Voir ci-dessous, 23 août
432 NÉGOCIATIONS DE [AOUT lo48]
la rivyère du petit Leith XII navyres des vostres chargés de victuailles desquelz les gentz se saulvèrent en terre *. El se vante aussy qu'il y a eu une de voz gallaires tellement battue qu'elle ne servira jameiis et le lieutenant du seigneur Stroey tué dedans, mais je croy fermement, Sire, que la vérité soit tout le contraire. Car je suis adverty que mesme jeudy dernier ledit protecteur estoyt sy surprins et de colère et de mescontentcment qu'il ne se peust tenir de dire et déclairer que les ministres du roy d'Aiigleterre qui sont vers le pays d'Escosse le servent très mal et faisoint tout le rebours de ce quy leur estoit ordonné ayantz fort mal pourveu à ladicte place d'Adington et que ledict roy son maistre n'avoit point faulte de gentz de guerre mais bien avoit grande faulte de chefz et par mer et par terre et qu'ilz ne pouvoint trouver moyen de mectre quelque chose dans ladicte place d'Adington combien qu'il leur eust esté commandé et que ceulx quy estoint dedans monstroint bien qu'ilz estoint fort gentz de bien. »
« [De Siretham]^ le a/a— aoust m v» xlyiii. y
Vol. 8, P 16 v°, copie du xs\^ siècle, 6 p. in-r».
« RESPONCE AU MÉMOIRE DESSUSDICT FAICTE PAR l'aMBASSADEUR DU ROY A MONSIEUR LE PROTECTEUR d'aNGLETERBE. »
FortiÛM-
tioQs de
Boalogrne*
Pièce jointe au n'*469, — « Le roy mon maistre, ayant veu ung mémoire que l'ambassadeur du roy d'Angleterre luy a faict présenter par où il se plainct de plusieurs choses contraires à la paix et amytié d'entre les deux roys noz maistres qu'il dict avoir esté enlreprins et attemptez par les ministres qui sont pour ledict seigneur roy mon maistre en Picardye, a trouvé lesdictes plainctes si estranges qu'il ne les peust croyre sçaichanl très bien que ses dicls ministres qui sçavent son intention et le respect qu'il porte au debvoir de l'amylié qu'il a avec le roy d'Angleterre son bon frère ne sont pas si mal advisez de faire ny entreprendre chose qui y contrevienne et aussi en le faisant ilz passeroint le commandement qu'ilz ont de Sa Magesté qui est de vivre en doulce et paisible voysinance de son dict bon frère sans rien innover ne aussy souffrir aulcune nouvelleté et entreprinse estre faicte par les vostres, à ceste cause le dict seigneur roy mon maistre, n'ayant jamais rien entendu des faicts contenuz en ce dict mémoire, a eseript à monsieur de la Rochepot de m'advertir à la vérité comme les choses sont passéez desquelles il m'a commandé vous parler et respondre suivant ce que mon dict sieur de la Rochepot m'en feroit sçavoir et vous asseurer de sa part que le roy d'Angleterre son bon frère le trouvera tel et aussi véritable et gratieulx voisin qu'il luy a tous-
1. Le 10 août, devant Leith. (Dépêche de lord Clinton à Grey et Shrewsbury, (Calendar of St. P., Scotland, t. I, p. 93.)
[AOUT 1548] M. DE SELVB 433
jours faict dire moyennant qu'il soil faict le semblable de vostre costé car faisant aultrement il est prince qui ne le pourroit passer soubz dissimulation.
« Et pour vous respondre particulièrement sur chascun article du dict mémoire selon la vérité des choses dont j*ay esté amplement informé par messieurs de la Rochepot et de Ghastillon, je vous diray, quand aulx deux coups d'artillerie tyrez au blocq et roarcque qui sert d'enseigne pour les vaisseaulx qui entrent dans le havre de Bouloigne, que cela est advenu pour ce que nos gentz avoint quelques-unes de leurs pièces vielles chargées qu'ilz vouloint refraichir et veoir leur portéez lesquelles ont faict lyrer audict blocq pour ce qu'ilz ne voyoint aultre enseigne en la mer et aussi qu'en cela ne pouvoint faire aulcun dommaigeau préjudice au roy d'Angleterre .
« Au regard des deux coups d'artillerie que ledict mémoire porte avoir esté tyrez au dépputé de Bouloigne et aultres du conseil du roy d'Angleterre, pour tout vray il ne feust oncques tyré ne visé à eulx, et quand l'on Teust faict ce n'eust esté ainsi que je suis adverty sans bonne et grande occasion de ce faire car ilz s'approcheoint trop de nostre costé pour voir nostre nouveau fort.
« Quant au fort de dessoubz la montaîgne faisant la poincle du port de Bouloigne, ce n'est que pour adméliorer le Mont-Chastillon et a'est que ung membre déppendant d'icellui et quasi une mesme chose, ce que nous pouvons aussi bien faire que vous avez faict à la tour d'Ordre, Mont- Lambert ^ et aultres lieux.
<< Touchant les oultraiges mentionnez par le dict mémoire que noz gentz font journellement aulx subjectz du roy d'Angleterre, certainement ce sont les vostres qui ont tousjours commencé dont les nostres ont beaul« coup souffert et enduré, et quant ilz ont veu qu'ilz continuointde jouren jour et de pis en pis et que l'on ne povoit avoir aulcune raison ne justice ont esté contraincts d*en chercher la revenche, et suis adverty par mon dict sieur de la Rochepot qu'il n'a encores peu avoir une seulle raison ne justice de maistre Bregis pour plusieurs larcins, meurtres et piileries que ses gentz ont faict sur les subjectz du roy mon maistre combien que de son costé il la luy a iousjours faicle fort bonne et prompte mesmes depuis peu a faict pendre francois comme voz gentz delà la mer sont assez advertis.
« Et pour auilant que voz ministres delà la mer vous donnent à entendre les choses aultrement qu'elles ne sont et par leur dire veulent faire noz gentz agresseurs, je vous veulx bien faire entendre ce que j'ay sceu làdessus par monsieur de Chastillon, qui est que, dès le commencement qu'il fust besoigner à la place que le roy nostre maistre luy a commandé faire,
i. Même lieu que Bolemberg, si souvent cité par Tambassadeur. (Voir dépêche du 19 septembre 1546.) Cette place était en ce moment activement fortifiée. (Calendar ofSL P., For. 5er., Edward VI, Calais Papers, p. 353.)
AlfGLETBRRB. — i5i6-i»40. 28
voz gentz sont venus par plusieurs foys passer de nostre costé avec force d'armes dont Tune des foys sur le Mont-Sainct-Eslienne ilz donnèrent ung coup de lance dedans le bras d'ung pouvre homme qu'ilz assaillèrent en sa maison et tyrèrent plusieurs coups de flcsches à luy et à ses compaignons. Un aultre jour ensuivant ilz vindrent deslrousser noz vivandiers et emmenèrent et les chevaulx et la chair dedans Bouloigne. Davantaige ilz ont tyré pour ung matin sept coups de haquebutte à une de noz sentinelles lors que mondict sieur de Chastillon pensoit estre en la plus grande amytié avecques vos gentz. De quoy il a de tout faicl plaincte et demandé raison audict depputé de Bouloigne et luy a envoyé le tronçon de lance et les flèches qui avoint esté tyrées, luy remonstrant le plus gratieusement qu'il pouvoit que telles choses ne se debvoint faire ne souffrir pour entretenir une bonne paix et amytié et qu'il luy asseuroit que de son costé il feroit faire telle punition de ceulx qui courroint de vostre costé que ung chascun jugeroit que ce ne seroit poinct par son commandement si d'aventure il y en alloit dont il en feist faire une bonne démonstration exemplaire et luy manda qu'il le pryoit y faire assister quelcun des siens affin qu'il eust l'occasion de faire le semblable et que par ce moyen ils feissent cesser telles pilleries desquelles ne se pouvoyt ensuyvre que une très maulvaise conséquence et dès ceste heure là mondict seigneur de Chastillon fust tyrer ung des sez soldatz à coups de harquebuz pour ce que c'estoint les armes avec lesquelles il y estoit allé sans congé. Ledict maistre Bregis pour responce manda à mondict seigneur de Chastillon qu'il se contentoit de la justice qu'il entendoit qu'il luy vouloit faire faire sans y envoyer, asseurant que de sa part il en feroit aultant et que desjà estoit venu à sa congnoissance celluy qui avoit rompu sa lance sur cellui des nostres qui avoit esté blecé, pareillement qu'il avoit faict si bonne diligence qu'il avoit trouvé ceulx qui avoint destroussc les vivandiers et quant aulx chevaulx qu'il les feroit rendre, quant à la chair, qu'on l'avoit trouvée à demy cuitte dedans Bouloigne de laquelle toutesfois il feroit faire récompense à ceulx à qu'elle estoit, et au regard de ceulx qui avoint tyré à noz sentinelles, qu'il en feroit faire bonne inquisition pour en faire si bonne raison qu'il auroit occasion de s'en contenter, dont de tout cela mondict seigneur de Chastillon n'a jamais plus ouy parler et n'en a esté faict aultre justice sinon du vivandier à qui l'on rendeist deux chevaulx.
