'elle ne pouvoyt mieulx faire pour le bien des affayres de sa fille que de sçavoyr certainement sy vous la voulyez maryer en France et làdessuz assembler les seigneurs et estatz du pays et le leur déclairer franchement pour en avoyr leur advys et consentement affin qu'aprèz cela les subjeclz dudict pays eussent quelque asseurance de celluy qui doibt estre leur prince en usant des propres termes qui s'ensuyvent qu'ilz estoint en incertitude en Escosse sy ce seroyt vous. Sire, où le roy d'Angleteerequiseroyt leur roy. » A quoi Selve a longuement répondu en disant que le roi ne prétendait

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pas en Ecosse à autre chose qu'à la défense et protection de la reine, ajoutant que si TÉcosse devait en venir aux dernières extrémités « il y avoyt grand chois de se donner volontairement à ung antien amy pour recepvoyr de luy toute la grandeur, repoz et félicité qu'il est possible ou de se rendre par force à ung antien et capital cnnemy pour luy eslre en proye et rapine et en fin venyr à finale destruction de sa nation propre et en perdre le nom et la manière pour jamais quy estoyt chose sy odieuse que sy elle advenoyt les enfantz des enfantz et ceulx qui en descendront en mauldiroint tout le temps de leurs vies leurs pères quy en auroint esté causes ». Cet émissaire du comte de Huntley repart dans huit jours pour rÉcosse et s'offre à porter les dépèches du roi.

(( De Londres y ce xxvii"* may i 548. »

Espions 384. — Londres y 27 mai. — Berteville a chargé Selve de rappeler au anglais, connétable une prétendue promesse de 500 écus de pension annuelle que lui aurait faite le feu roi de France. Il dit toujours ne demander que sa grâce et sollicite seulement, en outre, la mise en liberté sous caution de sa mère qui est encore prisonnière sous la garde d'un huissier de Paris et la mise en dépôt de ses biens entre les mains du bailli d'Àlençon son parent.

(( L'homme qull a accusé nommé Saint-Touyn me vient tout à ceste heure en vous faisant ceste depesche d'envoyer une lettre qu'il escript à monsieur de Chastillon par laquelle il donne advertissement d*une deffaicte d'angloys advenue en Escosse dont je vous ay faict quelque mention par cy devant ne sçaichant qu'en croyre comme je ne faictz encores combien qu'elle continue entre plusieurs et que l'ungde ceulx que j'avoys envoyé vers les frontières d'Escosse qui ne faict qu'arriver de retour de Barrvich où il afferme et asseure avoyr esté dict ladicte deffaicte estre tenue pour certayne audict Barrvich et qu'elle a esté faicte devant Dombarre, mais que milord Grey n'y a poinct esté blecé ny Gamboa tué *. Vray est qu'il y est mort grand nombre d'aultres angloys et que ledict Grey est après à essayer de prendre ledict Dombarre et a de VII à VIII*« hommes avec luy, mais qu'il n'y fera rien car il y a force gentz dedans et sy est fort bien muny de toutes choses et de vivres, n'ayant rapporté aultres nouvelles sinon que à Portincraig selon ce quy se dict à Barrvich n'y a paz plus de III^ hommes et audict Barrvich n'y a aussy pour la garde que deux ou troys centz hommes de guerre. Bien dict avoyr trouvé en divers lieux entre cy et les frontières plusieurs estrangers espaignolz et flamentz allantz les ungs après les aultres vers ledict Barwich fort mal en ordre.

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