Sir Henri Palmer, membre du conseil de Boulogne
5. Cette alTaire va devenir le point de départ de longues négociations et de mémoires réciproques.
[juillet 1848] M. DE SELVE 413
avise le connétable des nouvelles d'Ecosse et de la confirmation du bruit du départ de 200 à 300 gens de guerre pour le Boulonnais. »
« De Londres y ce xx/if juillet io48, » Vol. 7, P 307, copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-P.
SELVE A M. DE LA ROCIIEPOT
442. — Londres, 24 juillet. — Selve rend compte à M. delaRochepot de la plainte du protecteur relative à la canonnade de Boulogne et lui fait part des nouvelles d'Ecosse.
[« De Londres, ce xxi m* juillet i 548 ».]
Il lui confirme le bruit du départ pour le Boulonnais des 200 ou 400 allemands embarqués à Londres.
Vol. 7, P 307 vS copie du xvi» siècle, 3/i p. In-P.
SELVE AU ROI
443. — Londres, 24 juillet. — « Sire, ayant eu cejourd'huy quelque siège de certitude de la rencontre qui a esté naguères en Escosse entre voz gentz et ^*^<*"*^" lez angloys, je vous ay dépesché ce courrier exprez pour vous en porter
lez nouvelles que j'en sçay. Et premièrement, Sire, commenceray par celles que j'estime lez plus véritables que j'ay veues par une lettre qu'ung cappitaine italien estant à Barwich avec milord Grey escript à l'ambassadeur de Venize du XVIII* de ce moys, le contenu en substance de laquelle est que milord Grey estant adverty par espyes qu'il y avoyt eu quelque différent entre monsieur d'Essey et le gouverneur d'Escosse à l'occasion duquel voz gentz et les escossoys s'estoint séparez et retirez du siège d'Adinglhon s'estoy t délibéré de faire marcher l'armée angloise pour essayer de leur donner sur la queue et prendre quelque adventaigc sur eulx, et pour ceste fin avoyt acheminé sez gentz de guerre dez le dimanche XV de ce moys délibérant de partir le mardy ensuivant avecques quelques cappitaines et gentishommes qu'il avoyt retenuz en sa compaignie et que ledict jour du dimanche et le lundy ensuivant ladicte trouppe angloise avoit marché jusques à XII mil prez de voz gentz soubz la conduicte de maistre Palmer et de milord Bowis gardien des marches de delà et estoint venuz jusques à un passaige estroict et malaisé auquel maistre Palmer et ledict milord avec toute la cavallerye s'estoint advancez devant laissant les gentz de pied derrière et estoint allez donner jusques bien prez de là où estoint voz gentz lesquelz comme bien advertis du desseing de leur ennemy avoint trouvé moyen de lez attirer sy finement et saigement à l'escarmouche et lez y attacher sy bien que maistre Palmer qui estoyt le premier avec le moindre numbre
414 NÉGOCIATIONS DE [jUUXET 1548]
de la cavallerye sy estoyt trouvé enveloppé et meslé de sorte qu'il n*en pouvoyt sortir et ledict milord qui le suyvoyt avec tout le reste des gentz de cheval le cuydant secourir s'esloyt miclz au raesme péril en manière que tous deux avec toute la cavallerye que les angloys avoint par delà y avoint tous esté tuez ou prins réservé le cappitaine Gamboa qui s'estoyt saulvé avec deux ou troys de sez gentz tant seulement et estoyt revenu à Barrvich ayant esté tuez tous lez aultres espaignolz qui estoint en ladicte trouppe ensemble ung cappitaine albanoys nommé Jehan Andrée et ceulx de sa nation qu'il avoyt avec luy et plusieurs aultres tant estrangers comme angloys, et que sur l'heure dudict combat ceulx de dedans la place d'Adingthon sortirent de leur costé sur voz gentz et que l'on ne sçayt qu'il en est advenu mais qu'il est à croyre que le chemin leur a esté taillé de rentrer en la place et qu'il n'ont paz eu meilleure fortune que les aultres car voz gentz s'estoint