« Et au lieu de faire cesser telz désordres non seulement voz gentz ne se sont vouluz contenter de ce qu'ilz en avoint faict, mais tous les jours ont faict quelque nouvelle entreprise sur les subjectz du roy et mesmes sur noz allemantz, et au lieu de commander que Ton ne tyrast plus aulx nostres y a esté tyré plus de cent aultres coups sans qu'il leur en feusl donné occasion entre les quelz y en a eu ung blécé lequel depuis est mort, et me mande mondict seigneur de Chastillon que à luy mesmes ung jour qu'il se promenoit sur la grève de nostre costé et sans armes
[août 1548] M. DE SELVE 435
fust lyre deux coups de musquet si près que sans le toucher il n'eussent sceu davenlaige.
a Deux jours après, il vint de voz gentz de nostre costé là où mondict seigneur de Chastillon envoya pour les faire retyrer, et incontinent sortirent XIII ou XV hommes des vostres sur quatre des nostres que mondict seigneur de Chastillon avoit envoyé, lesquelz ne se doublant de rien les atlendoint pour parler à eulx et les faire relyrer gratieusement, mais soubdainement voz gentz commencèrent à les approcher et leur tyrèrent coups de harquebuz et coups de flesches et encores que les nostres feussent petit nombre si monstrèrent ilz qu'ilz esloint gentz de bien. Voyant cela qu'ilz estoint si adventageusement assailliz mondict seigneur de Chastillon envoya quelques-ungs des siens pour les secourir ausquelz il feust lyre de compte faict bien de XXIIIl à XXV coups d'artilleryc. Et depuis encores fut tyré à noz ouvriers III coups d'artillerye au meilleu de noslre fort là où noz genlz besoignent. Il est vray que auparavant des quatre derniers coups on avoit tyré de noslre dict fort deux coups à quelques ungs de voz gentz qui venoint sur le nostre pour recongnoistre nostre ouvraige à quoy ilz se pouvoint bien attendre car mondict seigneur de Chastillon avoit déclairé à Dudelay que maistre Bregis avait envoyé devers monsieur de la Rochepot que s'il passoit quelcun des vostres sur le noslre il leur feroit tvrer comme ilz lui avoint faict.
« Depuis, quand il a esté question de pryer voz genlz qu'ilz cessassent les ouvraiges de la fortifficalion du môle du havre de Bouloigne jamais n'a esté tyré que aulx ouvriers jusques à ce que voz gentz eurent tyré bien quarante coups d'artillerye de tous voz forlz.
<( El quant à ce que vous dictes que mondict seigneur de Chastillon a faict donner l'assault et 'envoyé gentz à pied et à cheval pour essayer de prendre ledict môle du havre de Bouloigne, il me mande qu'il ne se peull plaindre que ce qu'il avoit commandé ne feust bien exécuté, car l'occasion pour quoy il envoya les gentz que dessus esloit pour tueries chevaulx et charroy qui conduisoint la terre à voltre ouvraige et n'a jamais rien commencé si ce n'a esté pour empescher voz genlz de besoigner en leur ouvraige.
« Maistre Bregis a mandé à monsieur de Chastillon depuis peu comme ledict seigneur m'escript que s'il ne vouloit pas tyrer voz genlz ne besoigneroint plus jusques à ce que monsieur de la Rochepot et milord Coban se feussent veuz. Et soudainement il feist commander que l'on ne tyrast plus et feurent bien cinq heures d'une part et d'aultre sans lyrer et pour vous monstrer comme en toutes choses voz gentz se veulent advantaiger au bout de ce temps qu'on n'avoit point tyré ilz donnèrent Iroys coups d'artillerye dedans noz gabions. Bien est vray qu'après l'on leur rendeist le change.
« Par là et plusieurs aullres actes qui ne sont icy particulièrement descripls se peust congnoistre que les entreprinses et oultraiges proceddent
du costé des vostres et par leur fauUe sont advenuz les inconvénienlz qui en sont sortis jusques à présent et en pourront encores advenir d'aultres si par le roy d'Angleterre vostre maistre et vous, Monseigneur, n'y est pourveu et remedyé comme il est requis pour Tentretenement de la paix et amytié d entre noz deux princes ainsi que le roy mon maistre a toujours faict et veult faire de sa part *. »
« Faict à Stretham^ le xix* aoust mil cinq ceniz quarante huict. »
Vol. 8, r 21 V", copie du xvr siècle, G p. 1/2 in-f°.
SELVE AU CONNÉTABLE
Perte 470. — Stratham^ i 9 août. — Selve a reçu Tavant- veille la dépêche
* du connétable en date du 8, ne « faisant guère qu'arriver eu ce lyeur où le danger de la peste qu'est à Londres m'a contrainct de ne remuer et prendre logys * », dit-il.
« DeStretham^ le ava- aoust V' XLvni, »
Il vient d'être averti qu'on envoie par delà une trentaine de maîtres maçons, il ne sait dans quel but.
Vol. 8, f° 21, copie du xvr* siècle, i/2 p. in-f®.
SELVE AU CONSEIL PRIVÉ DU ROI
471. — Stratham, 4 9 août. — Lettre d'envoi du duplicata de la présente dépêche de Selve au roi et de la pièce qui s'y trouve jointe.
« De StretharUy le aya'-* août i'* xlvjii. » Vol. 8, P 21 vo, copie du xvi« siècle, 1/4 p. in-P.
SELVE a m. DE LA ROCUBPOT.
472. — [Stratham,] 19 août. — Selve a reçu Tavant- veille les dépêches de M. la Rochepot en date du 14 et du 15 et s'y est conformé pour répondre au mémoire que l'ambassadeur d'Angleterre avait fait présenter au roi. Il lui rend compte de son entrevue avec le protecteur relativement au môle et aux navires et marchands arrêtés et lui fait sommairement part de snouvelles d'Ecosse.
« [De Strethanij] le xix* aoust m v« xlviii. »
Vol. 8, fo 19 v», copie du xvi« siècle, 1 p. 3/4 in-K
1. Un document analogue était en même temps remis au protecteur par le conseil anglais de Boulogne, qui chargeait le maître artillier du fort de VOld Mon d'en soutenir les conclusions. (Spécial remembrances for Ninian Sanderson master gunner of Ihe old Man, Calendar of St. P., For. Ser., Edward VI, Calais Papers,
2. Le séjour de Tambassadeur s'y prolonge jusqu'au 6 novembre.
SELVE A M. DE CHASTILLON
473. — [Stratham,] i 9 août, — Selve a reçu les dépêches de M. de ChastnioQ en date des 12, 13 et 16 et s'est conformé à celle du 12 dans son entrevue de la veille avec le protecteur dont il lui rend compte. Il l'avertit que le protecteur lui attribue le plan des forts du Mont-Ghaslillon et du Jardin et lui fait part des nouvelles d'Ecosse.
« [De Stretham^l le xrx* aoust m y« XLViir, » Vol. 8, P 20, copie du xvi^^ siècle, 1 p. 3/4 in-fo.
SELVG AU ROI.
474. — [Straihaniy] 30 août. — Selve vient de recevoir la dépèche
du roi en date du 18 et lui donne les nouvelles d'Ecosse qui viennent de siè^ de lui arriver par lettres de Ber\vick datées du 12 et du 17. « Et sont que Haddingion. Tarmée de terre angloyse estoit audict lieu preste à partir sans faulte le XVIII* de ce moys pour entrer dans le pays d'Escosse * et qu'elle n'cstoit en tout tant genlz de cheval que genlz de pied que de XIIl^ hommes y comprenanlz deux mil allemantz qui sont la plus part de Danemarch et des envyrons et sont assez bien armez mais au demeurant laydes gentz au possible et ayantz peu contenance de gentz de guerre, et que ladicte armée assez faible de nombre de genlz et très mal pourveue de bonne cavallerye et bonne harquebouserie s'en alloit soubz la conduicte du conte de Chirosbery chef d'icelle avec le conseil de milord Grey en résolution comme le bruict estoyt de venir au combat et à la bataille si voz gentz et les cscossois ne se voiiloint retyrer de devant Adinglon, et s'ilz se retyroint qu'il y avoit grande apparence que ladicte armée angloise ne feroit aultrc chose que pourvoir et fournir ladicte place et s'en revenir incontinent, car la provision de vivres estoit faicte sy maulvaise et petite par delà qu'il estoit impossible qu'elle sceusl guères demeurer en campaigne sans extrême nécessité, et que les advertissementz qu'avoyt ladicte armée angloise de ses ennemys estoint que voz gentz avoint leur camp au deçà d'Adingthon vers ce royaulme si bien fortiffié et trancboié qu'il n'estoit possible de leur mal faire, qu'il y avoit eu quelques légers escarmouches entre eulx et les angloys de dedans Adington où il y avoit eu perte d'une part et d'aultre mais non pas qui meritast d'en faire compte. Au regard des escossois, qu'ilz estoint du l'aultre costé dudict Adington vers le pas d'Escosse logés en divers endroictz dans les villes et villaiges et que l'on eslimoit qu'ilz ne se joindroint point aulx vostres qu'à la venue de ladicte armée angloise, combien qu'audict lieu de Barrvich les angloys faisoint courrir
1. Le 18, lord Grey et le comte de Stirewsbury sont & Prendergast, le 23 à Longnelherey, puis à Spyttei-Hill. {Calendar of Si. P., Scotland, t. I, p. 94.)
le bruict tout au contraire disanlz que les escossois avoint déclairé qu'ilz ne combaltroint point pour la deffiance qu'ilz avoint des francoys et pour ceste cause s'estoint séparez d'eulx et retirez vers Escosse au moyen de quoy voz gentz seroint contraincls se retyrer si tost qu'ilz sentiroint approcher Tarmée d'Angleterre car Hz estoint en petit nombre et les italiens d'entre eulx s'en estoint desjà fuys à voz gallaireset navyres, et que sur la mer aussy les angloys se donnoînt l'avantaiges alléguant avoir faict tout plain de dommaige à voz gallayres et navyres * et avoir contrainct vostre armée de mer de se saulver dans la rivyère du Petit Lelch où ilz la tenoint assiégée de sorte que elle ne pouvoit sortir en mer, toutesfoys qu'audict lieu de Barrvich Ton voyd tous les jours revenir assez d'angloys fort blessez de coups d'artillerye et ne voyoit Ton aulcnne apparence du dommaige qu'ilz avoint faict aux vostres, à raison de quoy y avoit grande apparence de croyre que telles nouvelles estoint fainttes à plaisir pour donner cueur à l'armée qui estoit preste d'entrer en Escosse et qu'il n'y avoit guères de propoz de dire que les italiens s'en feussent fuys pour se saulver sur voz gallayres et navyres et que vostre armée de mer fust assiégée qui estoint deux choses quy convenoint assez mal ensemble. Voylà, Sire, ce que j'ay de bien certain que je n'ay voullu faillir de vous mander encores que les nouvelles n'en soint pas trop fresches. Au regard de ce qui se dict icy maintenant, c est que vostre armée de terre s'est retyrée VII mil delà Adington vers Lislebourg et que les angloys ont sans aulcun danger ne dommaige mietz tout ce qu'ilz ont voulu dans Adington qui est plus fort qu'il ne feust jamais*, et que vostre armée de mer est enclose dans la ryvière du Petit Leich et que le vaisseau nommé la Cardinal s'est perdu et rompu sur ung roc. Vray est. Sire, qu'aulcuns m'ont adverty que ceste retraicte quv a esté faicle par voz genlz n'a guères esté plus adventaigeuse pour les angloys que la première dont ilz se vantèrent au commencement du siège d'Adington après laquelle soubdain ilz eurent les nouvelles de la defîaicte de leur cavallerye. Car aussy en ceste retraicte voulanlz donner sur la queue à voz gentz quy avoinct faict semblant de s'en fuyr et cuvdantz gaigner quelques pièces de grosse artillerie qu'ilz avoint demonléez et enfuyes en terre pour mieulx colorer et fayre croyre ladictc fuilte ont perdu III ou IIII*^ de leurs hommes au lieu d'y rien gaigner sur les vostres qui seroint de très bonnes nouvellez si elles estoint vrayes comme PasMgede j® ^^ ^^^ ^^^ entendues de lyeu plus certain. Au surplus, Sire, l'on avoit Maiie stoârt ces jours passés faict icy courir ung bruict que la royne d'EIscosse s'es-
1. Incendie des douze navires français devant Leitb, le 10 août, déjà mentionné par l'ambassadeur dans sa dépêche du 19 août.
2. Première nouvelle de la levée du siège de Haddinglon par les troupes fran- (^aises. Depuis le 20 août, d'Essé s'était replié à Musselburgh, plus près d'Edimbourg que de Haddington. (D'Essé au duc d'Aumale^ Musselburg, 1er septembre ïeulet, Relat, poL de la France et de l'Espagne avec VEcosse, t. I, p. 185.)
[août 1548] M. DE SELVE 439
tant mise en naer avoit esté contraincte retourner prendre terre audict pays d'Escosse *,mais à ceste heure Ton commence fort de dire et croyre qu'elle soit passée en France. Je veiz il y a deux ou trois jours l'homme du conte de Honlelay qui venoit de parler au protecteur lequel luy avoit dict n'avoir aulcunes nouvelles d'Escosse pour mander à son maistre quy me faict penser que celles qu'il en pouvoit avoir ne valloint guère» pour luy. Ledict conte de Honteley a demandé congé d'aller jusques à Yorch et sauf conduit pour y faire venir sa femme qu'il n'a veue Iontemps a, ce que le protecteur ne luy a encores entièrement accordé combien qu'il luy en ayt donné bonne parolle. Quant au conte Baudouel j'entendz qu'il s'en revient de Barrvich alléguant que l'on ne l'a voulu laisser passer en Escosse quelque saufconduict qu'il eust obtenu à son partement d'icy de monsieur le protecteur *. »
Selve a reçu le 26 une lettre de M. de la Hochepot l'avisant que plusieurs pécheurs de harengs étaient venus se plaindre des pirateries des anglais et que les pécheurs de Dieppe lui avaient envoyé demander s'ils pouvaient s'aventurer en mer. Il envoie au roi le double du mémoire qu'il a adressé à ce sujet au protecteur, qui doit aujourd'hui lui donner audience à Syon : selon l'ordre du roi, il s'informera s'il est vrai qu'on ait arrêté un courrier envoyé d'Ecosse en France : lui-même, il y a deux jours, a expédié à tout hasard un homme en Ecosse avec une lettre chiffrée pour l'ambassadeur de France.
[m De Stretham, le xxx* aomt v* xlviii, »]
Négociations avec Bothwell.
SaSaien
de naTires.
SELVË AU CONNÉTABLE.
475. — [Sh^atham,] 30 août. — Selve vient de recevoir la dépêche du connétable en date du 17 et ne veut pas retarder le départ du présent courrier pour attendre la fixation de l'audience promise par le protecteur.
[« De Stretham, le xxx" aoust y^ XLViii. »]
Vol. 8, fo 27, copie du xvi« siècle, 1 p. in-f».
SELVE AU CONSEIL PRIVÉ DU ROI
476. — [^Strathain,'] 30 août. — Lettre d'envoi du duplicata de la présente dépêche de Selve au roi.
[« De Stretham^ le xxx* aoust v^ xlviii . »] Vol. 8, fo 27, copie du xvi« siècle, 1/i p. in-fo.
\. Partie le 7 août de rembouchure de la Clyde, Marie Sluarl aborda le 13 h Brest. (Mignct, Histoire de Marie Stuart^ t. I, p. 34.)
2. Le 7 août, il écrit d'Alnwick au protecteur pour se plaindre vivement du Irai tcmcnt dont ii a été l'objet. {Calendar of St. P., Scotland^ 1. 1, p. 93.)