très bien préparez et pourveuz pour remédier à tout cela ayantz usé de ceste ruze et stratagème de se retirer pour leur faire ladicte saillye, et que cest inconvénient n*est advenu que pour avoyr esté milord Grey mal adverly et avoyr estimé que ceste discorde entre monsieur d'Essey et le gouverneur estoyt véritable laqtielle toutesfoys n'estoyt que faincte expressément comme il y a grande apparence car lez escossoys mesmes quy estoint avec les angloys avoint tourné contre eulx sur l'heure du combat et aydé à lez defifaire changent la croix rouge en blanche. De laquelle nouvelle milord Grey fust adverly le mardy XYII" de ce moys ainsy qu'il estoyt prest à partir avec Berteville et aulcuns gentishommes angloys et aussy celluy mesmes qui escript la lettre pour s'aller rendre à la susdicte trouppe angloise avec laquelle ils feussent partis n'eust esté qu*aulcunsd'eulxn'avoint paz leurs grands chevaulx prestz dez le dimanche. Et en fin de ladicte lettre, Sire, y a telles paroUes en summayrc : je vous advise que toute la cavallerye angloise y a esté prinse ou tuée réservé ledict Gamboa; vray est que les gentz de pied se sont saulvez et sont icy venuz trouver milord Grey. Selon cest advertissement, Sire, lequel vient de bon lieu, ceste perte est grande et d'aillieurs j'ay entendu certainement que Paget parlant d'icelle avant hyer ne la confessoyt pas moindre que de mil chevaulx et quant au commung bruict quy y vouldroict adjouster foy elle seroyt beaulcoup plus grande. Toutesfoys, Sire, monsieur le prolecteur Ta desguisée tant qu'il a peu comme j'ai sceu et à l'ambassadeur de l'empereur et à celluy de Venize, leur mandant qu'il n'est rien sy vray qu'il y a eu et a différent entre ledict sieur d'Essey et ledict gouverneur d'Ëscosse lequel est proceddé de la longueur dont voz gentz ont usé au siège d'Adingthon lequel ilz promectoint de prendre incontinent et pource qullz y avoint failly les escossoys s'estoint excusez et s'estoint vouluz retirer et que maistre Palmer ayant esté envoyé à Adingthon après ledict siège levé pour veoyr comme les choses se y portoint estoit entré dedans et lei avoyt trouvez en fort bon estât et deiTense de sorte que nonobstant le
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boulouarl que lez vostres avoint sappé et abbatu la place n'avoyt jamais esté sy forte qu'elle estoyt Tayant par le dedans merveilleusement bien remparée et fortiffîée ceulx qui y sont et asseuranls qu'il n'en viendroict poinct de faulte, au moyen de quoy ledict maistre Palmer s'estoyt retiré avec peu de numbre de gentz de cheval qu'il avoyt et en s'en retournant avoyt trouvé quelque trouppe de voz gentz qu'il avoyt deffaictz et chassez jusques au reste de vostre armée de laquelle pour avoyr esté trop couraigeux et ne s'estre voulu retirer à temps il avoyt esté enveloppé et prins avec le gardien dez marches et environ II ou llic chevaulx tout au plus mais que voz gentz y avoint bien eu plus grande perte car en cest instant mesmes ceulx d'Adingthon estoint sortis sur eulx et en avoint beaulcoup tué et estoint rentrez sans aulcun dommaige dans la place qu'ilz tenoint plus forte que jamais. Vray est que pour faire mieulx croyre le compte le secrétaire que l'on a depputé pour l'aller faire aux ambassadeurs leur a faict ung long proesme avant que venir au poinct leur disant que ce peuple qu'il n'avoit poinct accoustumé d'ouyr nouvelles d'adversité quand il lui en advenoit quelcune la moindre du monde la faisoyt et publioyt plus grande sans comparaison qu'elle n'estoyt et au contraire quand ilz recepvoint quelque fortune sembloyt qu'il n'en daignast parler ne faire compte.