[septembre 1548]
SELVE A M. DE LA ROCHEPOT
477. — Sb^athatHy 30 août. — Selve a reçu la dépêche de la Rochepot en date du 27 et lui envoie le double du mémoire remis par lui au protecteur sur rafîaire des pôcheurs de hareng, qu'il a fait dresser au re(;u de la dépêche de M. de la Rochepot en date du 2i.
« De Slretliatiiy le xxx* aoust p xlviii. » Vol. 8, f*» "11 v°, copie du xvi» siècle, 1 p. in-P.
Saisies
d6 navires.
Fortifications de Boalogne.
SELVE AU ROI
478. — Stratham^ /•■' septembre, — La veille après dîner, le protecteur a fait réponse orale à l'ambassadeur du roi sur le mémoire dont un double a été envoyé au roi. Le protecteur a avoué sans détour que plusieurs vaisseaux français allant et venant en Ecosse avaient été arrêtés par ses ordres et seraient considérés comme de bonne prise, mais a nié qu'aucune permission de pratiquer la course contre de simples pêcheurs ait jamais été accordée par lui; il s*est néanmoins absolument refusé à faire de nouvelles défenses plus catégoriques en vue de protéger les pêcheurs, disant que ce serait mettre en doute la paix qui existait entre les deux royaumes.
Le protecteur a montré ensuite à Selve la copie de deux lettres de lord Cobham à M. de (Hhastillon avec celle d'une lettre de ce dernier à lord Cobham en date du 20 août, « contenant en sommaire et substances plusieurs honnesles et saiges remonstrances de ne le vouloir entreprendre de Tempescher de faire charger pierre et besoigner tant à revestir voz fortz de murailles que à bastir maisons et logis comme il prétendoit faire au dedans d'iceulx, luy alléguant le peu de raison qu'il avait d'entreprendre faire tel einpeschement et les inconvénientz qui en pouvoint ensuyvre, et requérant flnablement là dessus responce et résolution dedans le terme de six jours. » Et après les lectures de ces lettres, continue l'ambassadeur, « m'a dict ledit protecteur, Sire, que la principale occasion pour laquelle il m'avoit mandé esloit pour se descharger à moy de plusieurs choses quy luy pesoint sur son estomach de sorte qu'il ne pouvoit estre à son aise s'il ne me les descouvroit. » Dans un très long discours, il s'est aloi*s plaint que la guerre fût inévitable entre les deux rois, à cause des agressions que les officiers du roi renouvelaient chaque jour, revenant sur le retard de la pension promise, sur l'occupation de Fiennes, sur la construction des forts du Mont-Ghastillon et du Jardin, sur l'affaire du môle, sur le revêtement nouveau dont le roi faisait recouvrir les anciens ouvrages et forts en terre : la restitution de Boulogne, a-t-il conclu, n'en sera pas avancée d'un pas, et la paix se trouve rendue impossible, tant par ces empiétements constants que par
dftns le BouloQoais.
[septembre 1548] M. DE SELYE 441
les secours ostensiblement donnés aux écossais et par Tenlèvement de la reine d'Ecosse, exécuté au mépris du traité de mariage avec le roi d'Angleterre juré par les états mêmes du pays, « au moyen de quoy il ne peust à aultre chose se préparer ne espérer que la guerre de quoy il a très grand desplaisir. »
Selve lui a fait sur les premiers points les réponses qu'il a tant de fois mandées au roi. Quant à la nouvelle question, Tempèchement que lord Cobham voulait mettre au revêtement en pierre des forts de terre français, en représailles de l'arrêt des travaux du môle anglais, il a déclaré que les griefs n'étaient pas équivalents, puisqu'avant la paix il n'existait nulle trace de fort au môle, tandis que le protecteur avouait lui même qu'il y avait eu des tranchées et de l'artillerie là où se font les nouveaux travaux français. Enfin, touchant les affaires d'Ecosse, sa charge ne lui permettait pas d'en parler.
Selve a fait également au protecteur les remontrances dont le roi Ta incursion» chargé dans sa dépêche du 18. Le protecteur a répondu que le roi avait été mal informé par ses ministres et que c'étaient les français d'Ardres qui avaient tué les moissonneurs anglais, ce dont sir John Wallop, gouverneur de Guines, avait pris sa revanche en tuant quelques français : quant aux autres actes de violence, ce sont .les sujets du roi qui les ont commis, comme il a prié Selve d'en faire plainte au roi dans la dépêche du 9.
« De Slretham, le premier septembre i 548. »
Vol. 8, fo 28, copie du xvr sièle, 10 p. in-f°.
SELVE AU CONNÉTABLE
479. — Slratham^ 1"^' septembre. — « Monseigneur,... à ce que je puis pêcheries congnoistre les pescheurs feront très bien de n'aller poinct au haren - ^^
»•! i*i» »•! «11 I 11 Terr©-NeuT6.
S ilz ne sont bien forlz ou qu ilz se veuillent meclre en hazard de se perdre, car je croy certainement que les angloys ne les espargneront paz ny mesmes la flotte de ceulx quy sont allez aux Terres-Neufves pour le poisson salle du retour desquelz la saison s'approche comme j'enlendz. Je suys adverty que les navyres qui esloint à Porcemuth sont en ce Paz-de-Calaiz et qu'il y en a quelques aultres du costé du Ouest qui pourroint bien eslrc en mer tant pour nuyre ausdicts pescheurs que pour empescher ceulx quy pourroint aller et venir en Escosse. Et de ceulx qui sont au Paz-dc-Calaiz je ne sçay si l'on s'en vouldroit ou •pourroit servir pour empescher le reveslement de muraille que l'on veult faire à noz forlz de l'entrée du havre de Bouloigne. Quant aulx nouvelles d'Escosse, je ne vous en puis dire aultres. Monseigneur, sinon que ces genlz icy continuent de dire que voz genlz se sont retyrez d'Adingthon et qu'ilz ont mitz tout à leur aise tout ce qu'ilz ont voulu dedans. Bien disent que les deux arméez sont fort prez l'une de l'autre
comme environ de deux ou troys mil, mais en lieu toulesfois où ilz espoirent avoir Fadvcntaige s'il fault venir à la bataille. De moy je croy tout le contraire de ce qu'ilz disent qui ne sont à mon adviz qu^aultanl de mensonges et y en a qui m'ont dict qu'ils ont très maulvaises nouvelles de là et que noz gentz ont faict des tranchéez au tour d'Adingthon et des bastions au bout d'icelles en sorte que ceulx-cy n'ont trouvé ny trouvent moyen de rien mectre dedans à quoy je trouverois plus d'apparence car je n'estime pas croyable que gentz d'esperit et d'expérience en la guerre comme ceulx quy sont là ayent perdu temps pendant qu'ilz ont esté devant ladicte place mesmement sentant leur ennemy faire l'assemblée d'une armée à une journée près pour les aller lever de là. « Monseigneur, etc. »
« De Stretham, [le premier septembre v xlviii, »]
Vol. 8, fo 33 v«, copie du xvi« siècle, 1 p. 1/4 in-f».
SELVE AU CONSEIL PRIVÉ DU ROI
480. — Stratham, y" septembre. — Lettre d'envoi du duplicata de la présente dépèche de Selve au roi.
« De Stretham, ce premier septembre v* xlviii, »
Vol. 8, P 33, copie du xvi« siècle. 1/2 p. in-P.
SELVB A M. DE LA ROCUEPOT.
481. — Stratham, i^* septembre. — Selve lui envoie le double de sa présente dépèche au roi et l'avertit du danger que courrait la flotte de pèche au hareng et la flotte de Terre-Neuve en s'aventurant en mer.
« De Stretham, ce premier septembre m vxlyiii, »
Vol. 8, fo 3i, copie du xvi« siècle, 1/2 p. in-f».
SELVE A M. DE CUASTILLON.
482. — Stratham, i" septembre. — Selve envoie à M. de Chastillon "^ double de sa présente dépèche au roi par lequel M. de Chastillon
verra le résultat de son entrevue avec le protecteur.
« De Stretham, ledict premier septembre fan v* quarante- huict, » Vol. 8, fo 34 v<», copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-fo.
SELVE AU ROI
Levée do ^3» — Stratkam, 7 septembre. — « Sire, Ton continue de dire icy
ûège de pour certain que l'armée de terre des angloys ayant avitaillé et fourny
"'de toutes choses la ville d'Adingthon qui es^oit comme il se dict en
grande nécessité a passé oultre et s'est allé camper assez près de la voslre qui estoit IIII mil par delà ledict Adingthon et depuis qu'elles ont esté si près Tune de Taultre ne se parle poinct qu'elles ayent rien faict d'importance qui doibt estre plus tost maulvais signe pour ceulx cy qu'aultrement car ilz n'oublient jamais de dire ce quy faict pour eulx encores qu'il ne soit le plus souvent pas véritable. Et que je prens encores plus maulvaiz signe, est, Sire, que monsieur le protecteur a dict ces jours icy au conte de Hontelay, ainsi que ledict conte m'a mandé, que ladicte armée angloise s'en revenoit à Barrvich sans avoir aultre chose faict qu'avoir raictz des vivres dans Adington, à raison de quoy il esloit peu content du conts de Cherosberich et milorJ Grey chefz de ladicte armée pour ce qu'ilz n'estoint vouluz aller rencontrer et combatre voz gentz comme il leur avoit ordonné * ce qu'il eust faict s'il y eust esté en personne ainsi qu'il espoire, et faict son compte d'estre l'esté prochain dedans lequel il se vante d'avoir et tenir pour le moins oultre ce qu'il a Sainct-André, Dondy, Arbroth, Montroz, Brehin et Abredin* et le pays d'environ le long de la marine lequel il estime plus que tout le demeurant d'Escosse et que cela ne luy sera pas mal aisé à, faire car il mectra une si grande et forte armée sur la mer que les escossois quelque ayde que vous leur faciez ne Tauroint pas suffisante pour y résister, et qu'au regard de Dondy que dès ceste heure à tout le moins dans peu de jours il espère le prendre et forliflier en despit de voz gentz, daventaige qu'il n'attendra pas que vous lui faciez la guerre car dès le commencement de l'esté prochain il espoire de le vous faire en sorte que vous serez assez empesché en France sans envoyer en Escosse oultre ce que vous aurez d'aultres empeschements ailleurs, demandant audict conte s'il pensoit bien que vous feussiez pour fournir à tant de despence et à tant de choses que vous vouliez entreprendre tout à la foys et que s'il le pensoyt il se trompoit fort et les aultres seigneurâ d'Escosse s'ilzavoint ceste oppinion et qu'il s'esbahissoit mer\'eilleusement d'eulx comme ils vous avoint laisser emmener leur royne qu'ilz estoint bien abusez s'ilz cuidoint que vous la deussiez jamais faire espouser k monseigneur le dauphin car vostre intention n'esloit que d'en faire vostre prouffit et voz affaires avec le roy d'Angleterre et que s'il vous vouloit rendre Bouloigne promptement au premier jour que vous lui mettrez ladicte dame entre mains et que mêmes vous l'aviez offert usant de tous vos beaulx discours meslez d'infinys mensonges. Et en fln, Sire, a pryé le dict
1. La levée du siège de Iladdinglon fut pour les anglais un succès stérile; c'est ce qu'il ne faut pas oublier. Selve revient à plusieurs reprises (ci-dessous, 19 septembre) sur réchec de l'armée de Grey; c'est à cette opération manquéc qu'il fait allusion, et non à la défaite de cavalerie subie précédemment, avec laquelle on pourrait la confondre.
2. Saint-Andrews, Dundee, Ârbroath, Monlrose, Brechin, Aberdeen, c'est-à-dire tous les ports d'Ecosse, du sud au nord, entre le Firth of Forth et le Firth of Murray.
conte d'escripre à Iroys contes d'Escosse dont Tung s'appelle le conte Mareschal * pour les exhorter de ne consentir en aulcune chose à vos gents ny favoriser voz affaires audict pays d'Escosse, mais vouloir tenir bon pour le roy d'Angleterre le plus qu'ilz pourront et qu'il leur fera beauicoup de grandz biens et de récompenses, ce que ledict sieur de Hontelay dict ne luy avoir peu refuser, mais que les lettres qu'il escripra seront de sorte que ceulx à quy elles s'addresseront pourront bien congnoislre qu'elles sont escriptes à instance dudict protecteur et plus par crainte que aultrement et qu'elles ne serviront de rien. Voylà, Sire, les propoz que j'entendz avoir esté tenuz par ledict protecteur audict sieur de Hontelay auquel je n'ay oublyé de faire entendre le myeulx que j'ay Négociation pcu le pcu d'apparcncc et de vérité qu'il y avoit en tout cela... Ledict . *^*®. • sieur dé Honlelav, Sire, a obtenu sauf conduict pour faire venir sa
le comte ^ » » i
de HunUey. femme et par aventure pour porter les lettres que le protecteur luy a requises addressées audict conte Mareschal et aulx deux autres. Il dict aussi avoir entendu dudict protecteur que depuis peu le sieur de Gombas est arrivé en Escosse par le port du Ouest avec quelques deniers que vous y avez envoyez.
<c Sire, il y a deux ou III jours qu'il m'est venu ung homme du camp des angloys quin'aguères faict de diligence et ne m'a sceu rapporter aultres nouvelles que de ravitaillement d'Adington et retraicle de voz gentz et que les angloys font ung fort prez Dombarre sur la marine où ilz se doubtoint et craignoint que voz gentz leur veinsent donner quelque cmpeschement *. La nouvelle dudict fort qui se faict a esté aussy dicte par monsieur le protecteur à monsieur de Hontelay, mais luy a dict que l'armée angloise s'estoit retirée et n'estoit demeuré que bien peu de gentz pour faire faire et garder ledict fort, ce que je trouve estrange,car de fortiffier en terre de son ennemy ayant armée en carapaigne il me semble mal faisable sans la faveur de quelque aultre force suffisante. J'attends, Sire, dans bien peu de jours ung aultre homme et quelques aultres nouvelles de là dont je ne fauldray de vous advertyr incontinent. « Sire, etc.. »
V Le Stretharriy ce vu» septembre v xvliii, »
Vol. 8, [° 34 yo, copie du xvi® siècle, 3 p. 3/4 in-f».
SELVE AU CONNÉTABLE
484. — Stratham^ 7 septembre. — Selve a été averti que ces jours passés les anglais ont pris et conduit à Douvres un bateau pécheur fran-
1. William Keith, quatrième comte Marishall. Cette famille tirait son nom, comme les Stuarts, de l'occupation héréditaire d*une des charges du royaume d*Écossc.
2. A Dunglass, dès le 17 septembre. (Calendar of St, P., Scotlandf t. 1, p. 94.) Les français donnaient ù ce lieu le nom de Douglas. (D'Oysel au duc d'Aomale, Teulet, /. c.)
[septembre 1548] M. DE SELYE 44S
çais dont l'équipage, comme le bruit en court, aurait été jeté à la mer. Il a également appris que quatre navires français chargés de pierre de Gaen pour les bâtiments du protecteur et appartenant à des marchands de Caen, du Havre ou de Dieppe viennent de repartir avec sauf-conduit pour revenir de nouveau. Selve les fait observer de crainte qu'ils ne se mêlent de quelque autre métier.
« De Stretham, ce vu* septembre 1548, »
Vol. 8, P 36 v% copie du xvie siècle, 3/i p. in-P.
SELVE AU CONSEIL PRIVÉ DU ROI
485. — Stratham^ 7 septembre, — Lettre d'envoi du duplicata de la présente dépêche de Selve au roi.
« De Strethamy ce vu* septembre i 548. »
Vol. 8, f» 36 v% copie du xvi« siècle, \/i p. in-f».
SELVE A M. DE LA ROCHEPOT
486. — Slratham^ 7 septembre, — Selve prie M. de la Rochepot de faire tenir au roi le présent paquet et l'avertit de la saisie du bateau pécheur français et des allées et venues des navires normands.
« De Stretham^ ce septiesme septembre m v* xlviii. »
Vol. 8, P 37, copie du xvi« siècle, 4/4 p. In-P.
SELVE AU ROI
487. — Strathamy i 6 septembre, — À cause d'une indisposition qui PAcberies
de Terra-NeiiTe.
lui est survenue, Selve a envoyé le présent porteur faire en son lieu et ^*
place au protecteur les remontrances nécessaires au sujet des actes de pillage que lui a signalés une lettre de l'amiral et sur la saisie de 10 à ^^^ 12 navires français à Douvres dont un de ses gens Ta averti en revenant NATires. d'auprès de M. de la Rochepot. Ce porteur rendra compte au roi de la réponse du protecteur et des aultres nouvelles d'Angleterre.