« Sire, etc.. »
« De Londres, ce xxiiii* jour de juillet i 548. »
Vol. 7, fo 308, copie du xvi" siècle, 4 p. i/4 In-f^.
SELVE AU CONNÉTABLE
— LondreSy 24 juillet, — Selve rend compte au connétable de ouerre' l'effet produit par la défaite des anglais en Ecosse : des lettres et des ^'^om«courriers sont envoyés aux principaux seigneurs diànglelerre pour les envoyer en toute hâte à la frontière avec leurs gens. Les anglais comptent sur le temps et sur la diminution inévitable de l'armée royale, qu'ils veulent attaquer par mer et par terre. « Et se dict en ceste court que celle de mer est desjà partye d'Arrvich dont j'attendz aujourd'huy ou demain nouvelles certaines pour aller à Barrvich. Et disent qu'ils espèrent avoyr l'aventaige sur nostre armée de mer pour ce que une partye d'icelle s'est séparée et départie pour aller à Dombertrand lever la petite royne ainsy qu'ilz disent pour la mener par delà. Et le reste ne sera guères bien fourny de gentz selon leur oppinion pour ce qu'ilz disent que la plus part seront descenduz en terre et font leur compte qu'ilz auront bien tost lll ou V*« allemands de renfort avec leur armée de terre et que le numbre dez hourquez esquippéez en guerre qui lez auront portez sera encores pour croistre leurs forcez de mer... Il n'y a pour oeste heure aultres nouvelles sinon, Monseigneur, que le protecteur fait
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faire à grande diligence grande quantité de bardes pour gentz de cheval et lez faict à Westminster dans le logeis propre du roy ung italien raodesnoys qui a auUresfoys esté longuement en France au service du feu roy. L'on me vient de dire que lez deux ou troys cents allemants et flaments que Ton envoyoit delà la mer ont esté en chemin arrestez et commandez de ne poinct passer Gravezingines * et le pays de Quent où ilz sont maintenant : de quoy ce courrier en passant pourra sçavoyr la vérité et la vous faire entendre comme je luy en ay donné charge. Sy cela esloyt véritable ce seroyt signe qu'ilz sont en quelque incertitude s*ilz doibvent meclre du costé d'Escosse tout ce qu^ilz en ont. Quant auli gentz de cheval qu'ilz ont levez en ceste ville leur partement depuis sabmedy a tousjours esté remictz de jour à aultre. Et ce jourd'huy après disner en une monstre qu'ilz ont faicle en debvoint cstre résolus et de Targent qui leur debvra estre délivré pour se conduire jusques au lieu où ilz vont jusques auquel ilz ne seront ny aulx despens ny à la soulde du roy d'Angleterre mais seulement de ceulx qui lez fournissent et encores qu'asseurément ne se sçaiche qu'elle part ilz vont, Ton dict plus que jamais qu'ilz vont en Escosse. »
a De Londres, le xxiiii^ juillet iô4S. »
Villeneuve se plaint journellement de n'avoir reçu aucun argent depuis longtemps.
Vol. 7, f» 310, copie du xvi« siècle, 2 p. 3/i ln-f°.
SELVE A M. DE LA ROCOEPOT
445. — Londres, 24 juillet. — Selve rend compte des nouvelles d'Ecosse et de l'arrôt du contingent allemand à Gravesend.
« De Londres^ le xxiiii* juillet i548, »
Vol. 7, fo 3H v», copie du xvi« siècle, 1/2 p. in-f^
SELVE AU BOI
Guerre ^^®* — Londres, 25 juillet. — « Sire, l'homme que j'avoys envoyé à d'Écosw. Arrvich est cejourd'huy revenu et m'a rapporté que tous les navires qu'estoient là comme je vous ay mandé dez le X1X« jour de ce moys eu sont partis et allez vers Escosse * et que audict Arrvich il a entendu que sur le partement desdicts navires vint ung commandement à compteroolleur de la marine d'aller en diligence faire accoustrer et esquipper lez aultres navires qui sont à Porcemuth qui est tout ce qu'il a rapporté de