« De Stretham y [le xvj* septembre v« xlviii ».]
Vol. 8, f 37, copie du xvi« siècle, 3/4 p. in-P.
SELVE AU CONNÉTABLE '
488. — Stratham, i 6 septembre. — Le présent porteur est chargé d'informer de vive voix le connétable et de demander le rembourse-
1. Dernière dépêche de Sclve au ConseU privé du roi, avec lequel il correspondait depuis le 1«' août.
2. Interruption de la correspondance de Selve avec le connétable Anne de Montrooreocy, chargé de soumettre les rebelles de Guyenne. Elle reprend le 8 décembre.
ment de 300 écus que le comte de Huntley lui a empruntés en lui donnant « une seignée de bourse ».
« De Strethnm, le xvi^ septembre v^xlviii. » Vol. 8, r» 37 vo, copie du xvi« siècle, 4 p. 1/4 in-f-.
SELVE A M. DE LA ROCHEPOT
489. — Siralham^ i 6 septembre. — Selon la teneur de la dépêche de M. de la Rochepot en date du 10, Selve a envoyé redemander au protecteur une garantie pour la flotte de pèche française. Le présent porteur qu'il envoie au roi a charge d'informer au passage M. de la Rochepot de la réponse du protecteur.
« De Stretham, ce xvi* septembre M v« xlviiu » Vol. 8, P> 38, copie du xvi« siècle, 1/2 p. in-f».
SELVE A l'amiral *.
490. — Stratham, i 6 septembre. — Selve a reçu il y a trois jours la dépèche que Tamiral lui a envoyée par le ûls de sir Francis Bryan, lequel est arrivé sain et sauf avec un des gens de Selve à Londres, d*où il est reparti pour aller retrouver son père. « Lediet sieur de Bryant a depuis peu de temps espousé une vefve irlandoise nommée la comtesse de Ouarmont et s*en va en Irlande en partye pour voir le bien de sa femme mais principalement comme je cuyde depesché pour les affaires de ce roy. »
Il répète à Tamiral le refus du protecteur de donner une garantie plus catégorique à la flotte de pèche française, sous prétexte qu'un tel acte ferait accuser le roi d'Angleterre de pusillanimité, et l'avise de la saisie des 10 ou 12 navires français signalée à Douvres. « Quant aulx nouvelles d'Escosse, je croy que vous aurez entendu la vérité des choses par les gallaires qui passèrent mecredy XIP de ce moys par le Pas-de-Calais et y en demeura une que ceulx cy prindrent dont ilz se vantent fort et font bien les comptes à leur odvenlaige. Leur armée de terre pour certain est rompue et toute de retour à Barrvich réservé 11^ allemaniz qu'ili ont laissez soubz la conduicte de Gorpeny à la garde d'ung fort qu'ili font sur une montaigne près Douglas qui defl'end ung passaîge lequel leur estoit fort dangereulx pour entrer dans le pays d'Escosse. Il se dict icy prou d'aultres nouvelles de delà, mais pour ce que je n'en ay aultre certitude je ne vous en diray aultre chose sinon que j'entendz que leur armée de mer s'est aussi retyrée à la coste de deçà à Barrvich et Neufchastel et aulx environs. »
« De Stretham, ce xvi' septembre m v* xlviii, »
Vol. 8, fo 39 vo, copie du xvi® siècle, 2 p. 1/2 in-f».
1. Dépèche exceptionnelle et technique de Selve à d'Ânnebant» avec lequel il avait cessé de correspondre depuis ravènement de Henri II.
SELVE AU ROI
491- — Stratharriy i 9 septembre. — Selve a reçu Favant-veille la dépêche du roi en date du 8. Il a él6 ce jour d'hui porter au protecteur diverses plaintes; — sur la saisie de 20 ou 25 navires français naxîguant de conserve avec des navires flamands et arrêtés au milieu de ceux-ci; — sur le pillage d*un bateau de pèche français revenant de Terre-Neuve, dont les 20 hommes d'équipage ont été renvoyés par Selve en France avec quelque argent; — sur l'arrêt des 12 navires français à Douvres; — sur le refus de garantie à la flotte de pêche au hareng. — Le protecteur a répondu qu'il ne savait rien de la prise de 20 ou 25 navires français, mais qu'à la vérité il avait donné ordre de saisir tous ceux qui tenteraient de passer en Ecosse et qu'il se pouvait que ceux-ci fussent du nombre; — que Thompson de Calais, qui avait pillé le bateau de pêche français revenant de Terre-Neuve, était un pirate dont il achèterait volontiers la prise 3000 écus; — que les 12 navires arrêtés à Douvres « estoynt navires revenantz d'Ecosse en flotte lesquelz avoint faict leur chef et admirai d'ung navire bien équippé où il y avoit bien cent ou VI" gentilzhommes et gentz de guerre dedans, lequel avoit esté tellement chassé par les navyres du roy d'Angleterre qu'il avoit esté contrainct donner en terre auprès de Saint- Valéry et le Crotoy où les gentz s'estoint saulvez et desccnduz et que n'eust esté le temps que lesdicts navyres angloys avoint perdu à la chasse d'icelluy ilz eussent prins toutes voz gallaires quy sont dernièrement passéez au Paz de Calais aussy aisément comme ilz en ont prins une; » — que la pêche au hareng enfin serait aussi sûre que par le passé, sans vouloir pour cela prendre de mesure de garantie plus catégorique. Le protecteur est ensuite revenu sur les griefs allégués tant de fois, la pension perpétuelle, la pension du sel, Fiennes, la construction des nouveaux forts, le mariage de la reine d'Ecosse, toutes choses sur lesquelles il a tenu de plus longs discours que jamais.
Selon les ordres du roi, Selve s'est mis en peine de savoir si les rebelles de France avaient envoyé demander des secours en Angleterre *. « J'ay en sceu de deux ou troys endroiclz qu'il y a sept ou huict jours qu'il ^*'^®" arr}'va ung navyre flament à Hantonne venant de la Rochelle lequel meict là en terre ung personnaige françoys qui vint en diligence et fort secretlement vers le protecteur et estoyt comme l'on présume envoyé de la part de ceux de la Rochelle ou de Bourdeaulx et ne m'a esté possible jusques icy d'en entendre davcntaige ny de sçavoir le nom de ce mes-
1. Allusion aux troubles qui venaient d'éclater à Bordeaux et dans les provinces du sud-ouest de la France, à la suite de l'établissement de la gabelle en 1544. La suite de la correspondance de l'ambassadeur contient des renseignements singulier» sur les souvenirs de l'occupation anglaise des xiv° et xvc siècles dans cette région.
Troubles
448 NÉGOCIATIONS DE [SBPTBMBRB 1548]
sager *. Bien m'a Ton dict qu'il est fort des nouvelles oppinîons quy régnent en ce pays et est le bruict de deçà que ceulx qui se sont soulevez en sont la plus part. Aussy suis adverty que depuis peu de jours ceulx cy arrivent en grande diligence des navyres en ceste rivière de Londres et ne sçait Ton pourquoy, car leur armée de mer du coslé d'Escosse est retyrée et la flotte de leurs laines qu'ilz ont accoustumé de faire aecompaigner par navyres de guerre est desjà passée en Zélande qui me donne quelque soupseçon qu'ilz veulent favoriser lesdictz mutins, mesmes qu'à Londres en est quelque bruict et propoz entre les angloys quy disent qu*ilz ne les habandonneront pas en leur besoing. » Pour essayer d'en tirer quelque éclaircissement, Selve a entamé la discussion en lui faisant remarquer qu'il ne semblait plus aussi disposé à maintenir la paix que par le passé. Le protecteur répondit qu'il venait tout au contraire de désarmer trente navires revenant d'Ecosse. « Et aprez ce propoz se mectant à me compter des nouvelles et entre aultres que dom Ferrand de Gonsague avoit cuydé estre tué par des gentz quy avointreçu argent comme ilz avoint confessé d'aulcuns de la maison de Médicis pour ce faire et que c'esloint de très maulvaises voyes que celles là et qu'il y avoit des gentz si malheureux que pour argent ilz entreprenoint toutes choses et qu'il en esloyt venu à luy du pays d'Escosse s'ofl'rir à tuer quiconque il vouldroit de ceulx qui sont là feust le gouverneur ou aultres mais qu'il n'y avoit jamais voulu entendre, m'a demandé ledict prolecteur, Sire, que c'estoit de ceste mutinerie et sublevation quy esloit en France... et que c'estoit beaulcoup plus grand chose que je ne disoys selon qu'on luy avoit mandé de France et que ceulx quy estoint assemblez ne disoint pas moins sinon qu'ilz ne se rendroint jamais qu'ilz n'eussent confirmation de tous les privilèges qu'ilz avoint du temps qu'ilz estoint soubz les roys d'Angleterre et monseigneur le dauphin vostre filz et quelques aultres des plus grandz de vostre royaulme pour ostaige de rentretenementde ceste confirmation, et qu'il esloyt adverty qu'ilz lenoint les chasleaulx de Bordeaulx, la Rochelle', et ung aultre bien fort qu'il ne m'a sceu nommer en leur puissance et qu'il y avoit beaulcoup de gentilz hommes et gentz de nom de leur ligue et qu'on luy avoit dict qu*ilz portoint la croix rouge telle que font les angloys. » Détails que Selve a formellement niés, en affirmant que pour sa part il ne croyait rien du bruit répandu que le prolecteur secourût les rebelles. D'après ce dernier, ce bruit court fort en Flandres, où l'on dit que les révoltés sont soutenus par le roi d'Angleterre et ne font que dépenser des angelots. « Je luy ai demandé », continue Selve, « s'il estoit vray qu'il perdist l'ambassadeur de l'empereur et qu'il fust révocqué par son maistre. Il m'a dicl
1. Le fait d'une mission envoyée par les Bordelais au gouveraement anglais e«l à relever. Dans sa dépèche du 15 octobre, Selve rappelle Pierre du Paul.
2. Le château Trompette fut occupé par les révoltés le 21 août. La Rochel.'c demeura paisible.
[septembre 1548] M. DE SELYE 449
que non mais qu'il y avoit plus d'ung an qu'il avoit sollicité sondict maistre de luy donner congé d'aller faire ung tour en son pays en Flandres, ce que l'empereur avoit tousjours différé luy accorder et en fin luy avoit prommictz pourveu que ledict sieur protecteur en fust content et qu'après avoir esté fort importuné et solicité dudict ambassadeur de s'y consentir il luy avoit donné congé pour ung moys tant seulement. Au surplus, Sire, il m'a faict tout plaiu de beaulx discours des choses d'Ëscosse, me disant qu'avant qu*il fust ung an. quelque guerre qu'il y eust, il espéroit que leroy d'Angleterre tiendroit paisiblement la moictié du meilleur pays quy soit en Escosse, et que dès ceste heure ce qu'il en lient ne vault guères moins de revenu que la moictié du royaulme d'Escosse faict à la royne, car en comprenant les terres de l'esglise et les aultres biens qui sont en mains du roy d'Angleterre à présent Ton luy en offre par an six mil livres sterlins qui sont XXIIII^ escus et ce nonobstant les guerres. Il m'a aussy dict que la peste s'estoyt mise au camp de voz genlzet mesmement des allemantz et qu'il estoit bien certain qu'ilz n'estoint guères contentz du pays d'Escosse et le pays encores moins d'eulx. Et quant à Adingthon qu'il est plus fort que jamais et qu'il y a trois lieux et passaiges fortiffiez par l'ung desquelz il sera toujours secouru quand toutes les arméez du monde seroint devant. De la santé de ce roy il m'a asseuré qu'elle est fort bonne combien, Sire, que plusieurs disent icy le contraire, à quoy toutesfoys je ne puis adjouster foy, car si ainsi estoit ne me semble pas que telle chose se peust celer. Bien m'a dict ledict protecteur qu'il ne vouloit laisser entrer sinon bien peu de gentz où il est à cause du danger de peste quy est à Londres et que cela pouvoit estre cause du bruict quy en a courru. Les nouvelles de la deffaicte de la cavalerie de deçà et nomméement de celle de Londres se contiauent et confirment encores, mais je n'en ay nulle certitude. »
Plusieurs navires chargés de pierre de Gaen sont arrivés; d'autres sont encore attendus; Selve a pu seulement savoir le nom de l'un d'eux, la Marie, de Gaen, à maître André Gouffret.
« De Stretham, le Xfx* septembre v^ quarante huict. » Vol. 8, P 39 v®, copie du xvi^ siècle, 9 p. in-fo.
Onerre d*Éoofct6.
Peste à Londres.
SBLYE A M. DE LA ROCURPOT.
492. — Stratham, 19 septembre, — Selve a reçu l'avant-veille la lettre de M. de la Rochepot en date du 15 et l'avise de son entretien avec le prolecteur relativement aux questions de saisies de navires français.
« De Stretham^ le xix^* septembre M y XLVin, »
Vol. 8, f° ^, copie du xvi* siècle, 3/4 p. in-P». AifOLETERRB. — 1546-4549. 29
SELVE AU ROI
saigiêB 493. — St7*atham, 19 septembre. — « Sire, depuis la dernière denaYiren. pcschc quc je VOUS ay faicle du XIX** de ce moys j'ai esté adverly que pour certain les angloys ont secrette permission du protecteur de prendre tout aullant de navyres françoys qu'ilz pourront et que tous les officiers des havres et porlz de ce royaulme ont charge d'arrester les vaisseau Ix françoys quy s'y trouveront et mectre aussy les marchandises dont ilz seront chargés en arrest soubz la main du roy d'Angleterre avec bon et loyal inventaire pour en rendre compte quand besoing sera. Quy est, Sire, ung très mauvaiz commencement et chose dont ceulx cy ont accoustumé user sur le commencement d'une guerre, car ilz veulent s'il est possible tousjours playder saisiz et après n'y a onerre ordre d'avoir raison des prinses qu'ilz ont faictes *... Au surplus, Sire, monsieur de Hontelay me manda hyer dire qu'il avoit sceu que les anglois n'ont pas trop bien faict leurs besoignes au dernier voyaige qu'ilz ont fuiet en Escosse et que à diverses foys et en plusieurs escarmouches ilz ont perdu beaulcoup de leurs gentz de cheval tant de ceulx qui sont sailliz d'Adingthon que de ceulx de leur armée et que par mer aussy voulantz essayer de prendre Sainct-André ilz perdirent deux de leurs navyres devant ledict lieu et leur furent tuez mil hommes qu'ilz avoint mictz en terre. Il dict davanlaige que milord Grey a faict brusler une maison du conte Baudouel nommée Heles ' et que ledict conte est tenu à Neufchastel quasi comme prisonnier ayant garde la nuict et non toutesfoys le jour. Et m'a aussi mandé que le protecteur luy avoit fort asseuré que vous auriez bien tost la guerre avec l'empereur et quand il ne tiendroit qu'à luy ayder de quelque bonne somme de deniers pour le faire advancer qu'il luy en ayderoit. Et du costé du roy d'Angleterre pour le plus tard dès le commencement de l'esté prochain on la vous commenceroit telle que vous auriez assez à faire... »
« De Stretkam, [le -V/.y- septembre m v* xlviii, »]
« Sire, je viens présentement d'estre adverty qu'en la coste du Ouest y a XII navyres françoys chargez de sel et plusieurs aultres chargez d'aultres marchandises arrestez, mais l'on ne m'a sceu dire en quelz portz. Aulcuns disent aussi que depuis la retraicte et route de l'armée angloise les escossois se sont renforcez et meus de telle force contre les angloys qu'il sont contrainct ralyer et rassembler ce qu'ilz peuvent de leurdicle
1. Ce projet d'embargo général à mettre en pleine paix sur tous les navires français dans les ports d'Angleterre est à noter. Il était très difTéreat de la concession de lettrée de marque que le gouvernement anglais reprochait à Henri 11 d'accorder à ses sujets. (Ci-dessous, 12 octobre.) 2. Hale's Uouse, dans le comlé de Uadd ington.
[septembre 1S48] M. DE SELVE 451
armée pour retourner audicl pays d'Escosse. Dont toutesfoys je n'ay rien de lieu seur. »
Vol. 8, fo i4 yo, copie du xvi« siècle, 2 p. in-P.
SELYE A M. DE LA ROCOEPOT.
494. — Stratham, 19 septembre, — Selve avise M. de la Rochepot du projet de saisie générale des navires français traîtreusement préparé par le gouvernement anglais.
« De Stretharriy [le xlv septembre v^ xlvih. »]
Vol. 8, P 45, copie du xvi« siècle, 1/2 p. in-f®.
SELYE A MM. DE MARILLAC ET DE BIRON, AMBASSADEURS DE FRANCE EN FLANDRES AUPRÈS DE L'ëMPËREUR ET DE LA REINE DE HONGRIE '.
495. — Stratham, 23 septembre. — Selve a reçu il y a deux jours seulement la dépêche de M. de Biron en date du 9. Il leur rend compte des événements d'Ecosse survenus depuis la récente défaite de Tarmée anglaise, des nouvelles du Boulonnais depuis la canonnade des forts de Boulogne, des nouvelles qu'il a reçues de roi au sujet de la rébellion de Guyenne, et du départ de l'ambassadeur de l'empereur pour les Flandres, qui a eu lieu la veille, et dont MM. de Marillac et de Biron auront à chercher la cause.
« De Stretham, le xxiw septembre m v« xlviii, » Vol. 8, r« 46, copie du xvi<^ siècle, 3 p. 1/2 in-fo.
SELYE AU ROI.
496. — Stratham, 30 septembre, — Selve a reçu le vendredi 28 de roruiicagrand matin la dépèche du roi en date du 22. Le prolecteur, qui était J^^^ allé dans une de ses maisons à soixante milles d'ici, n'a été qu aujour-
Boologne.
d'hui de retour en sa maison de Syon. Selve a été lui demander d'obtenir Limite» ane audience du roi d'Angleterre, qui se trouve à présent à Oatlands, de Booionnai*. retour de Windsor, où il était ces jours derniers.
Le protecteur a répliqué que le conseil délibérerait le lendemain, sur la réponse à faire à la déclaration du roi de France que Selve venait
1. iDtituIé (le la dépêche suiYanle, du 20 octobre, transporlé ici, en léle de la première lettre collective que leur adresse de Selve, une fois pour toutes. Charles- Quint était alors dans les Pays-Bas, et Charles de Marillac, accrédité personnellement auprès de lui, se trouvait agir de concert avec M. de Biron, accrédité eh Flandre même auprès de Marie d'Autriche, gouvernante du Pays-Bas. Charles de Marillac était l'ancien ambassadeur de France en Angleterre. (Voir Tlntroduction à la Correipondance politique de MM, de Cattillon et de Marillac)
de lui lire, et sur le jour où Taudience du roi d'Angleterre serait accordée. « Si m'a il die t », ajoute Selve, « que ce que je disois de votre part estoit une manifeste déclaration de guerre et qu'il y avoit longtemps qu'il n'en avoit pas moins attendu et que toutes les aultres démonstrations que vous en aviez faictes tant par Toccupation de Fyennes, les fortz que vous avez faictz, la cessation du payement des pensions aulx jours préûx, que par le secours que vous avez envoyé en Escosse dénotoienl bien que vous ne tendiez à aultre fin. » 11 a longuement développé ce thènae, se plaignant encore de la prise de cinq ou six navires anglais dont le chargement avait été vendu à Cherbourg, comme on Teût fait en temps de guerre. A tout cela Selve a répondu le mieux qu'il a pu, dont, dit-il au roi, « je ne vous veulx rien mectre par escript, à tous coups vous fauldroict. Sire, donner la peine et ennuy de voir ung volume au lieu d'une lettre. » Il envoie au roi le double d'un mémoire qu'il a remis au protecteur et que celui-ci a refusé d'entendre en faisant de nouvelles plaintes au sujet du traitement infligé, sur les galères du roi, aux anglais faits prisonniers par la flotte française dans son passage en Ecosse. Bruit <( Sire, je ne vous ay poinct voulu renvoyer le chevaulcheur qu'il
de la mort . r • j ' u • • i ,
d'ÉdoaardVL VOUS a plcu me faire depescher que je ne vous puisse mander par luy certitude de la disposition de ce roy que j'estime toutesfoys eslre sain et en vye tant pour ce que le protecteur m*a accordé parler à luy que pour ce que plusieurs m'ont asseuré l'avoir veu mesmes encores hyer. Sy est-ce, Sire, que beaulcoup ne peuvent oster de la teste le contraire, et tiennent que le bruict qui a esté faict de sa mort soit véritable qui est Guerre une cstraugc chose s'il est aussi sain comme je le cuyde. Les navvres de ' de deçà quy estoint en Escosse sont venus comme j'enlendz reprendre victuailles à Arrvich et au premier jour de bon temps s'en retourne comme l'on estime audict Escosse pour y faire quelque entreprinse sur Dombarre ou ainsi que plusieurs disent sur Dondy*. Aultres sont en oppinion que la plus part desdicts navyres n'y vont paz mais sont équippez seulement pour garder et tenir la mer en subjection et prendre ce qu'ilz pourront. De la tour de Londres se tyre tous les jours et charge en navyres force munitions de guerre pour porter aulx fortz dudict pavs d'Escosse comme il est vray semblable. Et entre aultres se charge grande quantité de grosses mesches couvertes de poix telles qu'on a accoustumé de brusler et user en flambeaulx pour ne sçay à quelle fin ny usaige. Je suys aussi adverty que une grande partie du charroy quy a servy à ceste dernière arrivé par terre ou par terre estant revenu jusques à une journée par deçà Neufchastel a esté contremandé et renvoyé à Barwich, et encores que le camp aye esté rumpu longtemps a l'on n'a veu revenir de là que fort peu de gentz au nombre desquelz est Berteville que j'ay
1. La correspondance d'Ecosse est interrompue du 27 septembre au !•' novembre. Le contrôle des dépêches de Selve devient plus difficile pendant cette période.
[octobre 1548] xM. DE SELYE 453
aajourd'huy veu chez le prolecleur. L'ambassadeur de l'empereur parteist il y a aujourd'huy huict jours pour passer en Flandres et a icy laissé sa femme et ung secrétaire. Qui est, Sire, ce que je sçay de nouveau AHaircî* pour cesle heure sinon que l'on se hast tous les jours aulx églises de '•*^®'"®*'- Londres et ailleurs dans ce royaulme pour sçavoir s'il s'y dira messe ou non. Pour y donner quelque ordre y a quelque nombre d'évesques et docteurs assemblez à ung lieu prochain de la court nommé Ghelsey ^ où iiz doibvent déterminer ce quy sera tenu en cedict royaulme quant à la messe et au Sacrement de l'autel, et pour la diversité des oppinions des prescheurs et affin de éviter sédition feust hyer publyé et cryé à Londres que nul ne deust plus prescher jusques à ce qu'il y eust quelque ordre mictz par le roy d'Angleterre sur ce qui debvroit estre dict et tenu quant audict sacrement de l'autel et messe. »
a De Stretham, le dernier septembf^e m v xlviii, »
Selve est averti que les anglais manquent de marins pour leur flotte et que les mauvais traitements qu'ils font subir aux français prisonniers ont pour but de les décider à se mettre à leur service.
Il joint à cette dépêche un paquet du conte de Huntley à Jean Hay et un mémoire venant d'un prêtre, secrétaire du feu cardinal de Saint-André, qui a été fait prisonnier à la bataille livrée l'an dernier et est recommandé par le comte de Huntley.
Vol. 8, fo i8, copie du xvi* siècle, 5 p. 1/4 in-f°.
SELVE AU ROI
Brait
497. — Stratham, 3 octobre, — Il a eu ce jour même, à Oatlands, audience du roi d'Angleterre, qui lui a répondu d'avoir à s'adresser au d« Umort protecteur, auquel avait été donné charge de communiquer le vouloir ***^**°*"'^' du roi : le protecteur étant encore à Syon, Selve n'a pas voulu retarder davantage ce chevaucheur.
« Sire, suivant ce qu'il vous a plu me commander, je vous renvoyé ce porteur en toute la plus grande diligence que je puis pour vous asseurer que j'ay veu le roy d'Angleterre en bonne santé ne portant visaige ne contenance d'avoir en aulcune sorte esté malade à ce qui s'en peust congnoistre. Il estoit fort peu accompaigné et n'avoit que bien peu de gentilzhommes de sa chambre et aultant bien petit nombre des archers de sa garde sans nul de seigneurs de son conseil et m'a l'on dict que hyer et aujourd'huy ledict conseil s'est trouvé plus grand et mieulx assemblé qu'il n'a esté longtemps a en la maison dudict protecteur et croy que c'est pour adviser la response qui me debvra estre faicle. Ce pendant j'entendz, Sire, que l'on continue à prendre sur voz subjectz